‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 21 sur 288 · CHAPITRE I«». — GRANDES DIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE. lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«». — GRANDES DIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE. lU

majors des divei*ses puissances de l'Europe ont presque tous exécuté une carte à grande échelle, puis une carte donlTéchelle varie de 1/250,000 h l/iO0,000.

Com^le livres de géographie militaire, nous n'en avons pas en France, et c'est dans rhistoire des guerres, dans les articles de nos revues militaires, qu'il faut rccliercher les descriptions des divers théâtres d'opérations et la valeur des grands accidenls du sol. La petite géographie de Lavallée, avec ses divisions par bassins, avec ses arides nomenclatures de villes situées le long des fleuves, est bien pénible à lire; les considérations militaires ne sont pas à hauteur des idées modernes, on y attribue aux places fortes une valeur qu'elles n'ont plus et il y a bien des inexactitudes.

On trouvera au point de vue de la géographie générale de nombreux renseignements dans les ouvrages classiques de Levassseur qui sont faits surtout au point de vue de la géographie économique, dans ceux de (irégoire, où la géographie physique tient plus de place que dans les précédents, dans ceux d'Ouésime Reclus, écrits d'un style imagé et attrayant, enfin dans les guides Joanne, qui sont entre les mains de tous les voyageurs, dont les indications sont très-exactes et qui rendent de véritables services à la géographie. Les deux volumes d'Pllisée Reclus, intitulés La Terre, sont connus de tout le monde; ils contiennent une description des phénomènes de la terre et de la mer, faite par un amant de la nature. Le même auteur est entrain de doter la France d'une Géographie (jènèrale très- complète, trèsbien écrite., très-intéressante à lire, qui s'occupe autant de l'étude, du caractère, des mœurs, de l'histoire des peuples que de la description des pays où ils vivent. Le premier volume qui traite de la partie méridionale de TEurope, va être terminé, et Touvrage doit en comporter dix. •

Documenta statistiques. — Pour recueillir les renseignements relatifs à la statistique militaire, il faut avoir recours aux nombreux ouvrages publiés dans les divers États, et c'est au corps d'état-major qu'incombent toutes les études qui s'y rattachent. Jusqu'à présent, ces questions ont été assez négligées en France malgré leur importance, et nous n'avons encore aucune publication spéciale sur la statistique militaire des autres puissances de l'Europe ; mais il n'en est pas de même en Prusse et en Russie, où ces matières sont entrées depuis longtemps dans renseignement. En France, il ne s'est produit que des elTorts isolés qui n'ont pas été encouragés; du reste, pour tenir la statistique au courant des transformations importantes et rapides qui s'opèrent dans toutes les armées de l'Europe, on ne peut compter sur les études individuelles, il faut diviser le travail, il faut aussi une direction supérieure et unique, une forte impulsion donnée h cette science, objet des méditations des chefs militaires les plus distingués des autres nations.

L'ouvrage de Couturier de Vienne, intitulé « Coui) d'œil historùjuc et statistique » sur les principales puissances militaires de l'Europe », est fort intéressant et donne un modèle à suivre, mais il date de 1858, et depuis ce temps bien des chanjjemenls

se sont produits. Au point de vue de la statistique ordinaire, on trouvera tous les renseignements possibles dans les divers ouvrages de Maurice Bloch : Dictionnaire du commerce et de la navigation, Dictionnaire de statistiqae. Statistique de la France^ Annuaire d'économie politique; mais ce ne sont pas là des travaux d'ensemble sur la statistique militaire.

Reconnaissances du temps de paix et du temps de s^uerre* — Ren** seif^ements qu'elles fournissent. — Des cartes militaires et du dépôt de la fl^uerre* — S'il s'agit, non plus d'étudier la géographie militaire, mais de se servir des connaissances acquises pour élaborer un plan de campagne; les indications fournies par les livres, les cartes, les publications étrangères, peuvent être insuffisantes, et alors il faut les compléter, les vériÇer sur place; c'est là l'objet des reconnaissances du temps de paix. Ces reconnaissances peuvent porter sur certains points particuliers : étude d'une contrée, d'une place forte, d'une frontière, reconnaissance d'une position militaire, d'un obstacle, d'un fleuve, d'une route, d'un chemin de fer. Elles sont faites par des officiers envoyés spécialement pour l'un de ces buts ou par les attachés militaires que chaque Etat entretient auprès des autres puissances. Ce sont ces derniers qui sont chargés de fournir tous les renseignements relatifs à l'armée, aux modifications apportées à son organisation, à son armement, à sa tactique, c'est-à-dire toutes les données statistiques permettant de se rendi*e compte de la puissance militaire du pays considéré.

Les reconnaissances particulières dont nous venons de parler, doivent être faites en temps de paix, car au moment d'une guerre on n'aurait plus le temps et les difficultés géraient bien plus grandes. Les reconnaissances, faites en temps de guerre, ont plutôt pour objet de se renseigner sur les mouvements de l'ennemi, sur les dispositions qu'il a prises pour utiliser et défendre les obstacles et les positions militaires reconnues d'avance, enfin de compléter celles du temps de paix en étudiant spécialement la zone de territoire où se meuvent les armées et où elles sont en contact. Pour faire ces reconnaissances, on se guide sur des cartes à grande échelle, et pendant la guerre de 1870, les Allemands en avaient distribué même aux simples soldats, surtout aux cavaliers, qui savaient s'en servir et y trouvaient une aide énorme dans leur service d'éclaireurs. Des documents statistiques doivent être joints à ces cartes dont on se sert en campagne, ce sont des renseignements topographiques sur les points les plus importants, sur l'état des routes, sur la population et les i-essources de chaque ville, de chaque village, en logements, en vivres, en fourrages, en voitures, en chevaux, en bestiaux, etc., de manière à connaître d'une parties difficultés qu'on peut rencontrer et d'autre part les ressources qu'on peut trouver dans chaque localité.

C'est Tétat-major qui est chargé de fournir ces cartes à l'armée; pour la France, nous avons la carte à 1/80,000 qui, mise au courant, serait parfaitement suffisante; pour les pays étrangers, il faudrait sans doute faire des reproductions dés caries des

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