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MÉSOPOTAMIE

La malaria est très répandue dans toute cette région, ainsi que la lèpre et l’éléphanliasis. Le choléra et la peste y sont autant dire à l’état endémique. La peste provient de deux sources: la première et la plus fréquente est son apparition spontanée dans les villages de la frontière persane, où la surveillance est difficile à exercer ; elle s'éteint généralement, faute d’aliment, par la disparition totale des habitants de l’endroit contaminé. Sa seconde cause est inhérente aux vallées du Tigre et l’Euphrate : toutes les fois qu’une forte crue de ces fleuves inonde la campagne, il se forme, au retrait des eaux, des marais pestilentiels qui, au printemps suivant, amènent infailliblement le fléau.

Mossoul, sur la rive droite du Tigre, dans le voisinage de l’ancienne Ninive, compte au moins 30.000 âmes. La moyenne de la température annuelle y est de 20", celle de l’hiver de -+- 8°, celle du printemps de + 17°, celle de l’eté de 32°, 6, et celle de l’automne de -+- 21°, 8. Mossoul, sans être salubre, est moins dangereuse à habiter que Bagdad et Bassorah. Khorsabad et Nimroud ne sont que de misérables bourgades qui ne doivent leur célébrité qu’aux ruines pulvérulentes sur lesquelles elles sont construites. Souleimanieh, au pied de l’Avroman, près de la frontière persane, est un marché des tribus Kourdes, dans un site presque inabordable. Kerkouk a des sources de naphteet des eaux thermales.

La grande ville de la Mésopotamie est Dar-es-Salam,

la demeure de la paix, c’est-à-dire Bagdad, qui compte près de 200.000 habitants.

La moyenne de la température annuelle de Bagdad est de -t- 24°, celle du printemps de -4- 23°, 4, et celle de l’été de -t- 35% 6. En somme, l’année dv Bagdad se divise en deux saisons inégalement réparties entre l’été et l’hiver ; la température qui atteint

AS1B OTTOMANE

parfois -+- 50° à l’ombre, descend rarement au-dessous de zéro. La chaleur est excessivement précoce et se fait sentir des les premiers jours du printemps. Elle serait supportable si ce n’était sa continuité : elle se maintient souvent pendant plusieurs semaines à h- 50° a I ombre; aussi, vers septembre, est-on absolument exténué et il devient nécessaire de changer d’air. « Les Bagdad ins ont l’habitude d'aller passer un mois aux environs de la ville, le long du fleuve, parmi les plantations de palmiers dans la plaine; et tandis que la famille jouit de la vie champêtre, le chef va et vient chaque jour vaquer à ses occupations ordinaires. La villégiature ainsi comprise est un pis aller : le peu d’herbe épargnée par les ardeurs du soleil est vile saccagée par les piétinements ; le sol prend une teinte grise en harmonie avec l’horizon poudreux, et la toile des tentes n est jamais assez épaisse pour protéger efficacement contre la réverbération et les rayons du soleil n (L. l iât). Quant aux habitants de Bagdad qui sont obligés d y passer I été, il se réfugient, dès les premières chaleurs, dans les serdabs, sortes de caves avec prises d air. La chaleur n y dépasse pas 30 à 3b degrés, alors qu elle monte au dehors à 40 et 50 degrés ; dans les caves les plus profondes, celles qui ont de quatre à cinq mètres de profondeur, la chaleur diminue jusqu’à 20 degres. C est la que se concentre la vie de chaque famille, car I extérieur est inabordable, dangereux même. « Pas un souffle d’air pour apporter quelque fraîcheur. Par moments I aile du siroco balave l’espace, et c’est alors, quelquefois pendant dix ou quinze jours de suite, cinq a six degrés de plus qu’il a ramassés en passant sur les sables embrasés du désert. Tant qu’il dure, dans toutes les maisons, c’est une prostration universelle; exténué, haletant, sans force, sans énergie,

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