‹ Géographie médicaleChapitre 80 sur 663 · PYRÉNÉES ORIENTALES · texte numérisé non relu

PYRÉNÉES ORIENTALES

laisse vieillir le capiteux « rancio ». Les vents marins qui soufflent de l’est y sont moins froids et moins secs que dans les plaines fauves et ardentes du Roussillon; ceux du nord et du nord-ouest moins violents, etceux du sud moins brûlants. La température moyenne annuelle y est de 15", 4. Le thermomètre y descend rarement audessous de zéro, et les plus fortes chaleurs à l’ombre ne dépassent pas 35°. Aussi les cactus, les aloès, les lérébinthes, les arbousiers, les lauriers-roses, les myrtes, les grenadiers, et môme les palmiers croissent librement sur ces rivages qu’un heureux soleil baise. En effet, s’il se voile de brume 24 à 25 jours par an, son disque luit encore assez pour percer les nuages de ses rayons. Pourtant le mistral s’y fait sentir assez fréquemment ; s'il balaie les nuages et rassérène l’atmosphère, son haleine enflammée n’en est pas moins désagréable.

Dans cette même vallée, sur la rive gauche du Tech, tout près de la frontière espagnole, Le Boulou a des eaux bicarbonatées sodiques froides qui pourraient remplacer celles de Vichy dans certains cas.

La vallée de la Têt que garde, à 1,600 mètres d’altitude, la forteresse de Monllouis, sans cesse balayée par le « carcanet », le vent des carcaniers, laisse suinter de tous côtés des eaux minérales, principalement des sources sulfureuses riches en silice. D’abord les sources de LasEscaldas qui jaillissent dans un vallon du massif de Cari ilte qui domine toute laCerdagne française. Elles sont encore peu visitées par les malades. On pourrait pourtant les utiliser avec avantage dans les affections des voies urinaires et contre le rhumatisme. Par contre, les eaux sulfurées sodiques chaudes de Molilg attirent les rhumatisants et les surexcités. La station est située au bord du ruisseau La Castellane, au fond d une gorge

LA. RÉGION DES PYRÉNÉES

étroite que de hautes montagnes environnent. Le climat y est doux même en hiver.

La station d’Olelte, située dans une vallée étroite, entre la Tôt et la montagne, n’est guère plus visitée des valétudinaires, malgré l'efficacité de ses eaux sulfurées sodiques chaudes qui pourraient pourtant trouver de nombreuses indications : rhumatismes, dermatoses, affections catarrhales des voies respiratoires, digestives et urinaires.

Dans une vallée couverte de prairies et plantée de châtaigniers et qui domine au sud-est la passe du Canigou, le Vernet, dont les journées d’hiver sont claires, et tièdes, rarement pluvieuses, verse par une dizaine de sources des eaux sulfurées sodiques chaudes qu’on recommande surtout contre les affections catarrhales chroniques des voies respiratoires et principalement dans la phtisie pulmonaire.

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