TONG-KING
Vf. — Tong-King.
Le Tong-King, malgré sa silualion dans la zone tropicale, possède les saisons bien marquées des zones lemp iées, c est-à-dire un hiver et un été avec les périodes transitoires de l’automne et du printemps. L’hiver commence en novembre et dure cinq mois. Très humide, surtout les deux derniers mois, il est cependant réconfortant pour l’Européen à qui il offre une température moyenne de 19° environ, avec des nuits fraîches, et un minimum de 0°. Le printemps est court et dure le mois d’avril. A partir de mai, il fait une chaleur accablante, variant de 28° à 40°, légèrement atténuée par les pluies fréquentes de juillet et d’août, et qui ne prend fin qu’en octobre où se dessine une brève saison qui rappelle l’automne.
En somme la température, au Tong-King, varie de 5° à 15" en hiver, et de 28° à 40° en été.
«Tout l’été, l’exercice physique est impossible, le travail intellectuel difficile. On est assoupi, accablé par les chaleurs humides, inondé d’une sueur que nulle évaporation ne diminue. Le panka est nécessaire ; on ne goûte quelque repos qu’à l’aide des ablutions fraîches souvent répétées. Il ne faut pas sortir, si ce n’est de cinq à sept heures du soir ou dans les premières heures de la matinée.
« Pendant la première quinzaine d’août, la température est encore très élevée. A la fin du mois, les matinées sont relativement fraîches et les nuits supportables.
« En général, dans le courant de septembre, un coup de vent tournant annonce la fin de la saison chaude. Les matinées, dès lors, se rafraîchissent d’un degré,
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différence minime sans doute, mais agréablement ap préciée par celui qui vient de supporter les ardeuis de
l’été, f .
« En octobre, le nord et le nord-est donnent de véritables journées d’automne, température tonique, ciel ensoleillé, d’un bleu sévère, montagnes d’un violet foncé ; l’intelligence assoupie depuis cinq mois, se réveille , on peut s’adonner avec plaisir h quelques travaux. Aux derniers jours de mai, il est possible de reprendre les travaux physiques interrompus par l’été.
« Dès novembre, l’hiver se dessine ; on chasse, on monte à cheval et l’on fait de longues courses; la température baisse jusqu’au 16° ; un beau soleil réjouit les yeux. Les averses ont fait leur temps ; ce qui caractérise ce mois c’est la sécheresse , il n y a plus, en effet, que des pluies lines et des brumes qui flottent à mi-hauteur des collines. Comme les vents du nord et du nord-est dominent en décembre et les jours toniques avec eux, l’économie reprend sa vigueur et l’estomac son appétit d’Europe. Vers le milieu du mois, par 14°, on commence h voir son haleine, surprise agréable en pays tropical. On peut alors aller à la chasse et courir la campagne au beau milieu du jour. Vers la fin du mois, par des journées de ciel couvert et de pluies fines, on voit la température descendre à 10° et l’on fait volontiers du feu dans les appartements.
« Janvier est le mois le plus froid de 1 année. On allume son feu presque tous les jours; les vêtements de drap sont nécessaires, car, au milieu des jours froids, les vents du sud se montrent rares. Ils soufflent cependant quelquefois, et il se produit alors des écarts très étendus de température contre lesquels il importe de se prémunire.
« Février est caractérisé par une brume constante et
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une humidité pénétrante. L’eau suinte sur les murs des appariements; du jour au lendemain les chaussures et tous les objets de cuir se couvrent de moississure.
« En mars, la température ne varie plus d’une heure à l’autre comme en février, mais donne deux séries froides de cinq à six jours intercalées dans des jours relativement chauds. Le soleil commence à reparaître a certains jours du mois. IJn exercice un peu violent devient pénible et amène la sueur.
« Le mois d avril est aussi très humide, et la chaleur s annonce déjà, bien que le soleil paraisse peu souvent. Au commencement du mois on peut sortir encore pendant les heures méridiennes; mais, à la fin, les journées deviennent étouffantes, et Ion reporte la promenade aux heures qui précèdent le coucher du soleil. A partir du 25, le vent du sud-est est parfaitement établi et l’on retombe dans les brûlantes monotonies tropicales.
« En résumé, l’Européen trouvera au Tong-King : 1° cinq mois bons, de novembre à fin mars ; 2° cinq mois mauvais, de mai afin septembre; 3° deux mois passables, avril et octobre » (Rey).
La malaria est a redouter au Tong-King, mais la théorie qui attribue aux marais l'étiologie de la fièvre paludéenne, y reçoit, d’après le D' Robert, une énergique démenti. « Le delta, dit-il, n’est, au sens géographique du mot, qu’un immense marais, c’est-à-dire une plaine alternativement inondée et desséchée. Le haut iong-King, au contraire, présente une configuration très tourmentée, avec de hautes montagnes couvertes de bois impénétrables. Or, le delta est relativement sain, tandis que la région montagneuse est infestée au maximum par la malaria. La raison en est connue. Les vastes plaines du delta ont bien en effet
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l’aspect d'un marécage, mais elles sont admirablement cultivées. Celle culture intense absorbe A son bénéfice la plus grande quantité des matières organiques qui, livrées à elles-mêmes, constitueraient une puissante source d’infection. Les hautes régions, a peu près désertes et incultes, n’oITrenl que d’épaisses forêts, où une excessive abondance de détritus végétaux fournit, sous l'influence du soleil et de 1 humidité distribuées laige* ment, les éléments exclusivement profitables aux organismes telluriques inferieurs d une vie extrêmement active. Le nom de fièvre des bois a été alors substitué justement à l’étiquette fièvre paludéenne, mais les deux appellations désignent une seule et unique intoxication ». Aussi, au Tong-King, il ne faut jamais boire d eau sans l’avoir fait bouillir ou encore la filtrer au charbon et au sable. Pendant quelques mois de l’année, elle est si trouble partout qu’il faut la battre avec de l’alun pour la rendre potable. Elle devient ainsi légèrement laxative mais peu dangereuse.
Hanoï, la capitale, devient une ville agréable, avec presque toutes les ressources d’une cité européenne. He jour en jour les marais se comblent et sur leur emplacement s’élèvent des constructions européennes, sinon bien appropriées au climat, du moins agréables à la
vue.
llaïphong est également surgie comme par enchantement des marais.
VIL — Laos.
Le Laos passe pour avoir un climat très sain. La température varie entre 5° et 36°. Il existe deux saisons régulières coïncidant avec les moussons : la saison sèche