I. — Le climat
Le climat du Pérou est en général doux et salubre.
Sur la cùte ouest, déserte, aride, mamelonnée de dunes, déchirée par des vallées étroites ou quehradas (crevasses) qu’arrosent des lorrenls descendus des Andes, les pluies sont rares, les rosées abondantes. D’avril à octobre , un brouillard humide et tiède pèse sur la Côte péruvienne, cachant complètement le soleil. Août et septembre sont brumeux par excellence: alors le brouillard se résout fréquemment en rosée ou « garua ». En octobre et novembre' la couche brumeuse s’amincit et commence à laisser filtrer les rayons du soleil. La température est rafraîchie par le courant froid de Hùmboldt qui longe les côtes et par les brises qui soufflent de la mer. Mais quelquefois des années se passent sans qu’il tombe une goutte de pluie. « Le ciel reste d’airain sous le décor changeant des nuages en balles, en strates, en plumes, en palmes, en dentelles, eu guillochés, qui font
PÉROU
la beauté des ciels sur presque tout le pourtour de notre planète immense. Cependant on aperçoit des amas de vapeurs indistinctes pesant en forme de brumes au-dessus de la « ceja », le sourcil de la montagne, et souvent le soir on y voit reluire les reflets d’orages dont on n’entend pas le bruit. Quelquefois des nuées, cinglant haut dans l’a?ur, apparaissent au-dessus des plaines brûlées du littoral ; aussitôt toute la population s’assemble sur les places des bourgs et des villes, on suit du regard la masse blanche que le vent entraîne dans l’espace à quatre ou cinq mille mètres de bailleur ; d’ordinaire l’amas de vapeur s’effrange et se dissout avant d'atteindre l’occident lumineux ». (E. Reclus). Ainsi, ce rivage sans pluie, sans orages, ne connaît qu’un immuable été que ne vient couper aucun hiver; il n'a ni les splendeurs du printemps ni les douceurs de l’automne.
Cette zone littorale, de plus en plus aride, à mesure qu’on avance vers le sud, prend, derrière Iquique, le nom de Pampa del Tamarugal ; elle devient ensuite le désert d’Alacama qui se prolonge dans le Chili.
Le climat de l’Atacama est extrêmement sec. Jamais une goutte d’eau, jamais un nuage. « Mes ongles, raconte M. Bresson qui a voyagé dans l’Atacama, cassaient au moindre choc, mes cheveux et ma barbe se brisaient avec un petit bruit sec dès que j’y portais la main, la peau de mes lèvres était toute fendue, le sang qui en sortait se séchait immédiatement ; les sabots de quelques-unes de mes mules étaient fendus ».
Sur les plateaux placés au pied des Andes, la sèche- J resse est plus insupportable encore. La raréfaction de l’air est telle que la colonne barométrique monte parfois à 620 millimètres. De là une grande fréquence des cas desoroche ou mal des montagnes. Les jambes endolories