CHAPITRE VIII. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES
du bassin de TEbre, l'esserrent ce fleuve eu d'étroits défilés et rattachent les Pyrénées au plateau des Castilles.
Le bassin de la Bidassoa est traversé par les seules routes carrossables, par la seule voie ferrée, qui mettent à l'ouest de la chaîne des Pyrénées la France en communication avec TEspagne ; elles pénètrent soit directement au cœur de TEspagnSy soit dans le bassin de TEbre. C'est sur ces routes qu'ont toujours été dirigées les grandes opérations offensives contre TEspagne, parce que ce sont les seules qui mènent directement à Madrid, parce qu'aussi on trouve dans ce pays de grandes ressources pour faire vivre les armées : les provinces basques de l'Espagne, la partie occidentale de la Navarre sont les contrées les plus fertiles et les mieux cultivées de la Péninsule ; du côté de la France on trouverait en abondance le bois, le fourrage, le bétail, l'eau-de-vie, mais il faudrait faire venir le blé du centre.
La haute vallée de la Bidassoa est désignée sous le nom de vallée de Baztan ; elle est limitée au sud par la chaîne principale des Pyrénées, à l'est par le contrefort delà vallée des Aldudes, au nord par le mont Atchiota^ à l'ouest par le mont Mendaur (1,132 mètres). Cette vallée, comme presque toutes celles des provinces basques, avait autrefois une organisation indépendante et formait une espèce de petite république; le chef4ieu de la vallée est Ëlizondo. Un sentier facile fait communiquer Élisondo avec le village des Aldudes par le col de Berdaritz (700 mètres). La grande route de Bayonne à Pampelune passe aussi par Ëlizondo, elle suit d'abord la vallée de la Nive, traverse à l'ouest du pic de Mondarrain (750 mètres) le seuil qui sépare la Nive de la Nivelle^ remonte cette dernière rivière jusqu'à Urdax qui est déjà en Espagne, franchit au col de Maya (602 mètres) la chaîne qui sépare les eaux de la Bidassoa de celles de la Nivelle et de la Nive, puis passe à Èlizondo et gravit les pentes du port de Bélate (870 mètres) avant d'arriver à Pampelune. En juillet 1813, le col de Maya fut enlevé sur les Anglo- Espagnols après un très-brillant combat par l'aile droite de l'armée française, lors de l'offensive du maréchal Soult i]ui aboutit à la défaite de Sorauren^ village situé sur la même route en avant de Pampelune.
Pampelune est une place forte espagnole qui garde le débouché du col de Bé^ late et les communications transversales entre les provinces basques et la Navarre. Elle est munie d'une enceinte et possède une citadelle capable d'une certaine résistance.
D'autres chemins pénètrent encore dans la vallée de Baztan et viennent converger vers Elizondo, ce qui donne à ce village une grande importance stratégique : une route carrossable venant d'Irun suit d'abord la rive gauche de la Bidassoa^ puis la rive droite à partir de Véra, et un peu au delà de San^Estevan elle se bifurque pour rejoindre la grande route de Pampelune, soit auprès d'Élizondo, soit au pied môme du col de fiélate ; une autre route venant de France remonte d'abord la rive gauche de la iBidassoa, franchit la frontière au port de Véra, dominé par Fancienne redoute de la Bayonnette^ et rejoint la. route précédente au pied du port; Géographie, ' 17
enfin une route qui conduit à Échalar s'embranche sur la précédente; à partir de et dernier village elle devient un simple chemin muletier qui remonte d'étroits défilés, traverse le mont de Atchiota et descend vers Elizondo. Saint-Estevan est aussi un nœud de sentiers miiletiers qui se dirigent soit sur Pampelune en franchissant la chaîne principale, soit sur Tolosa par ZiUneta,
La Bidassoa, après être sortie de la vallée de Baztan, coule vers le nord-ouest ; mais, avant d'atteindre la mer, son cours est encore resserré vers le village de Birior tou entre des contreforts de la montagne de Haya (987 mètres} sur la rive gauche et de la célèbre montagne de la Rhune (900 mètres) sur la rive droite. La Rhune est célèbre parce qu'elle domine tous les sommets voisins et parce que du haut de cette montagne on jouit d'un admirable panorama et d'une des plus belles vues des Pyrénées; de plus elle forme le centre de la ligne de défense occupée en 1813 par le maréchal Soult pour couvrir notre frontière ; cette ligne (X)mmençait à droite aux dernières croupes des montagnes, qui s'appellent la Croix-deS'-Bùuquets^ le camp du Sans-Culottes^ les redoutes d'Urrugue^ d'0//iet(e, etc., toutes positions qui déjà avaient été disputées en 1793, ce qui leur avait valu leur nom ; le centre de la ligne était à la Bhune^ où on avait établi de nombreux ouvrages pQur barrer le col d'Ibardin et le col d*Èchalar qui sont de chaque côté de cette montagne ; puis à gauche elle s^appuyait à Ainhoue et au Mondarrain. Cette position attaquée par les Anglo-Espagnols les 7 et 8 octobre fut définitivement abandonnée après une assez faible défense.
Pyrénées espaupnoles. — Les géographes placent d'ordinaire au col de Bélate
et à la Bidassoa la limite des Pyrénées hispano-françaises et des Pyrénées espagnoles, mais la nature n'a pas aussi nettement tracé cette limite ; la chaîne se continue à l'ouest présentant encore les mômes caractères jusqu'à la dépression du col d'Aspiroz (567 métrés), où passe la route de Tolosa à Pampelwie. Au-delà la chaîne perd son aspect de crête rectiligne et continue ; elle ne le reprend dans les Pyrénées cantabriques qu'après le col de Reinosa (847 mètres), où sont tracés la route et le chemin de fer de Santatider à Valladolid. Entre ces deux points, les divers massifs qui forment la chaîne principale ont des directions variables, portent des noms différents et sont réunis par des seuils de 5 à 6(X) mètres seulement où ont été tracées les nombreuses routes ou voies ferrées qui réunissent le littoral des provinces basques au bassin de l'Ebre. Le premier de ces massifs est la Sierra de Aralar, entre le port d'Aspiroz et le port d'Idiazabal ou d'Alsasua (658 mètres), où passent ime route et la voie ferrée internationale de Paris à Madrid. La grande route de Madrid traverse la chaîne centrale plus à l'ouest au port de Salinas ou d'Arlaban (513 mètres) et descend directement à Vitoria. La route et le chemin de fer du port d'Idiazabal se bifurquent au pied même du col à Alsasua et conduisent soit à Pampelune, soit à Vitoria, en suivant une dépression longitudinale qui sépare la chaîne centrale de la Sierra de Andia (1,454 mètres).
Dans cette partie de la chaîne pyrénéenne, comme en bien d*autred pointSi