ADRIATIQUE AUTRICHIEN
ordres. Nous entrons dans le golfe de Quarnero, au fond duquel est Fiurne, adossée aux grandes masses du plateau du Karst qui y plongent à pic. Le climat deFiume est généralement très doux ; il n’est troublé que par les bouffées chaudes du sirocco qui alourdissent parfois l’atmosphère en été et par les rafales du bora qui descendent en hurlant des hauteurs du plateau Croate, à la fin de l’automne et pendant l’hiver. Les environs de Fiurne deviendront certainement des lieux de guérison et de convalescence. « L’Abbazzia, qui est à dix minutes de \oloska, écrit V. Tissot, est un petit village tout rose, caché comme un nid dans les fleurs. Les médecins de Vienne y envoient les malades qui ne peuvent supporter le voyage de Menton ou d’Alger, b
Abritée par la paroi du Monte Maggiore contre les vents du nord, Abbazzia témoigne, en effet, par sa luxuriante végétation tropicale, de l’extrême douceur et de la stabilité de son climat.
Traversons vite le canal de Maltempo où le bora et le sirocco font rage tour à tour. Voici, bâtie sur une langue de terre qui s’avance dans la mer, la capitale de la Dalmalie autrichienne, la pittoresque Zara où l’on fabrique le marasquin avec les marasques ou fruits du prunus mascara, qui mûrissent dans les jardins des environs.
Après Sebenico aux rues etroiteset tortueuses, on rencontre la petite ville de Trau dont le dôme est la merveille artistique de la Dalmatie. Le climat y est si doux que l’on trouve dans les jardins avoisinants des plantes des tropiques qui prospèrent en pleine terre.
1 n peu plus bas, Spalalo, la ville la plus importante de la Dalmatie, dans une situation admirable, est entourée d’une campagne ravissante, avec un climat doux et sain. Suffisamment abritée contre les vents du
AUTRICHE-HONGRIE
nord el du sud, la température y est toujours modérée.
Nous passons devant l'ile de Brazza où l'on récolte au village de Neresi le vin de Vugava, une douce et généreuse liqueur que l’on a comparée au Tokai.
Lésina est une autre île enchanteresse. Abritée des vents du nord el du sud, elle jouit d’un climat d’une douceur et d’une régularité remarquable. Les plantes des tropiques, palmiers, cactus et figuiers de l’Inde y croissent en pleine terre. Les figues de Lésina oui une réputation méritée. J’en ai rarement mangé de meilleures.
Au sommet du delta marécageux formé par la Narenla est l’insalubre bourgade de Metkovitcb. La Narenla n’pst plus là le torrent impétueux qui bondit à travers 1 Herzégovine ; elle coule lentement, s’étale en flaques saumâtres, s’attarde et se saigne en d’indolents ruisseaux où croissent les roseaux et d’où s’exhalent les miasmes paludéens. J’ai passé à Metkovilch, mais je me suis bien gardé d’y séjourner el de boire de son eau. Tous les habitants, avec leur teint terreux et anémié, ont l’air de grelotter de fièvre.
Après la presqu’île de Sabbioncello, toute plantée de vignes et d’oliviers, on entre dans la baie de Gravosa. De là une route de chaque côté de laquelle, sous des cieux d’une extrême clémence, croissent en toute liberté les aloës, les cactus et les oliviers, conduit à la pittoresque Ilaguse. Environ cinq mille habitants vivent étranglés entre les murailles de celle que l’on a appelée la Babylone de la Dalmalie.
Dans les bouches de Catlaro, Caslelnuovo qu’environne une campagne fertile el verdoyante, jouit d’un printemps perpétuel; les rigueurs de l’hiver y sont inconnues et les chaleurs de l’été n’y sont jamais excessives. Il n’en est pas de même à Cattaro. On ne sau-