CHAPITRE II. — COTES DE BRETAGNE. f^l
des rochers, des ùcueils qui ne laissent que deux passes pour y pénétrer. La plus grande de ces îles est Tile Bréhat qui contient 1,20? habitants, elle a deux kilomètres de long sur un de large, elle est divisée en deux parties reliées par une étroite chaussée et elle possède trois petits ports. Tandis qu'on a abandonné les batteries qui protégeaient les points accessibles de la ]me de Saint-Briouc, on a conservé dans nie les deux batteries de Gœrzeva et de Rozedo qni battent les deux passes de la rade et le réduit central de Tile Bréhat.
Les navires de 250 h 300 tonneaux peuvent remonter la rivière du Trieux jusqu'à Lésardrieuz et même, après avoir passé sous le magnifique pont suspendu qui se trouve un peu en amont de ct'tte iloriiière ville, jusqu'au port de Pontrieuz où vient mourir le flot.
Êtade de la côte dem U^aui^ à la pointe de Corsen; leH Sept-Ilef«« Morlaix, ChÀteau du Taureau, ile de Batz, Fort Cézon. — Le promontoire qui sépare la rivière de Ponirienx de celle de Tréguier est inaccessible, il est formé par des rochers dangereux appelés Ëpées de Tréguier ou sillon deTalber et il est signalé par le heiwipharr d^s Untux qui croise ses feux avec celui des rodées Douvres élevé sur un rocher l\ 35 kilomètres au large.
A l'entrée de la rivière de Tréguier existe un mouillage assez sûr et les petits bâtiments remontent jusqu'au port de cette antique cité. A l'ouest, la cote est toujours bordée d'écueils jusqu'à la hnie de PcrrosA^ rade de Prrros^ abritée par Y lie Tome, offre de bons mouillages, elle est sûre et fréquentée; le port de Perros-Guirec sur la côte ouest de l'anse est un centre d'exportation de bestiaux pour l'Angleterre.
Au nord-ouest de Perros se trouve le havre de Plnumanach, fréquenté par les pécheurs, puis à 5 kilomètres au large le groupe des Sept-Iles : VUe Plate, le Cerf, ks Coxtan, Vile Bougie, Y Ile de Mnlhnn, Yîle île Bonn, Yllr au.r }îolnes; cette dernière est * la plus importante et possède deux sources de bonne eau. Toutes ces îles sont désertes ; vere 1700 des corsaires anglais de Jersey et de Guernesey s'emparèrent de ce petit archipel, s y fortifièrent et firent éprouver à notre commerce de tels dommages que le gouvernement se décida à faire iiuelijues fortiflcations dans file aux Moines parce qu'elle commande deux bons mouillages. Sa batterie vient d'être déclassée de même que celle de Perros et bien d'autres sur cette côte.
A hauteur du plateau de Triar/oz situé à l'ouest des Sept-lles, la côte bordée d'îles et élevée se retourne vers le sud et forme plusieurs baies qui assèchent à basse mer et qui sont inaccessibles, on rencontre d'abord la haie dr Lannion ou de Douryin où débouche le Guer cjue les banques renioulent avec le flot jusqu'à Lannion, puis la baie de Saint-Miehel-en-Circve dont le fond est rempli de sable calcaire formé de débris de coquillages que les cultivateurs viennent chercher comme la tangue pour fertiliser leurs champs, enfin à Tembouchui^e du Dmiron le petit havre de Toul-an- Héry dont le port exporte des grains et des farines. Le Dourou marque la limite des départements des Côtes-du-\ord et du Finistère.
:î08 livre III. — FRONTIÈRES MARITIMES.
Au delà du Douron, la côte est élevée, bordée de falaises, puis la baie de Horlaix s'ouvre sur une largeur de 10 kilomètres entre la pointe de syènite de Prime! qui se prolonge en mer par les chaises de Pnmel et la pointe granitique de Bloscon ; Vestuaire de Morlaix, au fond de la baie, est lui-même bordé de terrains de transition ; Yestuaire de Saint-Poly Tantique capitale du Léonais^ s'ouvre dans la même baie au milieu des micaschistes et des granits; il est séparé du premier par des îles, des bancs de galets, et est semé d'écueils. La côte dans cette partie est bordée de dunes qu*on a su fixer et les terres de Saint-Pol et de Roscoff, d'une incroyable fertilité, produisent en abondance des primeurs et des légumes qu'on expédie tant à Paris qu'en Hollande et en Angleterre.
L'entrée de la rivière de Morlaix est précédée d'une bonne rade bien abritée parla hauteur des rives; les navires remontent jusqu'à Horlaix et viennent mouiller à la porte des manufactures de celte ville d'industrie et de commerce qui compte près de 15,000 âmes. Au nord de la pointe de Bloscon et à la sortie de la baie de Morlaix se trouve la grande île de Batz, à 1,200 mètres du continent ; elle a 5 kilomètres de long sur 1,500 mètres de large, elle est peu fertile et peu peuplée. Entre elle et la côte existe un canal qui offre de bons mouillages, surtout dans la partie ouest, et sur cette rade un bon port, celui de Roscoff, où abordèrent Marie Stuart en 1548 et Charles Edouard en 1746, après la bataille de Culloden ; les travaux qu'on y a commencés et qui ont été interrompus, en auraient fait un port d'autant meilleur que l'on en sort par tout vent.
t L'entrée de la rivière de Morlaix est barrée par le château du Taureau qui renferme sous ses souterrains voûtés tous les établissements nécessaires à une garnison de 150 hommes et de belles batteries casematées. Le fort Bloscon est construit sur la pointe de ce nom auprès de Roscoff et bat la sortie de la passe entre l'île de Batz et le continent. L'ile de Batz elle-même est défendue par une batterie située à Touest et par un réduit central.
A l'ouest de la baie de Morlaix s'étend la presqu'île de Léon et (i'i4rmo?'presqu'entièrement formée de granit ; la côte de cette presqu'île est bordée par une multitude de rochers qui rendent la navigation extrêmement dangereuse. La petite Ue de Sien abrite un mouillage peu important, puis au delà s'étendent les larges grèves df Goulven qui, par leur peu de profondeur, rendraient impossible un débarquement qui pourrait y être tenté dans le but d'attaquer par terre la grande ville de Brest. C'est pour parer à ce dernier danger que les points accessibles de cette côte sont défendus par des batteries ou du moins devront être surveillés avec soin.
Plusieurs rivières viennent se jeter dans la mer, au nord de la poifite de Corsen, en formant de larges estuaires; elles offrent de bons mouillages et des plages favorables à des débarquements partiels. La première, l'Aber-Vrach, forme une baie bien abritée et d'accès facile. On arrive dans cette baie par trois passes dont la meilleure est celle de l'ouest, fort étroite, mais praticable aux gros bâtiments; les deux autres ne peuvent servir qu'aux petits navires. Ces trois passes se réu-