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LE CLIMAT SIBÉRIEN

pur. On n’a jamais vu de phtisiques à Tchita, dans la froide Transbaïkalie, où le mercure reste gelé des semaines entières. La scrofule est rare dans ces régions et la malaria y est inconnue. Le scorbut a été réputé longtemps comme la maladie la plus répandue de ces sombres solitudes où les populations sont privées pendant une bonne partie de l’année de nourriture végétale et endurent des froids excessifs. Pourtant quelques auteurs assurent qu on a exagéré cette fréquence. Des congélations ont été souvent observées ainsi que toutes les maladies dites a frigore.

« A ce rigoureux hiver qui fend le sol et découpe les falaises des fleuves en colonnales régulières, comme celles des basaltes, succède un soudain et délicieux printemps. Le changement est si rapide que la nature parait brusquement renouvelée ; la verdure des feuilles qui s’en trouvent, le parfum des fleurs naissantes, la tiédeur enivrante de l'athmosphère, la clarté rayonnante du ciel, tout s unit pour faire de la joie de vivre une véritable volupté. II semble aux Sibériens visitant les pays tempérés de l’Europe occidentale qu’en dehors de leur patrie le printemps est inconnu. » (E. Reclus).

Mais la période de froidure n’est pas encore entièrement terminée et souvent à la fin de mai les gelées nocturnes brûlent les fleurs des pommiers.

A ce subit printemps succède un été court et brûlant qui ne dure pasplus de trois mois et dont la température moyenne est de -+- t;j°. On a vu à Yakoutsk le thermomètre dépasser 4- 30” à l’ombre et même s’élever exceptionnellement à 4- 38°. La toundra alors s’échauffe au point que la terre brûle les pieds comme la lave.

uis il gèle à nouveau des la fin de juillet et à la fin

feTl les feu‘lles des arbrcs tombent et septembre voit le retour des froidures.

SIBÉRIE

If. — Sibérie occidentale.

On comprend sous le nom de Sibérie occidentale les gouvernements de Perm, d’Orenbourg, de Tourgaï, d'Akmolinsk, de Semipalatinsk, de Tobolsk et de Tomsk. Elle embrasse une immense étendue de territoire comprise entre les monts Oural, les frontières du Turkestan et de Chine et le cours de l’Iénisséï.

La ville principale du gouvernement de Perm est Yekalérinenbourg. La moyenne de la température y est de -H ܰ,6, la moyenne du mois le plus froid de — 16°, 5, celle du mois le plus chaud -+- 17°,;>, ce qui donne un écart de 34 degrés.

Les villes des gouvernements d’Orenbourg (Troïtsk, Tcheliabinsk) et de Tourgaï jouissent à peu près du même climat.

Ornsk, au confluent de l’Om et de l’Irticb, la ville principale du gouvernement d’Akmolinsk, a une température moyenne sensiblement plus basse, avec des écarts partant plus considérables. C’est une ville de fonctionnaires et de militaires, d’un séjour fort désagréable.

Semipalatinsk, la « ville aux sept édifices », est encore plus mal partagée au point de vue du climat. Les froids y sont souvent accompagnés de fortes bourasques. En été le thermomètre peut monter à -+- 60°.

Au contraire, Tomsk, la Moscou sibérienne, est la plus jolie ville en même temps que la plus luxueuse et la plus animée de la Sibérie. La température moyenne de l’année y est de — 0“,9, celle du mois le plus froid de — 19°, 2, celle du mois le plus chaud de -+- 18°, 5.

La partie nord-ouest du gouvernement de Tomsk forme un seul et énorme marais, un bourbier inacces-

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