LA CORSE
En effet, favorisés par les pluies, les divagations de torrents irréguliers et impétueux, le voisinage de la mer, les caractères du sol et de la côte, les marécages se sont formés en grand nombre et couvrent environ dix mille hectares de leurs eaux stagnantes, infectant à peu près la totalité des plaines.
Ces marais, écrit M. Pitti-Ferrandi, forment sur la côte orientale un long chapelet séparé de la mer par une mince bordure de sables, surmontée de dunes. Cette bordure est interrompue en de nombreux endroits par des « foci », estuaires, embouchures de cours d’eau et d’étangs, dont le régime est fort important dans la formation des marais. Les sécheresses, en été, réduisant les torrents à un débit insignifiant, sous l'influence des vents du large, cjui sont, en Corse, plus forts que les vents de terre, il s’établit, au niveau des foci, des barres de sables. Celles-ci interceptent l’écoulement des eaux fluviales qui se répandent alors dans les terres environnantes. Pendant l’hiver, au contraire, les torrents grossissent subitement et emportent la barre ainsi formée. La mer entre alors dans les foci et les remplit. Lnlin les marais en bordure sur la mer sont alimentés par les vagues que la tempête jette par dessus les dunes, ou bien, comme dans l’étang del Sale, en vertu du principe des vases communicants, les infiltrations marines gagnent à travers les sables du littoral les bassins voisins
et les alimentent sans cesse.
Ces marais saumâtres couvent plus de six mille hectares : les principaux sont les étangs de Bigaglia, de Diana, d'Urbino. Toujours d’après Al. Pitti-Ferrandi, ces étangs alimentés pendant la saison chaude par les eaux fluviales exclusivement, et en hiver, après la disparition de la barre, n’ont pas un degré de salure suffisant pour s’opposer à la production des moustiques qui