‹ Géographie historique de la France;Chapitre 29 sur 94 · NATURELLES · texte numérisé non relu

NATURELLES

Le traité de Verdun partagea l'empire de Charlemagne en trois parties ainsi limitées. La France fut comprise entre l'Escaut jusqu'à sa source ; de là la limite allait rejoindre la Meuse, qu'elle suivait également jusqu'à sa source, puis, après avoir, atteint les sources de la Saône, la limite longeait la Saône jusque vers Châlon, puis les Gévennes , et atteignait la Méditerranée un peu à l'ouest du Rhône. La mer Méditerranée et l'Èbre formaient au su^ la limite de. la France. Charles le Chauve obtint cette partie de l'empire.

Lothaire eut pour royaume l'Italie et toute la partie de la

^^ GéoaBAPHIB HISTOBTQUB

Gaule comprise entre l'Escaut, la Meuse, la Saône et les Céyennes à Fouest, le Rhin et les ^Ipes à Test.

L^ Germanie tout entière, jusqu'au Rhin et apx Alpes, fut donnée en p^^rtage à Louis le Germanique (i)

§ 3. DÉMEMBREMENT irTrÉBIBUB DE LA FRiNGB.

£n même temps que l'empire carlovingien fut partagé en trois royaumes, chacun de ces États tendait à se morceler intérieurement. La féodalité , comprimée jusqu'alors, l'emporta sur la monarchie, et Charles le Chayye, par son capitulaire de Kierzy (877), sanctionna sa victoire. Les comtes, les ducs, les marquis, c'est-à-dire , les ofBciers du roi , les gouyerneurs des provinces obtinrent l'hérédité de leurs charges et de leurs fonctions , de sorte que les gouverneurs , devenus libres de toute dépendance, se rendirent souverains, et que la France compta autant de souverainetés indépendantes qu'elle avait compté auparavant de divisions administratives.

Il est difficile de donner une liste exacte des grands fiefs existant alors en France. La liste suivante, empruntée au cours d'histoire de M. Guizot, nous parait assez complète, et nous n'hésitons pas à la reproduire dans ce travail.

Taileau des vingt-neuf fiefs existant en France vers la fin du

neuvième siècle.

Noms Date Noms Date

des fiels. de l'hérédité. des fiefs. de l'hérédité.

Duché de Gascogne 872 Seigneurie de Bourbon. . . »

Yicomté de Béam 819 Comté du Lyonnais 890

Comté de Toulouse 850 Seigneurie de Beaujolais. . id.

Marquisat de Septimanie.. 878 Duché de Bourgogne 887

Comté de Barcelone 864 Comté de Châlon 886

Comté de Carcassonne ... 819 Duché de France ^ 830

Vicomte de Narbonne. ... » Comté de Yexin 878

Comté de Boussilion » Comté de Yermandois.. . . 880

Comté d'Urgel 884 Comté de Valois id.

Comté de Poitiers 880 Comté de Ponthieu 859

Comté d'Auvergne 864 Comté de Boulogne 860

Duché d'Aquitaine id. Comté d'Anjou 870

Comté d'Angoulême 866 Comté du Maine 853

Comté de Périgord. ...... id. Comité de Bretagne »

Yicomté de Limoges, .... 887

(i) Voyez la carte IQ,

Ces fiefs ne sont pas les seuls que nous aurons à signaler ; le morcellement territorial ne s'arrêta pas là, et bientôt il n'y eut pas de terre sans seigneur.

Plus tard nous aurons à étudier l'histoire de la réunion de touQ ces morceaux autour d'un centre puissant ; ce sera là le SMJet des chapitres que nous consacrerons à l'histoire de la formation intérieure du territoire français. Nous devons nous occuper maintenant de l'histoire de notre limite.

S 4. HISTOIRE DE LA LOTHARINGIE (Lorraine) (i).

Noi^s ayons vu quelle fut la part de Lothaire au traité de Verdun ; il nous faut suivre avec détail ce que devint la zone orientale de la France qqi lui avait été cédée.

En 855, Lothaire partagea son royaume entre ses fils. Louis H eut l'Italie, et les possessions en France furent assignées à Charles et à Lothaire. C'est alors que se formèrent les royaumes de Lorraine et de Bourgogne ; ils étaient séparés par les monts Faucilles et le plateau de Langres.

Le royaumede Lorraineou de Lotharingie {Lotbarii regnum ou Lotharingia), comme on le disait alors, tire son nom de Lothaire (Lotharius), fils de l'empereur Lothaire, et non pas de celui-ci, comme on l'a écrit quelquefois.

Depuis, Lotharii regnum a formé Lotharingia, qui a donné naissance à Loherrègne (vieux français), par contraction LoT" fènef et finalement Lorraine.

Ce royaume comprenait les villes d'Utrecbt, Cologne, Tongfes, Trêves, Metz (capitale), Toul, Verdun, Cambrai, Strasbourg, etc.

Lothaire étant mort sans enfants, ses deux oncles, Louis

le Germanique, roi de Germanie, et Charles le Chauve,

(i) Voyez pour cette question Tintéressant ouvrage intitulé : » ^'intriguç de a la trahison lorraine, qui a fait perdre cette couronne de Lorraine à celle de « France, et les prétentions imprescriptibles que la France y peut, et doit « encore fonder. »

Dédié au roy, par Bubosc de Montandré. Paris, 1563, petit in-4.

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roi de France, se partagèreot ses États; mais il est à croire que ce dernier ne posséda que nominalement sa portion , ou qu'on la lui enleva bientôt , car les historiens disent que , après la mort de Louis le Germanique , le royaume de Lorraine passa a ses deux fils, Louis III de Saxe et Charles le Gros. Après eux , Tempereur Arnould le posséda jusqu'à sa mort , et le transmit à son bâtard, Zuentibold, qui fut assassiné par ses sujets en 900.

La mémie année , les Lorrains se donnèrent a Tempereur Louis IV, qui fut roi de Lorraine jusqu'en 914. Charles le Simple , roi de France , fut reconnu roi par les Lorrains, et réunit ainsi à la France la Lotharingie. Mais l'empereur Henri l" l'Oiseleur, proBtant de la faiblesse de Charles le Simple, dépouillé de toute puissance par ses vassaux , reprit la Lorraine vers 925, et la réunit pour longtemps à l'Allemagne.

Après la mort de Henri P^, les Lorrains, ennuyés de la domination allemande , se soulevèrent , et appelèrent à leur secours Louis d'Outremer, roi de France (959). Olhon le Grand, qui avait succédé en Allemagne à Henri l'Oiseleur, marcha contre Louis d'Outremer, et remit la Lorraine sous sa domination (940).

En 955 , l'empereur Othon ayant donné le gouvernement de la Lorraine, devenue province de l'Empire, à son frère Brunon , archevêque de Cologne , ce prélat , pour empêcher que les rois de France ne s'emparassent de ce pays , le divisa en deux parties, la haute Lorraine ou Mosellane, et la basse Lorraine.

La Lorraine Mosellane (duca^i^ Mosellanorum, oa ducatus Lotharingorum) comprenait la Lorraine proprement dite, le Luxembourg, les diocèses de Trêves, Strasbourg, Metz, Toul, Verdun, et une partie du Palatinat.

La Lorraine inférieure {ducatus Lotharingiœ^ RipuariO"' rum^ dmhé de Lotkier ou de Brabanl) renfermait le Brabant, le diocèse de Cambrai, l'évêché de Liège, de Cologne, la Gueldre. .

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