VA R
abritée contre le vent du nord par les monts Eslérel, ce qui la fait rechercher comme un séjour d’hiver par les gens qui souffrent de la poitrine.
A une dizaine de kilomètres dans l’intérieur du pays, sur le versant méridional de la grande montagne calcaire de Rocavigoon, exposée au sud et abritée contre les vents froids, Grasse est une station d’hiver excellente pour les malades qui ne peuvent s’accommoder du voisinage de la mer. La magnifique ceinture de fleurs qui 1 environne et dont elle tire les parfums quelle répand dans le monde entier, témoigne assez de la douceur ravissante de son climat.
IL — Var.
Le Var est un département dont la population est encore clairsemée, bien que ce soil un des plus beaux de la France. Son littoral a un climat aussi doux etaussi tempéré que celui des Alpes-Maritimes. «Ce beau, soleilleux, chaleureux et gai climat du rivage de la Méditerranée est dû à l'influence de cette Méditerranée elle-même et à l’influence bienfaisante de la montage qm «carte les vents froids du Nord : aussi partout °où n importe quelle fente laisse passer le furieux et glacial mistral, il y a des heures, des jours, des semaines pé-
1,,bles,; '■ sérénité du ciel> l’absence de nuage, amènent aussi, la nuit, le matin, des froideurs très désagréables
\ en sornme> climat est ici bien plus brillant que ■élu, de nos rivages de l’Atlantique, il est réellement noms tempéré » (E. Grand).
Le climat est aussi doux à Toulon que sur les côtes Ligurie; mais Toulon est un port militaire, un ■rscnul maritime et en même temps un pénitencier.
LB LITTORAL DK LA MÉDITERRANÉE
De plus, Toulon fut autrefois une des principales portes d’entrée des grandes pandémies asiatiques : peste et choléra. C’est peut-être pour ces différentes raisons que cette ville, assise dans un site admirable, n’attire que fort peu les promeneurs et les valétudinaires.
« La mode européenne, dit K. Reclus, ne permet pas encore aux malades de s’arrêter en cet endroit du littoral de la Provence. Ils doivent dépasser Toulon, comme ils ont déjà dépassé, en revenant de Marseille, tant d’autres villes charmantes, si bien situées entre leurs calanques, entre de hauts promontoires. »
Bien qu’incomplètement abritée contre le mistral, Hyères est une des plus anciennes stations d’hiver de la Méditerranée. Le climat y est sec et d’une douceur exceptionnelle, mais suffisamment variable pour y voir des froids rigoureux compromettre la magnifique végétation de ses jardins plantés d’oliviers, d’orangers, de palmiers, de lauriers roses. Malheureusement les marais voisins lui envoient souvent leurs fièvres et leurs moustiques.
« Quant aux îles d’Hyères, Porquerolles, Port-Cros, le Titan, dit encore E. Reclus, elles ne sont que faiblement peuplées, et rarement un voyageur s’égare dans leurs vallons, quoique les paysages de ces « îles d or » soient parmi les plus beaux du midi. »
La capitale du département, l’industrieuse Draguignan n’attire guère les malades, et Fréjus est une ville à l'agonie que n’épargne pas toujours la malaria. Pourtant on a voulu faire du village de Saint-Raphaël une station d’hiver pour les anémiques et les lymphatiques. Si Saint-Raphaël est protégé par l’Eslérel des vents d’est, le mistral y souffie en toute liberté par la vallée de T Arques. La température hivernale moyenne y est de 11” 8. Les villages voisins de Boulouris et Valescure
DOUCHES— DU-iUIÙNB
possèdent un climat plus chaud, plus sec et moins excitant. Les goutteux, les rhumatisants et les nerveux s’y trouvent mieux qu’à Saint-Raphaël.