CHAPITRE I•^ — L'ALGÉRIE. — GÉNÉRALITÉS, LE TELL
La route de Constantine remonte l'étroite gorge de Tisser et est jusqu'à Paleslro tracée en corniche sur le flanc de la montagne ; elle descend dans la vallée du Sahel à Bardj'Bouïra, la suit jusqu'aux Baii-Maneour, traverse le défilé des Biban ou Parles de fer et aboutit à Constantine après avoir passé par Sétif,
Le défilé des Biban est devenu célèbre depuis l'expédition du duc d'Orléans qui, en 1 839, en surprit le passage dans sa marche de Sétif à Alger. Il est en réalité formé de deux coupures sépai'ées par une crête montagneuse. Ces coupures ont chacune 1 kilomètre de long et une largeur de 15 à 30 mètres. A droite et à gauche s'élèvent des escarpements ayant 150 à 200 mètres de hauteur. Après les orages, le défilé est entièrement rempli par les eaux du torrent.
li'Oued Sahel. — li'Ouennouu^ha. — Le Djebel Dreaf. — L'Oued Sahel,
dont la vallée s'étend au sud du Djurjura, prend sa source dans les montagnes du Dira, au sud d'Aumale. La crête de ces montagnes se prolonge à Test d'Aumalepar le massif de l'Ouennougha et par celui du DjebelDreaf (1 ,862 mètres), qui séparent la haute vallée du Sahel de la région des steppes. L'Ouennougha est cultivé jusqu'au sommet, chose rare pour les montagnes de cette hauteur ; de là on aperçoit comme deux mers : la Méditerranée au nord par les anfractuosités du Djurjura et- le lac Zahrès au sud.
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Medjana. — A Test de la vallée du Sahel, se trouve la Hedjana, vaste plaine qui, du temps des Romains, était parfaitement cultivée. Bordj-bou-Arreridj eu est le centre principal. C'est là que commença Tinsurection de 1871 à l'appel de Mokrani.
Plaine de Sétif. — A la Medjana fait suite la plaine de Sétif qui forme un des hauts plateaux du Tell et dont le climat est parfaitement sain. Sétif, à 1,085 mètres d'altitude, en occupe le centre. Ce fut à la fin de l'Empire romain la capitale de la Mauritanie Silifienne. Cette ville est une position militaire très-importante, analogue à celle de Madrid pour l'Espagne; située sur un plateau dominant, elle constitue un point de passage forcé pour toute route allant d'Alger à Constantine.
La Medjana et la plaine de Sétif sont limitées au sud et séparées de la plaine de Hodna, qui déjà fait partie des hauts plateaux, par le Djebel Haadhil (1,818 mètres) et par le Djebel BoutaUb.
C'est dans la plaine de Sétif que prennent naissance le Roumel, qui passe à Constantine, et l'Oued bou Sellam, qui traverse de très-étroits défilés avant d'atteindre rOued Sahel, dont il est le principal affluent.
lies Babop. — On désigne quelquefois sous le nom de Petite Kabxjlie le pays qui s*étend de l'Oued Sahel à COu^ed-elrKébir, mais les indigènes ne connaissent pas cette distinction de grande et de petite Kabylie; pour eux il n'y a qu'une Eabylie qui comprend tout le pâté montagneux du littoral.
A l'est de l'embouchure de l'Oued Sahel, entre le plateau de Sétif et la mer,
s*élève un massif montagneux, dont quelques points, les Babor, atteignent près de 2,000 mètres. On distingue le Grand (1 ,995 mètres) et le Petit Bàbor. Ces groupes montagneux sont couverts de forêts de chênes d'espèces diverses : chênes-zéens, chônesli^es, chênes à feuille de châtaignier. Deux routes rejoignent Sétif à Bougie à travers ces montagnes.
Hassif monta^paenx entre Constantine, la TonUiie et la mer* — •
Entre les Babor et la frontière de Tunisie, le Tell est très-accidenté et on y rencontre plusieurs massifs qui prennent diverses dénominations. Ces montagnes projettent sur la côte, à Test de Philippeville, le Djebel Filfila, dont les carrières de marbre blanc sont aujourd'hui exploitées. Au nord-ouest de Bone, la longue crête isolée du mont Edough domine la mer de ses 1 ,004 mètres et se dresse en tre le golfe de Philippeville et celui de Bône. Cette montagne est recouverte de forêts, et sur son versant sud on trouve des mines de fer remarquables par leurs richesses. Celles de Moktdel-Hadidf situées près du village d'AïrirMokhra^ alimentent Vusine de VAlélik^ aujourd'hui reliée à Bône par un chemin de fer.
L'Oned-el-Kébir. — Constantlne. — Le principal cours d'eau de cette con- * trée est l'Oued-el-Kébir, formé par la réunion de Y Oued Roumel et de VOued Both- Merzoug, Le Roumel, après avoir reçu ce dernier ruisseau, contourne de trois côtés le plateau élevé sur lequel est assise Constantine, Tancienne Cirta. Cette ville, protégée ainsi par des ravins de 50 à 200 mètres de profondeur, passait jadis pour imprenable. En 1836, nos troupes échouèrent devant ses murs, mais Texpédition renouvelée Tannée suivante nous en rendit maîtres en six jours.
La Seyboase. — A l'est de TOued-el-Kébir, il n'y a comme cours d'eau important que la Seyboase, qui se jette dans la mer près de Bône. C'est sur un affluent de la Seybouse, VOued Zenati, que se trouvent les sources chaudes d'iJammam'Meskhoutine (bains maudits) dont les eaux sortent de terre à la température de 95®; on y a retrouvé des piscines romaines.
La vallée de la Seybouse est extrêmement fertile et les centres de colonisation y sont nombreux et prospères. Toute cette partie orientale de la province de Constantine est semée de ruines romaines et toutes les villes actuelles existaient déjà du temps des Romains : Bône s'est élevée près d'Hippone où saint Augustin écrivit ses beaux livres; Souk-Arhas est l'antique Tagaste; Tébessa l'ancienne Téveste. Bône est le port de cette riche contrée si favorisée de la nature; le lac Fetzara rend les environs de la ville malsains ; il sera bientôt desséché comme l'a été le lac Ealloula dans la Mitidja.
Rontea entre Constantine et la côte. — La Bf edjerda. — Les princi-