GRANDES ANTILLES
fraîches et sèches de l’intérieur et les campagnes où l’atmosphère présente toute sa pureté. Une altitude assez faihle (500 à 600 mètres) assure l’immunité presque absolue.
L’endémie paludéenne sévit pendant toute l’année, mais surtout de juillet à octobre, au temps des pluies abondantes, dont l’humidité est activement évaporée par la chaleur ardente du soleil. Elle semble avoir une prédilection pour les solscalcaires et se montresurtout dans la juridiction de Matanzas. La cachexie éclate sous tous les types, intermittent, rémittent et bilieux.
Moins fréquente mais plus redoutable, la dysenterie ou mieux la diarrhée catarrhale, suivant Hernandez Poggio, apparaît dans la saison des pluies, durant laquelle la température s’abaisse brusquement vers le soir. Son habitat semble l’inverse de celui de l'affection paludéenne. Perlide, car au début l’appétit est exagéré et elle ne se décèle que par des selles fréquentes et des borborygmes, la maladie précipite bientôt le patient dans le marasme et le conduit à la mort. A elle est due la mortalité la plus considérable. L’hépatite est son satellite coutumier et suit une marche parallèle.
La Havane, la capitale de l’ile, est une ville malsaine ; l’air y est tiède, le climat énervant, la fièvre jaune toujours à craindre. La moyenne annuelle de la température y est d’environ 25°, 4 ; le maximum (21" 8) s’observe en juillet et le minimum (22°, 8) en décembre. Pourtant la Havane est visitée en hiver par des milliers de valétudinaires venus des Etats-Unis.
Dans une combe pittoresque des montagnes de los Organos, San Diego a des eaux minérales qui attirent un grand nombre de baigneurs en été.
Piès de Matanzas on a utilisé les grottes ouvertes au pied des falaises pour en faire des piscines : « les voûtes
ANTILLES
du rocher protègent les baigneurs contre le soleil, et des grillages placés à l’entrée arrêtent les requins, sans retarder ou briser les vagues éeumantes qui se déroulent en grondant sous les galeries profondes ». (E. Reclus).
Santiago de Cuba est chaude, humide et malsaine. La moyenne annuelle de la température y est de 27° ; le thermomètre peut monter à 28°, 4 en juillet et ne descend pas au-dessous de 23° en décembre.
Baracoa est également humide et malsaine.
II. Jamaïque. — Le climat est identique à celui de Cuba. Les parties basses de l’île, marécageuses par endroits, brûlées par une chaleur accablante, sont insalubres ; mais les hautes vallées ont un climat sain.
Kingston est une ville aux maisons basses, aux rues poudreuses. La température moyenne de l’année y est de 23°, 9 ; elle peut monter à 34°, mais elle ne descend pas au-dessous de 19°.
La capitale, Spanish-town, n’est qu’un gros village.
III. Saint-Domingue. — Le climat varie du littoral au sommet des monts : humide et brûlant en bas, froid et sain en liant.
1. Haïti. — La capitale, Port-au-Prince, abrite ses maisons basses sous les arbres de ses larges avenues bien pourvues d’eau. La température y oscille de 37“ à 14°. Les nuits sont insalubres et le soir ses riches habitants se réfugient à Turgeau et Pétionville où leurs villas sont éparses sur les collines, au milieu des jardins.
Caves, malgré ses plantations de bananiers, est toujours insalubre.
2. République Dominicaine. — Azua est une ville saine ; San Domingo l’est moins.
San Cristobal est une ville de plaisance.