I. — Le climat de l'isthme Ponto-Caspien
Dans l’isthme Ponto-Caspien les montagnes les plus élevées alternent avec des plaines qui s’affaissent audessous du niveau de la mer. J1 en résulte de grandes variétés de climat. On trouve, en effet, dans ces régions les climats du pùle à côté de ceux des régions tempérées les mieux favorisées. De plus le caractère brusquement accidenté du pays amène entre les conditions météorologiques des diverses provinces des différences considérables. Ainsi certaines contrées sont inhabitables en été en raison de la chaleur insupportable qui y règne, tandis que d’autres sont abandonnées forcément pendant l'hiver dont les rigueurs seraient incompatibles avec la conservation de la santé.
Malgré la latitude méridionale du système caucasien, les vents froids du nord-est, non tempérés par l’action des vents chauds du sud-ouest qu’arrêtent les plateaux de l’Asie mineure, abaissent la température normale de
CAUCASIE OCCIDBiA'TA LE
la région. Au Caucase, la zone la plus salubre pour l'homme est comprise entre 750 et 2000 mètres d’altitude. La hauteur d’environ 1200 mètres est la plus recherchée, car jusque-là se cultivent encore les vignes, les mûriers, les céréales du midi et déjà on y respire l’air pur et frais qui descend des glaciers.
JI. — Caucasie occidentale.
L’Abkhazie ou Caucasie occidentale est réchauffée par les eaux de la mer Noire. Jusqu’à la fin de novembre la température se maintient à -t- 14° ou 13°', et la moyenne d’hiver à Soukoumkaleh varie de -t- 7°, 3 à H- 8°, 5. A Novorossisk la moyenne annuelle de la température de -t- 13°, 44. Les vents du sud-ouest soufllent avec une grande violence en automne et au printemps, et portent quelquefois en Colchide la froidure des plateaux de l’Anatolie.
Toute cette région du littoral de la mer Noire est peu salubre. En effet, « les eaux qui descendent de la montagne s’étalent en marécages, à l’issue de leurs vallées, empestant l’atmosphère et décimant la population. Les fougères qui recouvrent d’une épaisse verdure les pentes avancées d’un grand nombre de montagnes de l’Abkhazie contribuent aussi à l’insalubrité générale du pays. Hautes de plusieurs mètres, et tellement enchevêtrées qu il est difficile de se frayer un passage à travers leurs tiges et leurs frondes, elles se flétrissent et se corrompent sur pied en formant au-dessus du sol une voûte humide, au-dessous de laquelle s’accumulent les gaz qui proviennent de la putréfaction de tous les ébiis végétaux. Les pluies qui tombent sur ces amas ne peuvent s évaporer : même sur les pentes, le sol
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devient marécageux et putride; aux environs des fougeraies, l’air est fétide, presque irrespirable, et les habitants des villages rapprochés sont attaqués par les fièvres ». (E. Reclus).
Dans la péninsule de Taman qui termine l’Abkhazie au nord et porte l’ancienne ville turque d’Anapa, plusieurs volcans lancent des boues qui sont utilisées pour le traitement dés rhumatismes.