CHAPITRE I«'. — GRANDES DIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE
l>orts (le cette conformation avec un ensemble de lois qui constituent une science ' particulière appelé physique du globe. Elle s'occupe des phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère, à la surface de la terre et de ceux qui ont précédé la formation de notre gloho. Elle comprend donc les divisions suivantes : Hétéorologie, Géologie, Orographie, Hydrographie.
1 " H^t^ointlo^ie, climatologie. — Pour bien connaître un pays, il faut savoir évidemment s'il v fait chaud ou s'il v fait froid, s'il est sec ou humide. Si la terre était une sphère parfaitement unie et homogène, il serait facile de se rendre compte en chaque lieu de ces pliénomènes : les climats, soumis aux seules inlluences atmosphériques, ne dépendraient que de la latitude et des courants atmosphériques venant des pôles ou de l'équateur. Mais eu outre des influences astronomiques, il faut encore tenir compte de l'altitude des lieux, de leur position par rapport à l'Océan. C'est la météorologie qui apprend les meilleures méthodes d'investigation pour étudier ces diverses causes. La latitude fait les chmats généraux, le climat gl(3Lcial, le tempéré, le tropical ; et dans Tenceinte de ces climats, l'altitude, le voisinage de la mer déterminent des climats locaux, s'étendant parfois sur de vastes espaces.
A mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer, la couche d'air est moins dense et moins échauffée par le rayonnement de la terre. Si une montagne s'élève brusquement au-dessus d'une plaine basse, on peut sous une même latitude passer en quelques heures, d'une chaleur accablante dans la plaine à un froid rigoureux sur la montagne et traverser tous les climats intermédiaires de la zone torride à la zone glaciale. C'est ce qui arrive pour celui qui fait l'ascension du mont Venteux qui domine Avignon de ses 2000 mètres ; dans la plaine règne le climat de Sienne et de Venise, le sommet offre le climat de la Suède septentrionale; ainsi monter au Venteux, c'est climatologiquement se déplacer de 19** en latitude, c'est-à-dire du 44® au 63* degré.
Au pied de l'Himalaya règne une chaleur insupportable, les sommets des montagnes sont toujours couverts de neige ; il en est de même sur certains points de la côte occidentale de l'Amérique du Sud bordée par la Cordillière des Andes ou bien sur la côte orientale de l'Afrique, où le Kilimandjaro porte son pic à 6,116 mètres d'élévation.
Selon l'exposition, la nature du sol et d'autres circonstances, une élévation de IGO, 200, 240 mètres entraîne un abaissement delà température moyenne annuelle d'un degré. Monter de 100 mètres, c'est faire environ 125 kilomètres dans la direction du pôle. Cette influence de l'altitude peu visible dans la zone glacée du Nord s'accentue à mesure qu'on s'approche de l'équateur.
C'est encore l'altitude qui explique pourquoi des lieux placés sous un même parallèle jouissent de températures si différentes. Ainsi, les frimas sont inconnus à Naples, pendant que, sous une latitude plus méridionale, Madrid a des hivers très-
• froids et quo le grand désert de Gobi eu Asie, est continuellement balayù par des
ouragans de neige. Cela tient à ce que Madrid et le désert de Cobi sont situés sur des plateaux élevés.
D'autres fois ces différences de température sous une même latitude sont expliquées par les vents régnants, par les courants marins ou par le voisinage de la mer. Ainsi New- York, sous la même latitude que Naples voit THudson charrier des glaçons chaque hiver, cela tient à la direction générale des vents qui en éloignent les tièdes émanations de TOcéan.
L'Océan est le grand réservoir d'eau du globe, c*est là que se forment les nuages. Les pluies, les neiges, résultant de la condensation de ces nuages, alimentent les rivières qui arrosent les plaines et les fertilisent.
Les vents venus de la mer sont non-seulement les distributeurs des pluies à la surface du sol, mais encore les modérateurs des saisons, et cette vertu leur est communiquée par la grande masse des eaux de TOcéan qui emmagasinent la chaleur en été et la rendent à Fatmosphère pendant Thiver.
C'est ainsi que les vents qui ont traversé une grande nappe d'eau transportent un air plus frais en été. plus chaud en hiver.
Dans les contrées voisine? de la mer, les nuages diminuent le rayonnement et adoucissent les hivers, ilâ préservent aussi le sol des ardeurs du soleil et tempèrent les étés; mais dans les contrées éloignées de l'Océan ou sur les plateaux entourés de i ^ hautes montagnes, les vents ont perdu leur humidité avant de les atteindre et ne
font plus que dessécher le sol; le soleil est alors le seul arbitre des saisons, et ces i pays sont soumis aux rigueurs des chmats continentaux; ils sont brûlés en été et
glacés en hiver. C'est la grande distance de toute masse d'eau, c'est l'absence de montagnes qui rend les pluies si rares dans les steppes de la Russie et cause leur
aridité.
La llore se transforme avec les climats et par suite varie suivant l'altitude, suivant la situation des lieux; aussi chaque pays accidenté et découpé par la mer devient-il à lui seul une petite terre, et cela est d'autant plus apparent qu'il est plus proche de l'équateur, où le soleil donne son maximum de chaleur et où la fraîcheur due à l'altitude est la pins sensible.
On voit donc qu en appelant à s*3n aide les résultats de la niétéorolo;^^ie, la géo-
grapiiie prépare rintelligence de l'hydrographie et de l'agriculture. L'étude des
climats est du reste intimement liée à la connaissance de la géologie et du relief du
I sol.
2^ Géologie* — Dans la description de la terre, il n'est pas possible de décrire chacun des faits topographiques isolément et sans aucun lien entre eux, il serait fastidieux d'en faire une simple énumération du nord au sud ou de Touestà l'est. Ou cherche doue à rattacher les faits à des idées générales, et, pour trouver ces idées, on remonte jusqu'aux causes des phénomèues. C'est ainsi que la géologie peut servir