EGYPTE
où sos eaux cossent d’être nécessaire à la fertilité du soi, le fleuve docile rentre dans les bornes que le destin lui a prescrites, pour laisser recueillir le trésor qu’il a caché dans le sein de la terre. C’est ainsi, ô prince des fidèles, que l’Egypte offre tour à tour l’image d’un désert poudreux, d’une plaine liquide et argentée, d’un marécage noir et limoneux, d’une ondoyante et verte prairie, d’un parterre orné de fleurs et d’un guéret couvert de moissons dorées. Béni soit le Créateur de tant de merveilles ! »
L’Egypte est encore ce qu’elle était au temps d’Amrou comme au temps des Pharaons : un présent du Nil, comme l’appelait Hérodote. Mais si le pays change perpétuellement, d’abord lac, puis parterre, puis aire brûlante et poudreuse, le ciel égyptien ne varie pas : toujours serein, avare de nuées, il verse sur l’Egypte un éternel et sec été. Les pluies sont très rares dans la haute Egypte, presque milles dans l’Egypte moyenne. A Alexandrie et dans tout le delta elles régnent en décembre et janvier. Au Caire et dans tout le Fayoum il ne pleut guère qu’en janvier.
La neige et même les gelées blanches sont inconnues en Egypte; mais les rosées sont très abondantes de novembre en mars. En hiver, le thermomètre descend quelquefois dans la basse Egypte à deux ou trois degrés au-dessus de zéro, mais communément il se maintient à 10° et 12°. En été la température monte à .‘15° et même à 38° au Caire et à 45° dans la haute Egypte.
En somme le climat de l’Egypte est chaud et sec. La moyenne annuelle de la température est de -+- 20° à Alexandrie, de -+- 22° au Caire, de -+- 20° à Keneh, de -I- 28° à Thébes.
Le climat de l’Egypte est en outre caractérisé par la constance et la régularité de ses phénomènes.
PATHOLOGIE
Dans la région du delta, l’été ni l'hiver se succèdent comme dans I Europe méridionale ; les saisons intermédiaires du printemps et de l'automne sont réduites à une transition rapide. En été le ciel est clair et lumineux, mais 1 atmosphère est chargée d humidité.
Les vents qui régnent en Egypte sont ceux du nord qui viennent de la mer et qui rafraîchissent l’atmosphère, et ceux du sud qui apportent la chaleur et la sécheresse ; c est un de ces derniers que les Arabes désignent sous le nom de « khamsin », parce qu’il règne surtout pendant les cinquante jours qui suivent l'équinoxe du printemps. Le «simoun» qui souffle du désert, dessèche et brûle tout, soulevant des tourbillons de sable qui ensevelissent les caravanes.
Quand soufflent de khamsin ou le simoun, l’atmosphère de l’Egypte est insupportable. Quand leur haleine ardente remplit l’air de tourbillons de poussière, la fournaise est partout. «Alors, dit le poète, les crocodiles, demi-cuits dans leur carapace, se pâment avec des sanglots ».
IL — Pathologie.
La malaria, assez rare au Caire, plus fréquenlo à Alexandrie, devient redoutable dans la haute Egypte. Il en est de même de la dysenterie. La variole n’est lias encore éteinte et fait souvent de grands ravages. La gale et toutes les maladies parasitaires sont extrêmement répandues.
L’ophtalmie contagieuse est très fréquente en Egypte on Ion rencontre un nombre prodigieux de borgnes et d aveugles. Elle reconnaît pour causes : la réverbération e a um,f*re Sllr ,es murs blancs et les eaux du ileuve,
les alternatives brusques de lernpérature, la poussière que le \ro n I soulève eu tourbillons, le manque d hygiène et de soins, les mouches. « C’est pitié de. voir les petits enfants autour desquels les mouches tournoient en essaims ; ils n’ont plus môme la force de chasseï les insectes qui se posent sur leurs yeux malades, et, tristes, sans mouvement, ils attendent que le sommeil revienne interrompre leurs soullrances. » (E. Reclus).
Pour compléter ce tableau de la pathologie égyptienne, il faut encore noter, comme maladies spéciales: l’éléphanliasis, la lèpre et le bouton du Nil, sorte d'ulcère très analogue au bouton d’Alep ou de Biskra, qui atteint les indigènes comme les Européens.