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LIMITES À LÀ HOBT DE PHILIPPE VI

Le6 efforts des rois capétiens pour rendre à la France ses limites naturelles ont déjà produit de grands résultats. L'empire d'Allemagne a été surtout attaqué du côté des Alpes ; l'ancien royaume d'Arles est réuni à la France, à l'exception du Dauphiné, de la Savoie et delà Suisse romane.

V Sous Philippe VI, la France s'accroît du Dauphiné. Cette belle province fut cédée au roi en 4345, par le traité de Yincennes.

Par ce traité, Humbert, dauphin de Viennois, pour maintenir l'unité et tranquillité de ses terres et sujets après sa mort, puisqu'il n'a pas d'héritiers, cède et transporte au roi de France ses États , savoir :

Le Dauphiné de Yiennois, Le comté d'Embrun,

Le duché de Ghampsour, Le comté de Gapençjiis,

La principauté de Briançonnais, La baronnie de la Tour-du-Pin,

Le marquisat de Césane, La baronnie de Yalbone,

Le comté de Vienne» La baronnie de Faucigny (Fu-

Le comté d'Albon, cuir),

Le comté de Graisivandan (Crfai- La baronnie de MeuUon,

sinoiidan)f La Baronnie de MontaUmn,

(i) Mignet, p. 616.

(a) Corp. diplom,, 1. 1\ p. 358.

(3) Dans le Bulletin dn comité des arts et m<muiiient8,.t.ll, 2* partie, p. S22«

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sauf certaîoes terres (en Savoie (?)), dont la suzeraineté reste au roi, à condition que le Dauphiné demeurera un fief qui ne sera jamais réuni au royaume, « fors entant et comme l'Empire y seroit uni(i). »

En 4554, Philippe YI et le comte de Savoie signèrent un traité à Yilleneuve-Ièz-Avignon , par lequel on stipula que le roi de France ne pourrait acquérir aucune terre en Savoie , et réciproquement, que le comte de Savoie ne pourrait en acquérir dans le Dauphiné (2). La Savoie garantissait ainsi son indépendance, menacée par l'extension de la puissance française.

2** Philippe VI acheta en 4549, au roi de Majorque, la seigneurie de Montpellier (traité de Villeneuve-lèz-Avignon).

S"" L'impulsion qui portait les Français sur l'Italie se manifeste encore par l'acquisition du comté et de la ville de Lucques, qui furent acquis par Philippe YI en 4554. Jean, roi de Bohême, céda ce comté au roi de France (3), mais cette acquisition ne parait pas avoir eu de suites.

4® En 4 540, la châtellenie de Cambrai et Crèvecœur fut acquise par Philippe YI , qui l'acheta de Béalrix , veuve de Jean de Flandre : le roi laissa à l'évéque son droit féodal sur la châtellenie de Cambrai, qui passa en 4 455 a la Bourgogne (4).

S 7. TRArrÉ DE BRETIGNT (5) , 1560.

Pendant que la France faisait ainsi sur l'empire germanique d'incessantes conquêtes , facilitées par l'anarchie de cet État, elle se trouva engagée dans une guerre qui compromit son existence. La guerre avec l'Angleterre, signalée par les désastres de Crécy et de Poitiers, fut suspendue par le traité de Bretigny, qui enlevait à la France le tiers de son territoire. Les faits sont

(i) Dumont, Corp, dipLj 1. 1, 2* partie, p. 2(0. (a) Corp. dipl.f tom. I, 2* partie, p. 267.

(3) Id. p. 147.

(4) Dict. géogr. de la Martinière.

(5) Voyez la carie n" 16 , et le Corp. dipl, t. Il, p. 7.

M GÉOCttAMm HISTOBIQUB

trop coQtuift pour qu'il convienne d'en parlei^ ici; nous citerons seuiement les conditions du traité relatives aux provinces cédées.

Le roi Jean donnait au roi d'Angleterre, en toute souverai'^ neté, sans condition d'hommage ni de vassalité, les fiefs qu'il possédait en Guyenne et en Gascogne , c'est-à-dire , ce que saint Louis lui avait inféodé par le traité d'Abbeville , et de plus :

La cité, château et comté de Poitiers,

Toute la terre et pays de Poitou ,

Les fiefs de Thouars ,

La terre de Belleviile,

La Rochelle, Saintes, et 1^ Saintonge,

Pérfgneux et le Périgord , i * •* .

Unwg«etl«Limosto, |e«Aqu.tam».

Caliors et le Caourcin ou Quercy, Tarbes et le Bigorre , Comté et pays de Gaure, Angouléme et rAngoomois, Khodez et le Rouergue.

Lesoomtes dsFm/

— d'irmagnac,

— de Lille,

*- de Périgord , 1j6 vicomtQ de Limoges et autres (non désignés).

deviendront vassaux ds riQgl«terrs.

Au nord de la France, on cède encore à l'Angleterre, également en toute souveraineté :

Montreuil-nir-mer. La seigneurie de Hamme.

Le comté de Ponthiea. — de Walle.

Calais, .m, d'Oye.

La seigneurie de Merck. Le comté de Guignes, et leurs

— de Sandgate. dépendances.

— de Coutoigne.

L'Angleterre, en échange, renonce à la Flandre, à la Bretagne, à la Normandie, au Maine, à l'Anjou et à la Touraine.

Vingt ans plus tard, les clauses de ce honteux traité étaient annulées , et Charles V à so mort avait enlevé aux Anglais

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tontes leurs eonquétes, à rexception de Calais, Bordeaux et Bayonne (i).

Mais sous le règne de Charles VI , les Anglais , favorisés par les troubles intérieurs, reprirent leurs conquêtes, et la France, moins les provinces du centre (2) , se trouva pour un temps en leur pouvoir. Ce n'est pas à cette époque que nous trouverons de nouvelles acquisitions; la politique séculaire des rois de France est entravée par la guerre contre les Anglais ; ce ne sera qu'après avoir chassé l'ennemi du sol français que Charles VII continuera l'œuvre de ses prédécesseurs. Il y a cependant sous Charles VI deux faits qu'il convient de signaler, sinon pour le résultat qui fut bientôt annulé , au moins pour l'idée politique qui les fit accomplir. Charles VI trouvant que Sedan et son chdteau étaient importants pour couvrir les frontières du royaume, obligea le sire dé Barbançon à les lui céder, en >I589, moyennant échange. Charles VI acquit aussi la châtellenie de Taillebourg. Dans l'acte qui mentionne cette réunion, on trouve, dit le P. Daniel (3), que le roi s'attribue le droit de réunion a la couronne sur tous les ports de mer et sur toutes les places frontières, en vertu de sa puissance souveraine, pour le bien de l'État, à charge seulement de dédommager les possesseurs.

S 8. UMITfiS ▲ LA MOST DB GBiBLBS VII (4).

4^ Les Anglais , qui , sous le règne de Charles VI (5), ont conquis la Guyenne et toutes les provinces du Nord jusqu'à la Loire, ont été chassés de France après la levée du siège d'Orléans et les glorieuses et trop peu populaires victoires de Formigny et de Castillon. Ils ne possèdent plus que Calais et son territoire.

2® En 4450, René, duc d'Anjou et de Bar, épousa Isa-

(i) Voyez la cartel?.

(2) Voyez la carte n° 18.

(3) D'après Tinventaire des chartes..

(4) Voyez la carte 19.

(5) Voyez la carte 18, ^

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belle, héritière du duché de Lorraine, et transmit aux princes français de sa maison cet important héritage. Mais la maison. d^Anjou-Lorraine ne resta pas longtemps française, comme on le verra plus loin.

5^ En 4444 , Charles VU se mit en mesure « de revendi* quer les anciens droits de la couronne de France sur tous les pays situés en deçà du Rhin (i). » Ainsi la France , à peine échappée à la conquête étrangère , dirigea toutes ses forces contre l'Allemagne pour reprendre sa limite du Rhin. Les événements extérieurs favorisaient ce projet. L'empereur Frédéric III implorait l'alliance du roi de France contre les repu* bliques suisses ; René , duc de Lorraine , appelait aussi Charles VU contre la ville libre de Metz qu'il voulait réunir à son duché, ainsi que celles de Toul et de Verdun. La France mit deux armées sur pied. Le Dauphin marcha contre les Suisses, prit Montbéliard, essaya de réunir Bâle à la France; mais cette expédition se termina sans que le territoire français fût augmenté. Le Dauphin signa cependant un traité d'alliance avec les Suisses , et alla rejoindre son père en Lorraine.

Charles VU avait envahi la Lorraine ; et bien qu'il protestât de son respect pour les possessions de l'Empire, il sommait les villes impériales de la Lorraine de le reconnaître suzerain : il déclarait s'être « transporté vers les marches de Barrois et de (( Lorraine , et vers les Allemagnes, pour donner provision et <v remède à plusieurs usurpations faites sur les droits des « royaume et couronne de France, en plusieurs pays, seigneu- « ries, cités et villes, étant deçà la rivière du Rhin , qui d'an- « cienneté soûlaient (2) être aux rois de France. » Verdun, Épinal, Orville, Toul se soumirent : cette dernière ville réserva cependant les droits de l'empereur . Metz résista et fut assiégée ; les Messiens protestèrent , en disant qu'ils n'étaient point du royaume ni de la seigneurie de Charles VII. Le roi fit répondre que : « Le roy prouveroit suffisamment, si besoin estoit, tant

(i) .£neas Sylvius, epist. 87.

(2) Soulaienty solebant, avaient coutume.

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ff par chartes que chroniques et histoires , qu'ils ètoient et « avaient été de tout temps passé sujets du roy et du royaume ; a que le roy étoit bien averti qu'ils étoient coutumiers de faire <t et trouver telles cautèles et cavillations, et comment, quand « l'empereur d'Allemagne étoit venu à grande puissance et in- <( tention de les contraindre d'obéir à lui , pour leur défense ff ils se disoient lors être dépendans du royaume de France et « tenans de la couronne; semblablement , quand aucuns roy ff des prédécesseurs du roy de France étoient venus pour les a faire obéir à eux , ils se disoient être de l'Empire et sujets « de l'empereur (i). »

Metz cependant ne se rendit pas. L'Empire s'alarmait; la trêve avec les Anglais allait expirer ; on ne pouvait s'engager dans une guerre avec l'Allemagne pendant que l'Anglais était encore sur notre territoire. Charles VU signa la paix , et Metz resta libre, ainsi que les autres villes impériales. Le roi garda cependant la souveraineté d'Épinal.

Cette campagne avait produit peu de résultats matériels , mais elle avait servi à constater le droit et les justes prétentions de la France sur la rive gauche du Rhin.

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