I.A RÉGION DES VOSGES
givre, de nouvelles pluies, gel et dégel, ainsi se passe l’hiver. .C'est ce qu'on est convenu d’appeler de « beaux froids. »
Le printemps vient très vite et imprime à la végétation une puissance singulière. Le dernier dégel a à peine séché ses dernières fanges que « les arbres ont leurs fleurs et les champs leurs promesses ».
Les étés sont en général superbes, les automnes fort beaux et le ciel presque toujours clair, sans brumes ni brouillards.
Le pays est sain en général et les massifs de granit, de schiste et de grès rouge des Vosges sont presque partout revêtus d’une livrée sylvestre où dominent les sapins, les pins, les épicéas, les mélèzes, les hêtres, les chênes et les châtaigniers. Si les hauts sommets sont dépouillés de grande végétation, au moins ils sont revêtus d’un fin gazon émaillé de gentianes, d’euphraises, d anémones dont les fleurs, au printemps, jettent un manteau de neige rose sur les points culminants, les hauts chaumes.
A l’Ouest, vers Luxeuil, au milieu des collines qui rejoignent les Vosges aux Faucilles, des vasques, où s’enchâssent les anciens glaciers, renferment des lacs minuscules, gracieusement entourés de gazons ou assombris par le rellet des noirs sapins qui s’v mirent. Les lacs de Gérardmer et de Retournemer sont les plus grandes de ces coupes d’azur et ils contribuent à faire de cette région l’une des plus aimables des
Vosges.
A l’Est, la « sombre et formidable Ardenne » a perdu en grande partie ses forêts que peuplaient autrefois les sangliers et les bêtes fauves. Si les paysans conquièrent lentement le sol des vallées, le plateau proprement dit est encore presque entièrement inhabité. Avec scs
LA J| K CSE
coupes schisteuses où stagnent les eaux aux reflets noirâtres, il a l’aspect le plus mélancolique.