‹ Géographie médicaleChapitre 234 sur 663 · APRETH ET TRISTESSE DU MONTÉNÉGRO · texte numérisé non relu

APRETH ET TRISTESSE DU MONTÉNÉGRO

une infinité de baquets d’eau inépuisables, vidés d’en haut, simultanément, les uns à côté des autres ». X. Marmier constate le même phénomène : « La pluie tombe ici, dit-il, comme je ne l’ai vue tomber nulle part, si ce n’est en Egypte ; seulement en Egypte c’est une trombe qui s’épuise en une demi heure, tandis que sur les monts de Caltaro elle se renouvelle sans cesse et, d’une voûte de nuages noirs, descend perpétuellement pendant des semaines entières. »

A quelques kilomètres de Cetynie, Rieka jouit d’un climat beaucoup plus doux : son niveau est celui de la mer et sa température correspond à celle de Cannes.

Danilograd a également une température douce et égale.

IL — Apreté et tristesse du Monténégro.

Bien que vu sous son plus agréable aspect, ce pays inspire la tristesse. Il lui manque la verdure et la gaieté des fleurs. « Ses montagnes calcaires sont balayées par les pluies torrentielles de l’hiver et du printemps ; elles roulent en cascades le long des pentes escarpées, ravagent, entraînent tout sur leur passage et mettent ainsi a nu la charpente osseuse du Monténégro, dont elles font un véritable squelette. Une chétive végétation parvient seule à s’accrocher dans les interstices des pierres et a résister à ces dévastations annuelles. Les eaux ne pouvant être arrêtées sur les hauteurs dénudées ni dans le fond des vallées, à cause de l’extrême porosité du terrain, la sécheresse la plus complète succède aux inondations et dure quelquefois tout l’été. Si les orages de a mer ne venaient parfois verser une eau bienfaisante, e îaut pays serait désolé par une famine constante.

mOITTÊlCÊGRO

Les sources, dont les réservoirs ne peuvent être remplis à nouveau, s’épuisent vite et les rivières elles-mêmes se dessèchent à peu près complètement pendant une grande partie de l’été. » (Delarue). J’ai vu la lliéka réduite, à Riéka même, à l’entrée du lac Scutari, à un filet d’eau d’une si mince épaisseur qu’on eût presque pu la traverser sans mettre de l’eau dans ses chaussures.

Page 1