‹ Géographie historique de la France;Chapitre 35 sur 94 · DES TBAFTÉS DE BLOIS · texte numérisé non relu

DES TBAFTÉS DE BLOIS

On conçoit facilement pourquoi nous ne comprenons pas dans notre travail l'histoire des conquêtes de Charles VIII , Louis XII, François V^ et Henri II en Italie. Ces conquêtes importent peu à la formation de notre limite. Loin de là, elles troublent la politique séculaire de la France, en la jetant dans des guerres sans résultats et en l'empêchant de donner à ses véritables intérêts toute l'attention nécessaire. Nous ne mentionnerons, pendant le règne de Louis XII, que les traités de Blois , conclus avec l'empereur Maximilien, parce que ces traités intéressent la France directement. Ces traités sont au nombre de trois. Les deux premiers sont relatifs aux affaires d'Italie; par le troisième, Louis XII donne en dot, mais seulement après sa mort, à sa fille Claude, promise à Charles d'Autriche (Charles- Quint), les duchés de Milan, de Gênes, d'Asti, en Italie, eXeeux de Bretagne^ de Blois et de Bourgogne. Louis XII brisa plus tard ces traités, et il maria sa fille à François d'Angoulême ^François P'). On peut se convaincre combien les guerres dltaUe

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avaient faoisé k politique de la France^ pour amener «od gott« veroement à conclure de pareils traités.

§ 45. DES JUaiBB PBXDÂNT LES Bè&KBS DE iTBàlfÇOIS f ET DE

HENRI n. (4545-45S9.)

Les guerres d'Italie, commencées par la maison d'Anjou et continuées par Charles YIII et Louis- XII, prennent soud François V un nouveau caractère. Au désir de conquérir des État» an Italie, se joint la nécessité de défendre Findépendanoe n»- ^tionale contre Charles-Quint. La querelle de Milan et de Naples se complique de la querelle de la succession de Bourgogne. A ces causes de guerre, il faut encore joindre ce désir de fon^der une monarchie universelle , désir ambitieux qui fit agir la maison d'Autriche pendant tout le cours du seizième siècle. Sî l'on réfléchit à la puissance de ces princes autrichiens^ dont Tun avait le droit de dire que le soleil ne se couchait jamais dans ses États, on oe s'étonnera pas si pendant tout le règne de François P*" la France se tient sur la défensive, et n'augmente pas son territoire.

4** Le premier traité signé par François l'\ et qui intéressé le sol français , est celui de Londres i conclu en 4548, av«0 Henri YIII d'Angleterre* Par ce traité, Henri rdnd à la Franee Tournai, Mortagne et Saint-Amand^ conquis par les Anglaîa dans la guerre précédente»

2*" Le traité d$ Madrid^ signé en 4526 avec CharleM^uinti après la bataille de Pavie, eût été un traité désastreux pour k France, si François V^ eût tenu à ses engagements. Ce traité n'a eu aucun résultat; nous mentionnons cependant la clause relative à la Bourgogop. a La duché de Bourgogne, dont la grand'mère de l'empereur fut de fait et sans juste cause des* pouillée par le feu roi Louis XI, sera rendue » J Charles-^Quint, ainsi que le comté de CharoUais , les seigneuries de Noyers, de Château-Chinon, la vicomte d'Auxonne et le ressort de Saint* Laurent.

9" Le truite de dmbruif aigné en 4529, anouiait la olauaa

do traité de Madrid reltti?e à la Bourgogne ; la France restait knaltrease de cette provioce et de ses dépendances. Mais François P' cédait à l'empereur Tournai et le Tonmésis^ avec Montagne et Saint^Amand ; il renonçait à tous ses droits sur Arras •t l'Artois, ainsi que sur la Flandre. Charle»«Quint renonçait de son côté à tous ses droits sur les tilles de la Somme, sur les comtés de Boulogne, de Guines et de PonthièU. Charles-Quint reste encore maître du comté-de Charollais.

4"* Le traité dé Cre$py 9 signé en 4 544 , répète les inéme? eonditions.

V* Le traité d'Àrdres, signé ayec Henri VIII, en 4 546, rendait à la France la ville et le comté de Boulogne, ainsi que ses dépendances.

Depuis Louis XI, la France qui a dévié de sa politique, qui s'est jetée dans les aventures, a perdu successivement : 4^ les provinces cédées par le traité de Senlis sous Charles YIII; 2^ le Tourtiésis, sous François I*"^ ; elle a renoncé à ses droits de suzeraineté sur l'Artois et la Flandre; elle a oublié ses vieux projets de conquêtes sur le Rhin pour aller oonquêter en Italie. Ses fiantes depuis 4477 ont perinis à l'Autriche -de devenir la preikiière puissance de l'Europe. Sous Henri II, nous allons voir que. la France, tout en continuant les guerres d'Italie, reprit sa politique à l'endroit de sa frontière du Rhin.

6® Conquêtes sur le Rhin ou voyage dlAustrasie, 4554- 4 852 (i). — Tout le monde sait que, dans la lutte que sou tinrent François I" et Henri II contre Charles-Quint , les princes protestants d'Allemagne furent les alliés de la France. Par le traité signé, le 5 octobre 4554 , entre Henri II et Maurice , le roi de France s'engageait à défendre les princes et les libertés germaniques contre Charles-Quint. Maurice et les princes coalisés promettaient au roi de l'aider à recouvrer son patrimoine, et déclaraient « trouver bon que le seigneur roi s'impatronisét des villes impériales n'étant pas de la langue germanique, comme Cambrai, Metz, Toul et Verdun. »

(i) y&fU ^oar les détails rexodlente histoire de M. Henri Martin , t DC.

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Pour la seconde fois, la France, détournée de sa vraie Kgiié politique , y était ramenée par un gouTernement habile ; et l'élan patriotique de la nation prouvait combien était vif le sen^ timent qui la poussait à faire le voyage d'Austrasie. Tout le monde s'enrôlait. Henri II ne se contentait plus de reprendre les villes impériales, il voulait conquérir tout le royaume d'Aus* trasie jusqu'au Rhin.

L'armée française occupa Toul et Metz ; le roi garantit leurs privilèges, et donna à Metz, dont il voulait faire un des boulevards de la France, une bonne garnison. Puis on marcha contre Strasbourg qui refusa d'ouvrir ses portes. On prit Haguenau, Weissembourg ; Spire résista et ne put être prise. Toute l'Ai* lemagne s'effrayant de ces conquêtes et menaçant de se rallier à Charles-Quint pour chasser les Français, Henri i[ battit en retraite, et l'armée française, après avoir abreuvé ses chevaux dans les eaux du Rhin, reprit la route de France. Chemin faisant, Henri H prit Verdun, Yvoy, Montmédy, Arlon et Chimai.

T Traité de Cateau-Cambrisis , >I559. — >!« Avec l'Angleterre. Elisabeth cédait Calais , le comté de Guines et la terre d'Oye à la France. Le duc de Guise avait conquis cette place en 4558, et l'Anglais était enfin chassé de notre territoire. — 2° Avec l'Espagne et la Savoie.

I Saint Quentin.

Catelet.

Ham.

Thérouanne (démantelée).

IThionville.

Mariemboarg Yvoy (démantelée), DanrUUers.

Montmédy.

Le roi de France garde Metz, Toul et Verdun.

Hesdin et bailliage.

Le roi d'Espagne garde : Le comté de CharoHais.

Le royaume de Navarre.

T « -^4 j^ « j « ( Turin , Quiers , Pignerol, Chivas ,

Le n». de France garde en sa. | viu;neuye d'Art, pour 3 ans.

voie:

jusqu'à la paix avec la Savoie»

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, i Sienne au y Florentins. Le Montferrat à Mantoue.

La France rend : j y^i^^^a à Milan. La Corse aux Génois.

S 44. DE LÀ LIHITE SOUS LE RÈGNE DE ÎEEMl lY.

1. Traité de Vervim^ conclu en 4598 avec Philippe II. — Ce traité , qui n'a rien fait et ne pouvait rien faire pour notre limite , n'est que la reproduction du traité de Cateau- Cambrésis, qui « est ratifié et pris pour base comme s'il était inséré mot à mot en icelui. » L'Espagne rendait toutes les places fortes qu'elle occupait en France , Calais, Ardres, Monthulin, Dourlans, la Capelle , le Catelet , Blavet; la Savoie rendait aussi le fort de Berre. L'indépendance et l'intégrité de la France maintenues contre les tentatives de l'Espagne, seront éternellement la gloire de la paix de Yervins.

2. Traité de Lyon, conclu en 4604 avec la Savoie. — Henri IV donne à la Savoie le marquisat de Saluées (i) , situé au delà des Alpes , et reçoit en échange la Bresse et le Bugey ; ce qui recule la limite de la France, depuis là Saône jusqu'au Rhône, entre Genève et les Alpes.

5. Projet d'établissement de la république européenne. — Henri IV conçut le premier l'idée de constituer l'Europe en un État fédératif appelé la république chrétienne. Quinze États de religion et de formes politiques diverses devaient former l'Europe nouvelle (2). Il n'entre pas dans le plan de ce livre de donner de grands détails sur ce magnifique projet , qui , bien que sans cesse ajourné, n'en est pas moins l'idéal vers lequel tendent les nations européennes ; il convient seulement de rechercher quelles devaient être les limites de la France dans cette nouvelle organisation de l'Europe. Le projet , tel que nous le connaissons (3) , semble vouloir laisser la France

(i) Ce marquisat avait été confisqué en 1548 par Henri II sur le possesseur^ qui avait voulu le livrer à Charles-Quint.

(a) Voyez l'Histoire de Henri IV, par Péréfixe, et les (économiques royales de Sully.

(3) La publication de toutes les lettres de Henri IV, dont on s'occupe en ce moment, devra éclairer cette question fort obscure. Voyez aussi Corresp. de Henri IV avec le landgr. de Hesse , 1 vol. in-S*".

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dani» ses limites de Yervins ; la Franche-Comté et l'Alsace appartiendront à la république des Suisses ; les dix-sept provinces des Pays-Bas formeront une république. On conçoit que Henri IV ait dissimulé ses projets ultériçurs d'agrandissement ; ce qui le ferait d^ailleurs supposer fjpe sont certaines phrases des Mémoires de Sully , et entre autres celle-ci : « Conjoindre entièrement et inséparablement la France avec les Provinces unies , est le seul moyen de remettre la France en son ancienne splendeur et la rendre supérieure à toute la chrétienté (i). »

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