CHAPITRE XIV
.La Roumanie.
— Le climat de la Roumanie.
S il est vrai qu'Ovide a singulièrement exagéré I âpreté du climat de la Dobrodja, il n’en est pas moins vrai que la Roumanie a les froids de la Crimée et les chaleurs de la Grèce. L’hiver est long et souvent rigoureux. Leprinlemps est court et soudain, il ne dure qu’une quinzaine de jours. L’automne, en revanche, est magnifique, et dure quelquefois des premiers jours de septembre jusqu’au h> novembre. L’automne est même parfois si prolonge que beaucoup d’arbres fleurissent et même c on neni des fruits. On a récolté, en certaines années heureuses, des prunes, des cerises, et des pommes de seconde fructification.
La température moyenne de Bucarest est de + 8°, la plus haute température constatée a été de + 45° la plus
basse de — 30°. L’automne y est généralement doux et agréable.
« De l’arête suprême des montagnes à la plaine du
ROUMANIE
Danube, écrit E. Reclus, l’inclinaison moyenne esta peu près la même dans les divers chaînons, et, par suite, les zones de température et de végétation se succèdent du nord au sud avec une singulière uniformité. En haut, sur la frontière transylvaine, se dressent les cimes revêtues de conifères et de bouleaux et toutes blanches de neige en hiver ; puis viennent les croupes des montagnes secondaires où dominent le hêtre et le châtaignier, où se mêlent pittoresquement toutes les essences des forêts d’Europe; plus bas encore, les collines doucement ondulées sont parsemées de bouquets de chênes et d’érables, et les vignes occupent les pentes ensoleillées. Enfin, viennent la grande plaine nue et les lacs riverains du Danube avec les arbres fruitiers de toute espèce, les peupliers et les saules. La zône moyenne entre les grandes Alpes et les campagnes basses abonde en sites ravissants par la forme pittoresque des rochers, la richesse et la variété de la verdure, la limpidité des eaux.
« C’est dans cette arcadie heureuse que se trouvent la plupart des grands monastères, magnifiques châteaux forts, couronnés de dômes et de tours, entourés de jardins et de parcs. Quant à la plaine, elle est en maints endroits nue et monotone ; mais ses villages, à demi enfouis dans le sol et se confondant avec les herbes, ont du moins l’admirable horizon des montagnes bleuies par la distance. Les objets qui arrêtent le plus le regard sur la terre sont les hautes meules de foin, déjà figurées par les sculpteurs romains sur la colonne Trajane. »
IL — Pathologie roumaine.
En Roumanie la malaria est un facteur puissant de léthalilé. De mai à septembre elle sévit surtout sur les