SÉNÉGAL
rie! s’éclaircit, et un coup de vent, moins fort que celui qui a précédé la tornade, entraîne rapidement les derniers nuages ».
Les chaleurs du Sénégal sont mal famées; les chaleurs humides de l’hivernage sont mal supportées pat les Européens. Quand les premières pluies tombent sur le sol poreux de la contrée, elles en chassent l’air, mêlé aux émanations des matières décomposées ; parfois l’odeur de la terre est infecte. « La pousse des feuilles du baobab c’est la mort des blancs », dit un proverbe, et il ajoute : « la cluile des feuilles c’est la mort pour les noirs. »
La plupart des médecins considèrent l’acclimatement dos français au Sénégal comme une chimère. En effet, outre ses chaleurs, ils ont encore à redouter la fièvre paludéenne, la dysenterie, les coups de chaleur, les moustiques qui bourdonnent par milliers au-dessus des marigots.
On rencontre, en outre, chez les indigènes, la Pilaire de Médine, l’éléphantiasis, la lèpre, le craw-craw, la maladie du sommeil. Les maladies vénériennes et les maladies cutanées sont également très fréquentes.
Saint-Louis eut pendant longtemps une réputation d insalubrité justement méritée. Mais il faut aussi reconnaître que de grands travaux ont été entrepris pour son embellissement, et son assainissement. C’est maintenant une ville habitable.
Dakar, sur une magnifique rade, est pi us salubre que Saint-Louis. De plus, elle a la beauté des sites. Sa voisine ft u fisque, bâtie a I estuaire d’un marigot, est moins saine : les vents de terre y apportent des miasmes dangereux et les fièvres paludéennes y régnent en permanence, ainsi qu’à Dakar d’ailleurs, mais avec moins d intensité dans celte dernière ville.
SfiNÉüAMBlE
L’île nue de Corée est un sanatorium pour les habitants de la côte qui viennent y passer l’hivernage ; les j chaleurs de l’été y sont plus tempérées et les émanations •’ des marécages du littoral ne s’y font pas sentir. La saison sèche dure de novembre à juin, la saison chaude et humide ou hivernage de juin à novembre.
Les villes de l’intérieur comme Balte!, Boulébané, ' Kayes, Nioro, Bafoulabé, Kila, etc , ne sont que des villages dont la salubrité laisse le pi us souvent à désirer.
IL — Gambie.
La Gambie anglaise est peut-être la région la pl us insalubre de toute la côte occidentale d’Afrique. La capitale Balhurst se trouve dans Pile de Saint-Mary qu’entourent et traversent des marigots infectes. C’est une ville malsaine dont le séjour est des plus dangereux pour les Européens. Aussi les Anglais ont du établir un sanatorium à 12 kilomètres à l'ouest de la ville, sur le cap Saint-Mary, près du village de Bacovv. « En cet endroit, la berge marine se redresse en falaise à une quinzaine de mètres au-dessus du Ilot ; des rôniers que l’on rencontre dans toutes les stations salubres delà contrée, ombragent les plantes, et la brise de mer, appelée plaisamment le « docteur » par les Anglais, souflle avec force pendant les premières heures de la journée, emportant les miasmes qui s’élèvent des marais de la Gambie. » (E. Reclus).