IV. — Chon
Le climat du Choa est sain et, on raison de l’altitude (1800 à 2000 mètre), sans grandes variations thermométriques. La température correspond à celle des bords de la Méditerranée, avec celte différence que l’alternative des saisons, hiveret été, s’y fait généralement moins sentir. Les oscillations de la température proviennent surtout de la pureté du ciel et de l’épaisseur des nuages.
L’année se divise, comme dans le reste de l’Abyssinie, en deux parties : la saison sèche ou baga, et la saison des pluies ou kremt. La saison des pluies varie pour l’époque et la durée, suivant la latitude, la hauteur et l’exposition des diverses provinces.
Pendant la saison sèche le climat est excellent et la chaleur est tempérée par lèvent delà moussondu sud-est, car l’océan indien n’est guère éloigné, à vol d’oiseau, que de ô00 kilomètres. La saison des pluies est, au contraire, très malsaine; les indigènes eux- mêmes en soufTrent.
Ankober, l’ancienne capitale, est dans une situation délicieuse, sur les croupes d’une montagne ; mais la température y est très elevee. La nouvelle capitale, Addis-Ababa, « est située au milieu d’un cirque de montagnes, sur une série de collines en croupes allongées, séparées par des valléesou par des ravins d’une vingtaine de mètres, creusés à pic et où coulent de petits ruisseaux. La ville occupe une étendue considérable, peut-être plus grande que celle de Paris. C’est un camp où les tentes ont été remplacées par des paillotes rondes, couvertes en toit de chaume. Çà et là se voit une maison plus
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vaste, ronde également, construite en pierre et aussi couverte de chaume. C’esl une église ou la demeure d’un grand seigneur. » (IL Wurlz).
Addis-Ababa esl une ville saine, surtout pendant la saison sèche. Mais il faut y faire l'acclimatement de l’altitude, la ville se trouvant à 2000 mètres. Pendant les premiers temps du séjour la marche rapide y esl impossible à cause de l’essoufflement. 1/eau qu’on y boit provoque chez tous les étrangers de la diarrhée duç, d’après H. Wurlz, à sa pollution par le lavage des linges dans tous les cours d’eau et jusque dans les sources.
Le séjour de la ville d’Addis-Ababa esl rendu insupportable aux Européens par le nombre extraordinaire de puces qui s’y trouvent, aussi bien à I intérieur des paillotes que dans l’herbe des prés entourant les maisons. Pour être à peu près tranquille, on esl obligé de faire laver à l’eau bouillante tous les jours le sol en terre battue des maisons, et une fois par semaine on le fuit enduire de bouse de vache délayée. Au début de la saison des pluies les puces rentrent dans les maisons, et il faut redoubler de soins. Les poux de corps sont aussi extrêmement répandus ; beaucoup plus rares sont les poux du pubis, car les Abyssins et les Abyssines se rasent le pubis.