SITUATION CLIMATOLOGIQUE DE L’ASIE
note des écarts de température considérables, comme à Yakoutsk, « le pôle du froid» ; 2° l’Asie centrale, comprise entre la chaîne Altaïque et l’Himalaya, depuis la Caspienne jusqu’au littoral chinois; les températures y sont extrêmes ; à Samarkande on a noté des écarts de 75° ; 3° une zone qui s’étend des hautes terres du centre à l’Océan indien ; dans cette zone le climat est très différent dans les montagnes et les plaines : sec et brûlant sur les plateaux sablonneux de l’Arabie et de la Syrie, variable en Asie .Mineure, tempéré au Japon, chaud et humide aux Indes.
La Sibérie.
b — Le climat sibérien.
La Sibérie est un pays entièrement froid; on y a constate des ternpératu res de 60 degrés au-dessous de zéro. C’est le pays par excellence des gelées et des vents, des froids intenses avec des chaleurs relativement fortes, pays de températures extrêmes en un mot.
Les hivers de la Sibérie sont, en effet, très longs et extrêmement rigoureux; le thermomètre se maintient pendant des semaines entières au-dessous de — 30" et descend k — 30°. A Ycniseïsk on a noté des températuresde .18° et à Yakoutsk de — 62°.
« Les voyageurs qui ont subi l’hiver sibérien dans toute sa rigueur, dit E. Reclus, en parlent avec un effroi mele d’admiration. Un silence infini pèse sur l’espace.
I ont semble endormi ; les mousses, les herbes sont caï eesdans la neige ou saisies par la gelée; les animaux <0D 1)1011,8 dans leu,’s lanières ; les fleuves ont cessé de :ou er, et, comme leurs rives, disparaissent sous la glace
SIBÉRIE
ou la neige ; la terre, éblouissante de blancheur au centre du paysage, mais grise dans le lointain, n’offre pas un objet sur lequel puisse s arrêter la vue. Ni ligne brusque, ni couleur vive ne rompent 1’uniformité de l'espace. Le seul contraste avec la morne étendue de la terre est celui de l’inaltérable azur, où chemine le soleil, en s’élevant de quelques degrés à peine au-dessus de l’horizon. L’astre se lève et se couche par des froids de 30 à 40 degrés centigrades, avec des contours nets, sans cette auréole rougeâtre qui l’entoure d’ordinaire au bord de l’horizon ; la force de ses rayons est telle que la neige fond sur le côté des toits exposé à la lumière, tandis qu’à l’ombre la température varie de 24 à 30 degrés audessous du point de glace. La nuit, quand l’aurore boréale n’étend pas dans le ciel ses draperies multicolores et n’éclate pas en fusées silencieuses, les étoiles et la lumière zodiacale brillent avec un singulier éclat ; peutêtre sur nulle autre partie de la terre ne s’étend un ciel aussi favorable aux observations des astronomes. Dans cette région du pôle de froid, l’atmosphère est d’une clarté parfaite; on n’y voit aucun nuage, si ce n’est au bord des rivières, d’où s’échappe un épais brouillard composéde particules glacées, ou bien dans le voisinage des troupeaux, cachés par les amas de vapeur que forme leur baleine; mais l’air qui contient les fins cristaux du brouillard n’est pas moins sec que l’atmosphère transparente. L’homme ose affronter ces froids terribles; mais lesanimaux restent blottis dans leurs trous; seul, le corbeau se hasarde dans l’air, d’un vol faible et lent, en laissant derrière lui une légère traînée de vapeur ».
Pourtant l'homme, s’il est bien nourri et bien vêtu, supporte facilement les hivers sibériens. Peu de climats sont plus salubres que celui de la froide Sibérie orientale, avec son air si transparent, si calme, si parfaitement