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(septembre à décembre) répare les mauvais effets de l’été. Le passage de la saisou sèche à la saison humide est particulièrement dangereux; la dysenterie est à craindre.
Les hautes régions et les parties basses sont peut-être moins saines, principalement pour les Européens, mais la zone intermédiaire qui est la plus riche et la jdus peuplée, est très habitable.
Les mois les plus chauds sont juin, juillet et août, pendant lesquels la température monte souvent à 30°. Les nuits sont pénibles.
Outre la dysenterie, la malaria est à redouter, principalement aux bords des marécages et les fleuves. Ainsi, sur les bords du Mé-lvong « mille pygmées guettent l’homme à tous les coins des sentiers, plus redoutables que le tigre ou la panthère : les fourmis à la piqûre brûlante, les sangsues minces et agiles qui s’élancent des feuilles mortes ou dégringolent des rameaux humides, les moustiques, dont le bruissement ne laisse aucun repos à l’oreille, dont l’aiguillon barbelé torture la peau, empoisonne le sang et chasse le sommeil, et, dans le silence des grandes forêts vierges, les menaces qu’adressent aux voyageurs les odeurs âcres et grisantes d’un sol où pourrissent sous les herbes et les (leurs rieuses, d’innombrables cadavres d’animaux et de plantes ». (De Lanessan).
La capitale, Hué, qui compte environ 3Q.00U habitants, est une des villes les plus ravissantes qu’on puisse voir. Mais elle est aussi dangereuse que malsaine. « H ué, écrit J. Chailley, est le fléau du travail ; la chaleur en mai est intolérable. La rivière est chaude, nuit et jour, a 30°. C’est elle qui fournit l’eau qu’on boit. Vous la rafraîchissez artificiellement; jouissez bien do votre jouissance au moins, car elle vous coûtera vraisembla-
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hleinent quelque indisposition. Vous êtes en mauresque, dans ce costume de soirée qu on adopte ici l’après-dîner, veste et pantalon ilotlants ; sous auiez, dans votre maison convenablement orientée, les deux portes ouvertes qui vousdonneront un délicieux courant d’air: roulez-vous bien vite dans la flanelle, ou nous payerez cher cette volupté d’une minute. Et tout esta l’avenant. La nature ou l’industrie de l’homme vous prodiguent des biens de toutes sortes : la raison nous défend d’en profiter.
« Et cependant Hué est si belle qu’on tenterait volontiers d’y vivre contre fièvre et marais, si l on avait en même temps les moyens de lutter. 11 n’est pas de régions éternellement insalubres. Pas un pays civilisé qui ri ait été anxieusement la proie des fièvres et autres fléaux. Défrichez quelques montagnes, captez les sources, desséchez et comblez ces marais, assainissez les demeures, et là, comme ailleurs, vous aurez un jour un pays habitable ; et la nature, quittant cette allure de marâtre, qui prend plaisir à nos peines et nous envie nos joies, sera ce qu’elle est partout, l’aima mater, auteur de tous biens, source de toutes jouissances ».
Nha-Trang est une petite station maritime où les ardeurs du soleil sont tempérées par une brise de mer toujours fraîche. La plage, très belle, est abritée par de nombreuses petites îles rocheuses dont les arêtes vives se dessinent élégamment sur le ciel bleu. Du côté opposé à la mer, une chaîne de montagnes forme une immense crique qui domine et enveloppe le village indigène et les constructions européennes. Sur ces hauteurs, 1 air est sain et vif. On a vu le thermomètre descendre au-dessous de zéro et de la neige tomber.