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IV. — Bouches-du-Rhône

Le département des Bouches-du-Rhône, tout en étant un des plus peuplés de la France, comprend pourtant encore de vastes régions inhabitées êt presque inhabitables, formées d’étangs, de marécages, de plaines pierreuses et incultes, de collines rocheuses. La plaine de la Lrau n’est qu’un désert de cailloux, de pierres sans herbe. 'Joule la région alluviale du bas Rhône forme de de la Camargue, « poudreuse en été, à demi noyée en hiver. » Une partie de cette île de la Camargue n’est qu’etangs et marais que bordent des tamaris et des roseaux et d’où s’échappent les moustiques et la malaria. La plus importante et aussi la plus insalubre de ces napes d eau dormante est l’étang de Vaccarès qui se déverse à la mer a travers les dunes. « Trente mille hectares, dit U. Reclus, sont aux étangs, à la boue que piétinent des lamants, aux joncs, aux roseaux, et il en sort des miasmes; la fièvre, heureusement, y heurte à peu de pores car le delta du Rhône est désert; sa seule et

rnTn Trgade’ l6S ^ai n tes-M a ries-de-l a- M e r, n’a pas 1,0)0 habitants: marins, douaniers, fonctionnaires, que séparent du monde la mer, deux fleuves sans ponts, et

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métr0p0,e du Midi rhodanien, Marseille, qui s intitule encore « fille de Phocée », a vu son état sanitaire s améliorer considérablement. Pourtant, c’est C°re’ 1 ,,p,ès Gen,'s> la ville qui tient le record de

LE LITTORAL DE LA MÉDITERRANÉE

la mortalité en France. On y compterait plus de trois décès pour cent alors que Londres n’en a qu’un peu moins de deux. C’est aussi le pays de France où l’on meurt le plus de variole. En 1895 on comptait 130 décès par variole et par mois, alors que Paris n’avait que 17 décès pour toute l'année. Du reste, la municipalité marseillaise ne paraît avoir qu’un médiocre respect de la vie humaine. Ainsi, on a fait de superbes égouts, mais tout récemment encore on n’avait pris aucune mesure pour utiliser ce gigantesque travail qui aura coûté trente millions. Les maisons ne peuvent, à l'heure actuelle, être raccordées à l’égout et les vidanges continueront à se déverser, en partie du moins, dans le sous-sol transformé en puisard, pendant que les 122 kilomètres d’égouts recevront simplement l’eau de pluie. Presque au centre de Marseille, tout près de la Cannebière, le port et le canal continuent à être un vaste dépotoir, un lac de m..., comme disent les marins.

A Marseille la moyenne annuelle de la température est de 14°, 8, avec une moyenne de 7°, 4 pour l’hiver, de 12®, 8, pour le printemps, de 21°, 11 pour l’été et de 14°, 90 pour l’automne. La chaleur s’y soutient en été entre 25° et 39°, mais de dix heures du malin à six heures du soir la brise de mer, dite le « garbin », rafraîchit un peu l’atmosphère.

A 30 kilomètres au nord de Marseille, Aix-en-Provence a des sources thermales légèrement minéralisées dont les eaux sédatives sont employées contre les névrosés, la neurasthénie, le rhumatisme, les névralgies, les dermatoses et les affections de l’utérus. Mais Aix est peu fréquentée par les malades. A ses rues poudreuses, à ses campagnes nues, à ses collines pelées, ils préfèrent les frais ombrages des Alpes ou des Pyrénées.

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