CHAPITRE I«r. — L'ALGÉRIE. — GÉNÉRALITÉS, LE TELL
pales routes de ce pays sont celles qui rejoignent Constantine à la côte et à la fron* tière de la Tunisie :
1" La route de Constantine à Djidjelli par Milah;
2® La route de Constantine à Philippeville et à Stora ;
3° La route de Constantine à Bône par Guelma.
De plus, une route conduit de Philippeville à Dune et suit la côte jusqu'à la Calle; une autre remonte la vallée de Seybouse et conduit de Bône à Souk-Arhas ; elle est même prolongée jusqu'à la frontière de la Tunisie^ mais pas au-delà; car ce dernier pays est habité par des tribus pillardes, à demi-sauvages, qui égorgent sans pitié tout déserteur ou tout individu qui franchit la frontière. Souk-Arhas est dans le bassin de la Hedjerda, fleuve tunisien dont nous ne possédons que le cours supérieur, c'est le Bagradas des anciens ; le principal affluent de la Medjerda, TOued Hellàgue, prend aussi naissance chez nous un peu à Touest de Tébessa. La plaine de la Medjerda est très-fertile en Tunisie comme en Algérie.
Massifs montaipieax à, Fonest du Cbiélif. — Si nous nous reportons à Touest du Chélif , nous voyons que de ce côté le Tell est tout aussi accidenté que dans les provinces d'Alger et de Constantine et qu'on y trouve encore une suite de massifs distincts les uns des autres, entre lesquels ou au nord desquels s étendent des plaines fertUes.
Monts des Matmata. — li'OuarenseiiIs. — Entre la vallée moyenne du Chélif et les hauts plateaux, s'élèvent des massifs montagneux très-importants d'où sortent presque tous les affluents qui viennent grossir ce cours d'eau. Au sud les eaux s'écoulent vers le Nahr-Ouassel que plusieurs géographes regardent comme le véritable Chélif ; au nord elles descendent par de longues vallées vers la plaine d'Orléansville.
Entre la route d'Affcrvilk à Teniet-el-IIaad et l'arc que décrit le Chélif au-dessous de Boghar, les monts des Matmata ont pour principal sommet le Djebel Acheau qui atteint 1,800 mètres. C'est à l'extrémité orientale d'un de. leurs contreforts qu'est situé Boghar.
A l'ouest de rcnîe^-e/-/?aad, les sommets ont de 1,400 à 1,700 mètres, mais le massif le plus important est celui de l'Ouarensenis dont le point culminant atteint 1,995 mètres. Il est tout boisé et présente par ses gorges profondes étalées en éventail un aspect analogue à celui des Monts du Cantal en France; il domine tout le pays environnant. L'Ouarensenis est limité à l'ouest par la profonde vallée de VOued-'Fodda; un barrage retient les eaux de cette rivière un peu en amont de son confluent avec le Chélif et permet d'irriguer une partie de la plaine.
A l'ouest de Tiaret^ l'ancienne Tahart^ ville d'origine berbère, une crête presque continue marque la limite du Tell et des hauts pljiteaux et se prolonge jusqu au Maroc; elle est longée par une route militaire qui relie Tiaret^ Saïda^ Baya et Sebdou.
410 LIVRE lY. — LES COLONIES.
Les massifs montagneux entre TOuarensenis et le Maroc sont entièrement boisés; c'est dans cette partie que se trouvent les plus belles forêts de cèdres de TÂlgérie, celle de Teniet-el-Hoad est renommée.
Plaine d^Ê^ris. — Sur le versant septentrional de ces montagnes et entre les contreforts qu'elles détachent, se trouvent des vallées remarquables par leurs belles cultures : la plaine d'Ëgris est connue par la fertilité de ses terres d*alluvlon. Au nord de cette plaine s'élève la ville de Haskara, qui fut pendant un certain temps la capitale d'Abd-el-Kader.
Li'Habra et le Si^. — L'Habra et le Sig viennent de la limite des steppes.
L'Habra est formé de la réunion d*un grand nombre de cours d'eau qui naissent de sources abondantes, et roule un volume d'eau considérable. Avant de quitter les montagnes, au confluent de YOued Fergoug^ THabra est resserré entre des rochers dont on a profité pour créer un immense barrage au moyen d'une digue de 480 mètres de longueur, de 40 mètres de hauteur et de 38 mètres d'épaisseur à la base. Ce magnifique travail a été exécuté par la compagnie franco-algérienne pour irriguer son domaine de l'Habra et de la Makta, ainsi que les cotonnières de Perrégaux; il permet de retenir 14 millions de mètres cubes d'eau.
Le Sig, dans la partie supérieure de son cours, s'appelle l'Oued Mekerra ; il arrose une belle plaine au centre de laquelle est situé Sidi-bel-Abbès. Avant d'atteindre la plaine, le Sig est barré comme l'Habra et fournit un réservoir de plus de 3 millions de mètres cubes, qui permettent d'arroser les belles campagnes de Saint-Denis du Sig.
Ces deux rivières, l'Habra et le Sig, vont se perdre dans les marais de la Hakta, célèbres par le désastre du général Trézel en 1835.
Vallée des Jardins, plaine d'Oran, plaine de Mléta. — Le long de la côte, des plaines assez fertiles s'étendent jusqu'à Mostaganem ; celle qui avoisine cette ville est désignée sous le nom de Vallée des Jardins. A louest se trouve la plaine d'Oran séparée par la Sebkha d'Orande la plaine de Mléta. Cette dernière est limitée au sud parle Djebel Tessala (1,050 mètres) et les monts d'Aïn Témouchen.
Montagnes de Tlemoen. — Les eaux qui descendent en abondance des Montagnes de Tlemoen se réunissent dans l'Oued Tafna, rivière qui donna son nom au célèbre traité conclu en 1836 entre le général Bugeaud et Abd-el-Kader. La plus élevée de ces montagnes est le Djebel Toumzaït (1,834 mètres) sur la frontière du Maroc; dans les environs mêmes de Tlemcen se trouve le Djebel Attar (1,338 mètres) et le Djebel Nador (1,520 mètres).
Tlemoen, ville de plus de 20,000 âmes, située dans une position très-favorable, a été jadis capitale d'Empire et a conservé encore aujourd'hui une très^grande importance; c'est une des villes les plus saines de l'Algérie.