ARMÉNIE RUSSE
par le torrent de Borjomka. L’air y est pur et frais, tout embaumé de senteurs résineuses. Les eaux sont thermo-alcalines. D’autres sources d’eaux chaudes s abondent dans le bassin de la Koura supérieure. Telles • sont les eaux d’Aspinza qui coulent au bord même de la Ivoura ; celles d’Abbas Touman dans une des vallées les plus pittoresques et les mieux ombragées de la Caucasie ; celles de Tzinouleazi, les plus abondantes du pays, dans une vallée latérale de la Koura.
Parmi les autres villes importantes de la Géorgie on peut citer: Yélizavetpol, avec une température moyenne annuelle de -t- 12°, 43 insalubre malgré les beaux arbres qui l’ombragent ; Choucha, une des cités de la Caucasie dont le climat est le plus rude ; Bakou, malpropre, poudreuse, toute imprégnée de naphte. On ne saurait rêver plus triste séjour que la presqu’île d’Apchéron où s élève Bakou : une plaine brunie et imprégnée de naphte, sans un arbre, sans un brin d’herbe, surchauffée en été par un soleil de plomb : c’est d’une désolation morne. Pourtant Bakou a un avantage : il n y gèle pour ainsi dire jamais.
VIL — Arménie russe.
L Arménie russe, au centre de laquelle se dresse la 'ime de l’Ararat, la « montagne de Noé », a un climat essentiellement continental : aux jours brûlants succèdent les nuits froides, aux étés accablants les hivers igoureux. (/est une des contrées de l’Asie antérieure où on a le plus à souffrir des extrêmes de température. Amas incohérent de ruelles ignobles, sur un plateau jans arbres et balayé par les vents, à mille mètres d’alode, L ri van a un climat plus excessif encore que ce-
CAUCASIE
lui de Tiflis. La température moyenne du mois de janvier est de — 15°, mais elle peut descendre à — 33» ; en été elle dépasse fréquemment 40° et peut atteindre 45°. Les fièvres y sont fréquentes et l’état sanitaire déplorable. Vers le soir pourtant un vent du nord descend avec véhémence des montagnes d’Alagoz, soulevant des tourbillons de sable et de poussière, obligeant les habitants à s’enfermer dans leurs demeures. En été, tous les fonctionnaires russes sont obligés de s’enfuir sur quelque haute vallée : à Semonovka, à Delijan. Les fièvres, si redoutables et si communes dans la plaine de l’Araxe, ne régnent plus dans ces hauteurs où l’air est pur et fortifiant.