‹ Géographie médicale de la MartiniqueChapitre 10 sur 19 · LEURS T ASS · texte numérisé non relu

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à la bilharziose sur les 1957 examens pratiqué: à l’I.H.M. En 1928, 92 cas d’infestation sur 1486 examens de selles pratiqués.

Lymphangite endémique et filariose.

On voit très fréquemment des cas de lymphangite endémique, et les lésions apparentes d’éléphantiasis, à la suite de crises de lymphangite à répétition ne sont pas rares.

On retrouve à la Martinique, comme dans toutes nos possessions d'Amérique, et en particulier aux Petites Antilles, la Filaire de Bancroft. Elle est endémique dans certaines zones, basse, humides et marécageuses et se transmet par l'intermédiaire des moustiques depuis « l’anophele », jusqu’au vulgaire « culex ». L'indice filarien n’a jamais été précisé faute d’études suivies sur la question.

La théorie classique veut que la « lymphangite endémique » soit une manifestation clinique sous la dépendance de la filaire nocturne. Nous devons cependant si-

gnaler qu’en 1907, le Dantec et Dufougeré, indépendem-

ment l’un de l’autre ont «signalés un « dermocoque » et « un lymphocoque » comme agent spécifique de la lymphangite endémique. Quelques bactériologistes ont aussi isolé des germes se rattachant aux groupes de streptocoques.

La question mériterait d’être approfondie.

Syphilis. Maladies vénériennes.

Blennhoragie, métrite, annexites, syphilis acquise ou héréditaire sont d’une fréquence extrême. Dans un arti-

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cle intitulé Le bilan de la syphilis dans nos colonies, le Dr Léger écrit : « La syphilis constitue dans nos diverses colonies l’endémie la plus répandue et la plus meurtrière » et plus loin «si l’on est actuellement à peu près renseigné sur les dégats considérables causés en France par ce fléau social, les renseignements que l’on possède sur ce qui se passe dans nos possessions d’outremer sont encore par trop lacunaires et parcellaires. En effet, seules, les statistiques du Service de santé concernant les militaires, peuvent nous donner un aperçu combien éloquent de la fréquence de cette affection.

Nous lisons, en effet, dans le rapport annuel du Service de Santé, qu’en 1929, sur 160 hospitalisations chez les militaires pour syphilis et maladies vénériennes, 44 furent pour syphilis et 116 pour les autres maladies vênériennes. à é

Toujours en 1929, nous notons 143 entrées à l'Hôpital colonial de Fort-de-France pour syphilis et maladies vénériennes, sur 620 hospitalisations.

Enfin voici, les entrées à l’hôpital colonial de Fortde-France pour syphilis et maladies vénériennes de 1926 41929;

Syphilis : 1926 1927 1928 1929 37 14 64 33

Autres affections vénériennes 100 76 61 96

Dans une statistique embrassant la période comprise entre 1891 et 1901 «le Dr Lidin a constaté pour ces 11 années, 631 entrées dans les hôpitaux pour syphilis ou une

moyenne de 57,36 par an et 915 entrées pour les autres maladies vénériennes, ou une moyenne de 83,18 par an ».

En 1903, Kermogaut, dans les Annales d'hygiène et de médecine coloniale écrit : « Les maladies vénériennes fournissent chaque année 220 à 250 pour 1000 du chiffre des entrées dans les hôpitaux de la Martinique et de la Guadeloupe.

Arnauld en 1924, indique qu’il est de 20 pour les européens et de 33 pour les originaires

L'absence de programme officiel, de dispensaires, de centre de dépistage, font que la maladie chaque jour gagne du terrain. Toutefois nous devons signaler l’effort persévérant, mais combien peu étendu de la Société d'hygiène et de prophylaxie, dans la voie de la prophylaxie curative.

Lèpre :

La lèpre est fréquemment observée dans toutes les classes de la société. L'Institut d'hygiène, le Préventorium colonial, ont toujours quelques cas en traitement. Bien que l’on ne prenne aucune mesure de coercition à l’égard des lépreux, ces derniers se cachent si bien que l’on ne peut dire s’il y a 300, 1000 ou 2.000 lépreux dans l’île. Il y a quelques années, un essai de dénombrement a donné des résultats insignifiants, la plupart des

maires consultés ayant répondu que cette maladie était inconnue dans leur commune.

Pian :

Très fréquent dans la partie nord de l’île. En 1998, des enquêtes ont été faites à ce sujet, l’une au Précheur,

l’autre à Fond-Brulé. Sur 100 personnes examinée pour lésions cutanées diverses, 12 cas seulement ont été . rapportés au Pian à coup sûr.

Tuberculose :

Jadis rare, elle est aujourd’hui d'observation courante et parait sévir surtout en ville, dans la population des employés et des ouvriers. Les statistiques du Service de santé, signalent :

En 1927 25 hospitalisations . En 1928 41 hospitalisations Alcoolisme :

L’aicoolisme n’est pas aussi répandu qu’on le prétend, quoique le pays soit grand producteur de rhum.

Il semble que le pur jus de cannes, soit mieux toléré par l’organisme que les alcools additionnés d’essences variées dont on use en d’autres pays.

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