‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 140 sur 288 · CHAPITRE VIII. — FRONTIERE DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — FRONTIERE DES PYRÉNÉES

limitent au nord le bassin de la Bldassoa; cependant elle traverse sur le versant nord de cette chaîne un pays montueux et facile à défendre. Toutes les routes carrossables viennent aboutir à Bayonne, la frontière ne peut être abordée par Tennemi que sur un front assez restreint et nous y possédons encore quelques lignes de défense assez fortes; néanmoins les obstacles naturels les plus sérieux sont entre les mains des Espagnols.

lie Saison* — La IVive. — Cominniiications avec l^spa^^e. -^ Saint-tleaii-Pied-de-Port» — Depuis le pic ci'yiniV? jusqu'à la Bidassoa, c'est-àdire jusqu'au pic de Lohiduz^ la chaîne des Pyrénées conserve encore une élévation assez considérable (1,100 à 2,000 mètres), le versant et les contreforts du pays basque sont recouverts de vastes forets, les deux pays qu'elle sépare ne peuvent communiquer dans cette partie que par des chemins muletiers.

De Tardets et de Larrau dans la vallée du Saison^ on communique avec Roncal et Ochagavia en Espagne par plusieurs sentiers praticables aux mulets, les plus fréquentés sont celui du col de la Piz (t,400 mètres), celui du port de Belhay (1,700 mètres), celui du port de Larrau (1,350 mètresj. Une route de voitures rejoint Tardets à la vallée d'Aspe.

La forêt dlraty n'est traversée que par de mauvais sentiers qui conduisent de Saint-Jean-Pied-de-Port à Ochagavia en passant au pont d*Aborreta.

Des chemins plus faciles et plus fréquentés que tous les précédents mettent en communication Saint-Jean-Pied-de-Port, au confluent des trois ruisseaux qui forment la Nive, avec l'Espagne ; c'est d abord un chemin muletier très-fréqucnté qui passe au col d^Orgambide ou d*Orbaïceta (980 mètres) et qui conduit à Orbaiceta en Espagne, puis un chemin difficile pour les petits chars qui suit les crêtes, passe à un endroit dit col de Bentarté (1,222 mètres) et descend ensuite à Roncevauz, enfin une route carrossable qui entre en Espagne au village de Luzaïde ou de Val" carlos où elle se transforme en un simple chemin muletier, ce dernier franchit le col de Roncevaux ou d'Ibaneta (1,100 mètres), puis le chemin redevient carrossable à Burguetle et aboutit à Pampelune. Ce dernier col, dominé par le pic d'Altabiscar, est resté célèbre dans l'histoire depuis Textermination de Tarrière-garde de Tannée de Charlemagne par les montagnards basques, en 778. Pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, ce passage fut aussi le théâtre de plusieurs combats acharnés : le général Marbot, en 1794 y défit le duc d'Ossuna; en juillet 1813, le maréchal Soult, voulant faire lever le siège de Pampelune et tourner la droite de la position occupée par les alliés, pénétra de nouveau en P]spagne par les cols de Roncevaux, de Lindux et de Maya, il y battit les Anglo-Espagnols dans plusieurs affaires sanglantes et s'empara des passages, mais battu à son tour auprès du village de Sauroren, en avant de Pampelune, il eut grand'peine à regagner la frontière avec les débris de son armée. Au col de Bentarté existe encore l'ancienne redoute de ChdieaU'Pifjnon, qui couvre remplacement d'un camp; malgré la force

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de sa position elle fut enlevée par les Espagnols en 1793. La route carrossable de Valcarlos à Burguette est depuis longtemps en projet, et nul doute que, quand elle sera achevée, le port de Roncevaux ne reprenne Timportance qu'il avait au temps de Charlemagne.

La vallée des Aldudes, au sud de Saint-Étienne-de-Baigorry, communique avec TEspagne par deux sentiers muletiers qui passent au col des Aldudes (947 mètres) et au col de Lindux (1,085 mètres), ce dernier dominé par un ancien fort; ils rejoignent tous deux la route de Pampelune vers Burguette où elle devient carrossable. Depuis longtemps il a été question de faire passer par la vallée des Aldudes un chemin de fer rejoignant directement Bayonne à Pampelune, mais la triste situation financière des compagnies des chemins de fer espagnols a empêché jusqu'à présent la réalisation de ce projet.

Les chemins venant de Roncevaux ou d'Orbaïceta sont barrés par la place de Saint-Jean-Pied-de-Port ; la ville n'est entourée que d'un simple mur crénelé, mais elle est dominée par un château ou citadelle construit après le traité des Pyrénées qui céda la ville à la France; Vauban agrandit et perfectionna les ouvrages qui se trouvent dans une belle position. La route du Val Carlos est encore aujourd'hui impraticable aux voitures et par suite ne peut servir que pour des opérations secondaires; tant qu'il en sera ainsi, la place de Saint-Jean-Pied-de-Port n'aura pas grande importance, elle ne pouiTa que servir d'appui à des partisans faisant la petite guerre dans les hautes vallées espagnoles de cette partie des Pyrénées; son action s'étend jusqu'à Saiut-Étienne-de-Baïgorry dans la vallée des Aldudes et elle empoche que les diverses lignes de défense qu'occupera l'armée française pour couvrir cette frontière, ne soient tournées par leur gauche.

Vallée de la Bidassoa. — La Bidassoa prend naissance dans le contrefort qui ferme à l'ouest la vallée des Aldudes, et a un cours très-tourmenté; dans la partie supérieure elle se dirige tantôt du nord au sud, tantôt du sud au nord, puis elle prend sa direction définitive vers le nord-ouest tout en faisant beaucoup de détours et aboutit à la mer au milieu de bancs de sable entre Hendaye et Fontarabie, Son bassin est très-montueux, il est recouvert par des chaînes à directions variables, par des massifs qui semblent isolés, en sorte que ce dédale de monts et de collines ne présente aucune uniformité. Toutes ces montagnes et la chaîne principale des Pyrénées, à partir de la vallée des Aldudes où elle appartient tout entière à la Navarre, ne présentent plus l'aspect sauvage, rocheux, grandiose que nous avons trouvé aux pics de la partie centrale des Pyrénées; ce sont des montagnes aux formes arrondies, que la roche nue ne perce plus, qui ont une élévation moyenne d'un millier de mètres et qui perdent de leur hauteur à piesure qu'on s'avance vers le nord. Au sud delà chaîne principale se trouve comme sur presque tous les autres pointa des chaînons parallèles dirigés de l'est à l'ouest, qui recouvrent la partie supérieure

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