‹ Géographie historique de la France;Chapitre 6 sur 94 · S 5. DIVISION EN DEUX VERSANTS · texte numérisé non relu

S 5. DIVISION EN DEUX VERSANTS

La France, traversée du N. E. au S. 0. par la ligne de

(i) À l'époque d'Auguste , enTiron 50 ans après la conquête de César. (a) Epyov npovoiQtc.

(3) Oux «wïwç etvxev cùX (ùç ov \ux(x \oyiv\uo\} tivoç.

(4) L'Europe tout entière est divisée en deux versants par une arête hydrO' graphique composée d'une série de montagnes , de collines ou d'ondulations

partage des eaux de TEurope y se trouve ainsi divisée en deux versants, l'un incliné vers le nord, l'autre vers le sud. Le versant du nord jette ses eaux dans la mer du Nord , la Manche et le golfe de Gascogne ; le versant du sud est tributaire de la mer Méditerranée.

S 4. OROGBAPHIE.

^° Montagnes qui composent la ligne départage des eaux. Nous commencerons à décrire la ligne de partage des eaux de l'Europe a partir du Saint-Gothard, où le Rhin et le Rhône prennent leurs sources. Cette ligne est divisée en neuf parties.

^® Du Saint-Gothard au mont Tendre, les Alpes bernoises et les Alpes vaudoises ou mont Jorat ;

2*^ Du mont Tendre au mont Terrible, le Jura central (i) ;

5^ Du mont Terrible au ballon d'Alsace , les ondulations de la trouée de Béfort (2) ;

4° Du ballon d'Alsace à la source de la Meuse , le mont BœrenkopfÇi) et les monts Faucilles;

5° De la source de la Meuse au mont Tasselot, le plateau de Langres ;

6® Du mont Tasselot au canal du Centre, la côte d'Or;

désignées, dans leur ensemble , sous le nom de ligne de partage des eaux. Ces deux versants sont ceux de Tocéan Atlantique et de la mer Méditerranée. On peut regarder l'Europe comme composée de deux plans inclinés, adossés fun à l'autre, dont l'intersection est la ligne de partage des eaux. Un yersant est donc une surface ou un plan incliné vers une mer; en effet, tous les fleu- Tes arrosant les pays situés sur un même yersant se rendent à la même mer. Les bassins sont les subdivisions des yersants. Le bassin d'un fleuve est le pays arrosé par ce fleuve et tous ses affluents, ou autren^nt l'ensemble de toutes les vallées arrosées par un fleuve et ses affluents.

(i) Au S. du mont Tendre s'étend le Jura méridional jusqu'au Rhône ; an N. £. du mont Terrible s'étend le Jura septentrional jusqu'au Rbiu.

(a) On appelle ainsi l'intervalle compris entre le ballon d'Alsace au sud des Vosges et le mont Terrible au nord du Jura. C'est une plaine ondulée, arrosée par plusieurs petites rivières , et qui doit son nom à la ville de Béfort, située sur la Savoureuse. On verra plus loin l'importance de cette trouée.

(3) Tète d'ours.

6 GEOGHAPHIB HI8T0HIQUB

7® Du canal da Centre au col de Naurouze (i), lêê Ci^mi'* nés (a);

8*" Du coi de Naurouze au pic de Gorlitte, les Corbiéres oc-* eidentales ;

9^ Du pic de Corlitte à la naissance des montagnes de la Navarre, les Pyrénées centrales et occidentales. — Les Pyrénées orientales , entre le pic de Corlitte et le cap Creui , ne 'font pas partie de la ligne de partage des eaux. A TE. du coi de Pertus, elles portent le nom de monts Altères. Deô Pyrénées orientales se détachent le massif du Canigou et les Corbières orientales.

2* Contre-forts de la ligne de partage des eaux.

Le premier contre-fort de la ligne de partage des eaux, sur le versant septentrional , est la chaîne des Vosges^ qui se détache des monts Faucilles au ballon d'Alsace , et se prolonge jusqu'au Rhin , sous les noms de Vosges et de HaMt ; Uti contre-fort va au N. 0. vers le confluent de la Moselle, sous les noms de Idar Wald{^)^ HunAsrucki^), et de 5onneri Wald{^) : leHoch Wald(6) est un contre-fort de Tldar Wâld.

' (x) Tiravereé par le canal da Languedoc.

(2) Divisées en deux parties :

/ rnouts du Charollais.

r L monts du Beaujolais, r. . . .^

-, . 1 4 j , . I Séparés par le mont Tarare.

Ceyennessbp-] monts du Lyonnais, j*^ i' ^ 1

TENTRioN\LEsX ^loitts du Vivarais, dont les sommets les plus importants sont comprenant J les monts Mézen et Gerhier-des- Joncs. Le principal contreles I fort de ces montagnes, appelé Montagnes du Forez, se termine t sous le nom de Montagnes de la Madeleine.

/monts du Géyaudan(*). j^, ^ , ., .

2 . ^ ( monts Garrigues.. .....( ^^P^"^ ^^' *^ "^^"* Latgonat.

montagnes de TOrb.

monts de l'Espinous.

«^'"P''®*'*"M montagnes Noires.

\ coteaux de Saint- Félix et de Sorèze-

(3) En allemand Wald signifie forêt (saltus) ; Gebirge, chaîne de montagnes ;£er^> mont ou montagne, mais isolément, par exemple un sommet principal.

(4) Dos de chien. — (5) Forêt du soleil. — (6) Forêt élevée. • • (*) Des monts du GéTaudan se détache le plateau de Levezae.

CéVENNES MÉ nmiONALES,

DB Là F&4MCI. T

Le second conire-fort est la chaîne des Àrdenneê orienta-' les, qui se détache aussi des monts Faucilles et se dirige au N. entre le bassin de la Meuse et celui du Rhin* Cette chaîne se trifurque au N. ; la branche occidentale , appelée le Hohe^ Wehen(i), court entre la Roêr et la Meuse, et présentée ro. un rameau nommé Hœhe (2). Une seconde branche se prolonge au N. entre la Roér et le Rhin : enfin, la troisième branche va à l'E., sous le nom de Eifel^ se terminer au con* fluent de la Moselle.

£e troisième contre-fort est la chaîne de VArgonne^ qui se détache du plateau de Langres au point où ce plateau se joint lui-même aux monts Faucilles. L'Argonne se dirige au N. 0. entre les bassins de la Meuse et de la Seine , porte d'abord le nom d'Argonne , puis le nom d'Ardennes occidentales. Aux. sources de l'Escaut , elle se dirise en trois branches qui se* parent^ la première, ou collines de Belgiqtie, les bassins de la Meuse et de l'Escaut ; la seconde, ou collines de l'Artoiê^ les bassins de TEscaut et delà Somme, et va finir au cap Oris- Ncé; la troisième, ou collines de Picardie^ les bassins de la Somme et de la Seine, et va finir à la pointe de la Hève.

Le quatrième contre - fort se détache de la côte d'Or au mont Moresol ; il porte les noms de monts du Morvan, plateau d'Orléans, collines du Perche, de Normandie, monts Menez, monts d'Arrée , et se termine à la pointe Saint-^Mathieu. Ge contre-fort sépare les bassins de la Seine et de U Loire, et ses nombreuses ramifications (3) séparent les bassins côtiers de la Manche et du golfe de Gascogne , entre la Seine et la Loire.

Le cinquième contre-fort se détache des Cévennes un peu au N. de la Lozère, et se dirige au N. O., sous les noms de monts Margeride , montagnes d'Auvergne , montagnes du Limousin , montagnes du Poitou , plateau de Gatine. Il sd*pare les bassins de la Loire et de la Garonne. Les collines

(i) Montagne du sonfRe élevé.— (a) La haateur.

(3) Les plus importantes sont les collines du lAeuviti {*), du Cotentin, du Maine, et les montagnes Noires.

{*) Le LleuTin, pays dont Usieox était la capitale.

8 GEOGBÀPHIB HISTOBIQUE

du Périgord sont le rameau le plus important de ce contrefort.

Le sixième contre-fort se détache des Pyrénées vers les sources de TÂdour , se dirige au N. sous le nom de collines du Bigorre et de Gascogne, et sépare les bassins de la Garonne et de i'Adour.

Le septième contre*fort se détache aussi des Pyrénées , à l'O. du col de Ronceveaux , et nous sert en partie de limite au S. 0. Il porte le nom de montagnes de la Navarre.

Sur le versant méridional , nous trouverons un contre-fort important, les Alpes occidentales {i)^ qui se détache de la ligne de partage des eaux au mont Saint-Gothard. Cette partie des Alpes comprend les Alpes pennineSj entre le Saint-Gothard et le mont Blanc ; les Alpes grées ou de Savoie, entre le mont Blanc et le mont Cenis; les Alpes cottiennes ou dauphinoises^ entre le mont Genis et le mont Viso; les Alpes maritimes, entre le mont Viso et le col de Cadibone, au N. de Savone.

Les Alpes occidentales séparent les bassins du Rhône et du Pô. Plusieurs sous-contre-forts s'en détachent; les premiers couvrent la Savoie ; l'un d'eux, entre l'Arveet leGuiers, vient resserrer le cours du Rhône, au S. du Jura, et former ainsi le premier bassin de ce fleuve ; puis on trouve les hautes Alpes, entre l'Isère et la Durance (2); enfin les basses Alpes (monts Esterel et Alpines), qui séparent le bassin du Rhône des bassins côtiers du Var, de l'Argens et de l'Arc, et donnent naissance aux montagnes des Maures.

§ 5. DIVISION DE LA. FBiNGE EN BASSINS.

On appelle bassin la partie d'un versant arrosée par un fleuve et ses affluents. Le versant de l'océan Atlantique com-

(i) Nous divisons ainsi la chaîne des Alpes : Alpes occidentales, depuis le col de Cadibone jusqu'au Saint-Gothard ; Centrales, jusqu'au pic des Trois- Seigneurs; Orientales, jusqu'au mont Kleck, en lUyrle.

(2) Ces montagnes poitent les noms de monts Leberon et de monts Ventoux.

DB LÀ FBARGB. 9

prend quatre grands bassins et vingt et un petits : les grands sont ceux du Rhin (i), de la Seine, de la Loire et de la Garonne.

Od y troure anssi, aTons-noos dit, 21 peUts baasins ou bassins côtiers, arrosés par de petits fleayes; ces bassins peuvent être considérés comme des appendices des grands bassins. Les fleuves qui arrosent ces petits bassins sont :

L'Escaut, i'Aa , l*Tser , tributaires de la mer du Nord ; la Liane, la Gauche , l'Àuthie, la Somme , la Bresie , l'Arques , la Touques , l'Orne , la Vire, la Aance, tributaires de la Manche ; TAulne, le Blavet, la Vilaine , le Lay , la Sèvre, la Charente, la Leyre , FAdour, tributaires du gol/e de Gascogne.

Le versant de la Méditerranée comprend le grand bassin du Rhône et douze bassins côtiers.

Ces 12 bassins sont ceux du Tech, de la Tet , de la Gly, de l'Aude, de rorb, de THérauIt, de la Vidourle, de l'Arc, del'Argens, du Var, de la Roy a, de l'Arosia.

Page 1