‹ Géographie médicaleChapitre 201 sur 663 · V. — Croatie · texte numérisé non relu

V. — Croatie

La Croatie s’étend sur le cours moyen et au midi de la Save jusqu a la mer Adriatique qu’elle borde tout le long du rivage oriental de Quarnero. Etranglée d’abord entre la Carniole et la Bosnie, elle s’allonge considérablement du nord au sud, dans le voisinage de la mer.

Sur les pentes froides et âpres des Alpes règne un c imat rigoureux, tandis que les régions de la basse Save et du Danube, «cette humide Mésopotamie sirmienne» jouissent d’un climat beaucoup plus tempéré.

Si Agram est une ville propre, saine et charmante, il n en est pas moins vrai que les bords de la Save sont des plus malsains, infectés qu’ils sont par la malaria « Sur trois riverains de la Save on compte un malade, dit E. Reclus, avec quelque exagération peut-être, et les enfants naissent avec la rate déjà gonflée, atteints du mal qui les emportera tôt ou lard ».

On cite en Croatie les eaux thermales de Krapina- Whhl* C6lleS dC T°1)Üsk0 dont ,a température atteint

VL — Adriatique Autrichien.

L Istrie et la Dalinalie ont le climat de l’Italie. « L’extremilé méridionale de lUllyrie autrichienne est à peu près sous la même latitude que Home, et la longue extension de I Adriatique vers le nurdHiuest donne une i ore méditerranéenne à toute la province du littoral : à

J U1X . eg.rés et de,m Plus au nord que la Provence et la Ligurie, les myrtes et les lauriers croissent à l’air libre

AUTRICHE-HONGRIE

sur les roches qui dominent les bouches du Timavo».

Dans les vallées dalmates, bien abritées au nord-est par les montagnes, les amandiers lieu rissent en décembre. Les palmiers fleurissent dans les jardins de Raguseet j’en ai vu y porter des fruits qui, quelquefois, mûrissent.

Dans l’Istrie et la Dalmatie septentrionale, il se produit quelquefois en hiver de grands froids qui peuvent faire périr les oliviers. Je n’en ai presque pas vu aux environs de Trieste et de Zara où, en 1864, il neigea au mois d'avril.

Le sirocco souffle en Dalmatie ; mais, en passant sur la Méditerranée, il s’est chargé de vapeurs et il apporte avec lui la chaleur et les pluies. Si le ciel est d’une sérénité parfaite, en été, les pluies tombent avec fréquence et en abondance à l’automne et au printemps. Le bora qui souffle du nord est quelquefois d’une violence inouïe, s’engouffrant partout en tourbillons, culbutant tout sur son passage, glaçant les habitants dans leurs demeures. Lorsqu’il souffle au printemps, quand monte la sève, tous les champs sont brûlés.

Suivons maintenant la côte.

Voici d’abord Trieste dont le climat m’a paru peu agréable. J’y ai souffert en été d’une chaleur accablante et j’ai cru périr d’insolation sur la route grésillante de soleil qui longe la mer et conduit à Miramar. De plus, les variations de température sont très brusques. Au brûlant sirocco succède tout à coup un bora glacial. Mais, à côté de Trieste, Gorizia, où souffle peu le bora, est la Nice autrichienne ; ville de fleurs et de fruits, elle a un climat d’une grande régularité et d’une grande douceur.

Passons à Rovigno et à Pola, où une arène antique séduit par l’éléganee de ses formes et la légèreté de ses

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