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I. — Climatologie générale

L’abyssinie proprement dite est constituée par une région montagneuse qui se dresse entre le ciel et la mer Rouge, au-dessus d’un socle de mille mètres d’élévation.

Les sommets des montagnes éthiopiennes se dressent dans la zone des neiges persistantes tandis que leur base plonge dans la zone torride et que leurs promontoires baignent dans les eaux lièdes de la mer Rouge. Il en résulte une grande variété de climats : on peut mourir de froid sur les hauteurs et haleter de chaud dans les plaines ou dans les étroits knualla. Pendant l'été le sol de ces fournaises s’échauffe parfois h 70° et même à Th0.

« L’air est ordinairement calme dans ces cluses sans issue apparente ; mais que l’équilibre aérien se rompe tout à coup, et le vent s’élève en tempête pour remonter furieusement la vallée en courbant les arbres devant lui,

CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE

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puis soudain l’air redevient immobile. Le manque do courants réguliers Imlayanl. les impuretés de l'air rend le koualla très dangereux à traverser. Avant ou après la saison des pluies, il faut se hâter de les franchir, s’élever rapidement sur les poules, gagner la région qui s’étend au-dessus de la zone des fièvres. Presque aussi brûlantes, les plaines bordières de la mer Rouge sont beaucoup plus salubres ; le climat n’y est dangereux que dans les années où la quantité de pluie dépasse la moyenne : alors les fièvres régnent dans le pays ». (E. Reclus).

Dans l’Ethiopie moyenne où s’est groupée la population presque toute entière, ces extrêmes de climats sont inconnus. Sur ce plateau qui s’élève dans la zone torride, les rayons du soleil ayant une force toujours à peu près égale, il y a peu de différence de l’hiver à l’été et les oscillations de température proviennent surtout de la pureté du ciel et de l’épaisseur des nuées.

Ea saison des pluies varie suivant les diverses contrées éthiopiennes. Dans les régions élevées l'hivernage commence en juillet et se termine en septembre; les pluies tombent également en janvier, et quelquefois on février et en mars. Dans la région centrale l’hivernage ou azmara commence d’ordinaire en avril et se continue jusqu’à la fin du mois de septembre. A la base nordoccidentale des monts, dans les provinces des Rogos, des Galabat, de fiedaref et de Senftr, les pluies tombent en avril et en mai, et les grandes averses en juillet, août et septembre.

Pendant toute la saison des pluies estivales il pleut régulièrement chaque jour à des heures fixes. Le matin le ciel est toujours pur et le soleil splendide ; mais, vers midi, les nuages s’amoncellent, bientôt le tonnerre gronde, el enfin, vers deux heures, l’orage éclate avec

ABYSSINIE

uno grande violence ; souvent même il tombe de la grêle ; puis, entre cinq et six heures, tout disparaît et le temps redevien I beau.

Les Abyssins distinguent trois régions naturelles, d’après l'altitude, la température, la nature du sol, les productions végétales et les animaux : 1" les u kollas » ou plaines inférieures, dont l’altitude varie de ÎOUO a 1600 mètres et la température de -+- 32° à 4- 40° ; 2° 1rs « ouaïna-dégas » ou terres moyennes dont 1 altitude varie de 1000 à 3000 mètres et la température de 4- 14° à -4- 27" ; 3° les « dégas » ou hautes terres dont l’altitude varie de 3000 à 4600 mètres et la température de 0° à 4- 17°.

Les kollas sont brûlantes et malsaines.

Les ouaïna-dégas jouissent d’une température à la fois plus douce et plus égale. C’est 1 Italie et le midi de I Lspagne. Rarement le thermomètre centigrade s’y élève au-dessus de 27°; rarement il y descend au-dessous de 14". Un grand nombre de provinces du plateau jouissent de eet heureux climat. C’est celui de Gondar et des plaines qui environnent le lac de Déni béa. Cette région, la plus riche de toutes, comprend aussi les villes les plus importantes du pays.

Ainsi les montagnes de Koma qui ont environ deux mille mètres d'altitude, forment une des régions les plus agréables de l'Afrique. Leur climat est égal. Il est assez frais pour qu’on n’ait pas à souffrir de la chaleur, assez chaud pour qu’on n’ait pas besoin de vêlements pour se préserver du froid. Grâce a la déclivité du sol, les eaux n’y séjournent pas. La salubrité est par conséquent parfaite.

Les dégas embrassent les cantons les plus élevés du plateau et les montagnes qui le dominent. La température la plus chaude y dépasse rarement 1 7° et s’arrête

PATU0L00IB ABYSSINE

le plus ordinairement à 10° ou à 1 2°, si ce n’est au fond des vallées, ou la chaleur concentrée atteint les proportions de véritables fournaises.

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