DE LA PUISSANCE DE LA MAISON DE B0UBG06NE
Pendant que Charles YII essayait de rendre à la France ses limites naturelles , les ducs de Bourgogne reculaient leur domination , et par suite le territoire de la France , jusqu'au Rhin. Telle est en abrégé l'histoire des accroissements de ce royaume franco-bourguignon.
Philippe le Hardi, premier duc Valois de Bourgogne, avait été investi en >I565, par le roi Jean son père, du duché de Bourgogne. Par son mariage avec Marguerite, héritière de Louis Ilï, dernier comte de Flandre, il réunit à ses États (1569) la Flan-
(i) Mlchelet et H. Martin, Hist. de Fr., t. V et VII. D'après : Ordonn. t. XIII. — Dom Calmet, Hist. de Lorr., t. II.^Archives duroy.,Tré8. de8ch.,Reg. 177, no ô4, 65. — Mathieu Cquc^.
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dre, TÂrtois, la FraocbinCointé , Nevers, Rethel, Malineset Anvers, qu'on appelle encore le Marquisat du saint Empire. En 4406) Antoine de Bourgogne, son second fils, hérita, par sa femme Jeanne de Brabant , des duchés de Brabant et de Limbourg.
Sous Philippe le Bon , la puissance de la maison de Bourgogne s'augmenta rapidement. Philippe le Bon acheta, en 4428 , le comté de Namur à Thierry. Il fut l'héritier de son cousin , le fils d'Antoine de Bourgogne , et réunit ainsi à ses Etats les comtés de Brabant et de Limbourg. En 4456, il succéda à Jacqueline de Hainaut , dans les comtés de Hainaut , de Hollande , de Zélande et de Frise ; enfin^ en 4 445, il s'empara du comté de Luxembourg , sur un usurpateur , et la légir lime héritière lui laissa cette province.
Bien que le traité d'Arras (4455) n'ait donné à la Bour^ gogne que des provinces françaises , nous le mentionnons néanmoins ici pour compléter le tableau des acquittions de Philippe le Bon. Philippe le Bon acquérait les comtés d'Auxerre, de Mâcon; les châtellenies de Péronne, Roye, Montdidier; les villes de la Somme.
Charles le Téméraire augmenta encore les possessions bourguignonnes ; il acheta, en 4469^ au duc d'Autriche, le comté deFerrette, l'Alsace, le Sundgau et le Brisgau ; en 4472, il acheta le dl^ché de Gueidre et le comté de Zutpben. Il tenta la conquête de la Suisse, et fit pour un tdmps celle de la Lor>» raine. Si le Téméraire eût réussi , il eut repris à l'Allemagne tout ce qu'elle avait enlevé à la France à la paix de Verdun. En effet, à l'exception des trois archevêchés deCologne» Trêves et Mayence , et de quelques petites principautés, Charles possédait à sa mort toute la rive gauche du Rhin, et s^étendait, aux embouchures de ce fleuve , beaucoup au delà de sa rive droite.
La succession que Louis XI devait recueillir se composait donc des fiefs français de Bourgogne, Franche-Comté (i),
(i) La Pranche-Comtë eommence à porter ce nom sous lô due Philippe le Bon.— Art de vérifier les dates.
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▲rtoig I Neveif» ^ Flandre ; de six proyinces enlevéei à TEeiipire par les dueg de Bourgogne, savoir , le Brabant , le Lim* bourg , le comté de Namur , le Hainaut , le comté de Luxent* bourg) la Zélande; ef enfin de quatre protinoes situées bor» de France ^ la Hollande ^ la Frise , la Gueidre et le comté de Zu^ben ^ qu'il eût été possible d'échanger.
Nous verrons comment Louis XI termina celte grande que^^ relie de la succession de Bourgogne.
S 40. là. LIMITE A LA MORt DB LOUlS XI. (4485.)
Les différentes dynasties féodales et le roi de France avaient atteint , sur presque tous les points, les limites naturelles de la Gaule. Louis XI avait peu à faire pour consolider l'œuvre de ses prédécesseurs. Mais si , à l'intérieur, par la vigueur de son gouvernement ^ Louis XI a obtenu de grands résultats, on ne trouve pas qu'a l'extérieur sa politique ait été aussi féconde. Dans la plus grande circonstance de son règne , la succesaion de Bourgogne , Louis XI ne se montra pas aussi habile qu'on serait en droit de l'espérer.
Charles le Téméraire était mort au siège de Nancy en 4477 ^ son héritière était sa fille Marie, âgée de vingt ans. L'occaàion se présentait de réunir les immenses possessions de la maifloli de Bourgogne à la couronne de France ; et si eMe était sai'*sîe , la France obtenait enfin sa limite. Louis XI s'empara de la Bourgogne ; la Franche-Comté, la Picardie, l'Artois se sou* mirent à lui. Louis XI annonça alors le projet de faire épouser Marie par le Dauphin âgé de sept ans; mais la duchesse répu*gnait à contracter ce mariage. Les Flamands ne se souciaient pas de passer sous la domination de Louis XI ; ils haïssaient son despotisme et craignaient pour leurs libertés. Louis XI tint alors une conduite perfide qui perdit sa cause : tout en continuant à proposer le mariage , à promettre aux Flamands le maintien de leurs libertés, il conquérait les villes de Flan* dre , se réservant de faire le mariage s'il était vaincu ; se proposant, sans doute, de ne pas le faire s'il était vainqueur. I/es
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Etats de Flandre, qui Dégociaient , furent effrayés des progrès' de Tarmée du roi ; et lorsque l'empereur Frédéric III leur fit proposer son alliance , s'ils voulaient donner en mariage la duchesse Marie à son fils Maximilien , ils acceptèrent. Le mariage fut signé , et rAutriche s'empara ainsi , au détriment de la France et par la faute de Louis XI, des possessions de la maison de Bourgogne.
Louis XI conservant ses conquêtes , Maximilien lui déclara la guerre et le battit à Guinegate (>I479). L'Angleterre menaçait de s'allier avec l'Autriche. Louis XI allait être accablé , lorsque Marie se tua en tombant de cheval (4482).
Marie laissait deux enfants, Philippe le Beau et Marguerite, qui devaient lui succéder. Louis XI semblait avoir perdu tout moyen de ressaisir quelque partie de cette riche succession ; mais les Flamands étaient mécontents de Maximilien, de sa cupidité et de ses cruautés. Ils avaient cru trouver en lui un défenseur, et s'étaient donné un maître insupportable. Louis XI profita habilement de ces circonstances et répara en partie ses ^ fautes passées. Il conclut, malgré Maximilien et l'Angleterre, avec les États de Flandre un traité par lequel le Dauphin épousait Marguerite de Bourgogne. Les États donnaient en dot à la duchesse les comtés d'Artois , de Bourgogne , de Mâcon , d'Auxerre, et les seigneuries de Salins, Bar-sur-Seine et Noyers, lesquels feraient retour au duc Philippe, fc^re de Marguerite , ou à ses héritiers , à défaut d'héritiers mâles ou femelles issus du Dauphin et de Marguerite. La Bourgogne et la Picardie étaient définitivement réunies à la couronne. La Flandre faisait hommage au roi. Cette province, avec le Brabant, le Hainaut, Namur, Luxembourg, la Gueldre, la Zélande, la Hollande, la Frise et le comté de Zutphen, consti* tuaient l'apanage de Maximilien. (Traité d'Arras , 4482.) La France perdit ainsi plusieurs provinces qu'elle n'a pas encore reprises. Pour compléter enfin ce qui reste à dire sur l'état de la limite à la mort de Louis XI, nous ajouterons qu'en 4462 , par le traité de Sauveterre, Louis XI acquit du roi d'Aragon , le Roussillon et la Cerdagne , pour prix de son
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alliance contre la Castîlle, et qu'il réunit le duché de Bar à la couronne.
Quant à la succession d'Anjou , nous nous réservons d'en parler à l'histoire de la réunion des fiefs à la couronne.