CHAPITRE III. — L'ALGÉRIE. — CONQUÊTE, POPULATION, GOUVERNEMENT. ia
délivrer la mer des pirates qui Tinfestaient et, à Tinspiratioa du cardinal Ximenès^ entreprit plusieurs expéditions contre la Barbarie : Mers-el-Kébir^ Oran, Bougie^ Dellys^ Mostaganem furent pris; Alger fut surveillé par la forteresse espagnole du Pegnon, bâtie sur les ilôts en avant du port.
Vers cette époque, 1515, deux frères, Aroudj et Kheir-ed-Din, corsaires réputés, parvinrent à s'emparer du pouvoir et conquirent la régence d'Alger. Aroudj investi dans Tlemcen par les Espagnols fut tué en cherchant à s'échapper. Son frère, en profond politique, reconnut la suzeraineté du Sultan qui lui envoya des secours pour tenir tête aux Espagnols. Cette domination des pachas^ puis des deys d'Alger^ appuyée sur une milice turque appelée Odjek, se maintint jusqu'à la conquête de l'Algérie par les Français.
Première période de lA conquête, de 1880 à. 1833. — Conquête d! Alger et d'Oran. — C'est en 1830 que la France, pour venger une insulte faite à son consul et à son pavillon, se décida à diriger une expédition contre Alger. L'expédition comprenait 37,800 hommes de toutes armes et 116 canons, 102 vaisseaux de ligne montés par 27,000 marins et 450 transports, elle était coftimandée par le général de Bounnont et l'amiral Duperré.
Le débarquement eut lieu à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830, sur un point qui avait été reconnu en 1808 par le colonel du génie Boutin.
Après quelques coups de canon on prit possession de la presqu'île, où on s'installa fortement. La bataille de Staouêli (19 juin) nous ouvrit le chemin d'Alger. Les Arabes, refoulés dans la ville, eurent le temps d'y organiser la résistance, car les navires qui portaient nos convois et nos équipages de siège avaient été forcés de relâchera Palma et n'arrivèrent que le 27 juin. Le 29 l'armée se mit en mouvement, on occupa la Bou-Zaréa et bientôt V investissement d'Alger fut complet. La tranchée fut ouverte, les batteries furent établies malgré les sorties des Arabes et le 4 juillet toutes les batteries de siège ouvraient le feu sur le fort l'Empereur qui domine la ville au sud. Après un bombardement de quelques heures, le fort n'était plus qu'un monceau de ruines, les défenseurs le firent sauter et la ville capitula.
Peu de temps après, le bey de Titery et celui d'Oran reconnurent notre autorité et appelèrent les troupes françaises. La ville de Bône fut aussi occupée le 2 août, mais ne tarda pas à être évacuée.
La révolution de juillet vint tout-à-coup entraver Texpédition; nous étions maîtres d'Alger, mais il s'agissait de savoir ce qu'on ferait de la nouvelle conquête : fallait-il simplement se maintenir à Alger et à Oran comme les Espagnols l'avaient fait dans cette dernière ville pendant trois siècles sans grand profit, ou fallait-il étendre la conquête et occuper toute la Régence?
Dans la première pmoc^e de la conquête^ de 1830 à 1833, on hésite entre ces deux alternatives, on marche à tâtons, on lutte contre les débris de la domination turque et contre les populations arabes qui commencent à s'agiter. Ces trois années furent
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remplies par de nombreux combats aux portes d'Alger et d'Oran ; on occupa, puis on abandonna lEédéa.
Dès 1832, Abd-el-Eader-ben-Mahi-ed-Dm soulevait les Arabes des environs de Maskara et était salué Émir dans la plaine d'Ègris.
Seconde période, de 1 833 ft 1 839 $ luttes et trmnsaetidw» awe Abd-el-Kader; prise de Constantine. — La seconde période de la conqnâle,
de 1833 à 1839, est signalée par des essais de transaction avec Abd-el-Eader. Au commencement de 1833, ce dernier vint attaquer Oran et fut repoussé; mais, par son adresse et son prestige, il parvint à réunir contre nous des forces imposantes. Arzeu et Mostaganem furent occupés malgré ses efforts ; mais en février 1834 e général Desmichels concluait avec lui une convention qui livra à TEmir tout ce qui se trouvait au sud-ouest du Chélif, à l'exception d'Oran et de Mostaganem. Ce traité qui lui donnait le port d^Arzeu avec Maskara comme capitale, ne dura pas longtemps. En juin 1835, le général Trézel entreprit une expédition pour en faire respecter les clauses, c'est-à-dire pour protéger les tribus des environs d*Oran qui reconnaissaient notre autorité. La colonne expéditionnaire qui était parvenue jusque sur le Sig^ tomba dans une embuscade, fut assaillie par les Arabes et effectua une retraite désastreuse dans les marais de la Hakta. Cette aOaire donna un nouveau prestige à Abd-el-Kader et amena le rappel du gouverneur de l'Algérie, Drouet d'Erlon^ dont la pusillanimité avait favorisé l'extension de la puissance de TEmir.
Le général Clauzel, son successeur, eut pour mission de relever le prestige de nos armes; il se porta dans la province d'Oran, s^'empara de Maskara qu'il trouva abandonnée par les Arabes et se dirigea sur Tlemcen^ oa les débris de la population turque avaient résisté à TÉmir. On s'établit à Tlemcen (février 1836), où on laissa une garnison de 500 bommes sous le commandement du capitaine Cavaignac. Il fallait songer à la ravitailler; on fut amené à entreprendre dans ce but une expédition qui se termina par un désastre. Les troupes du général d'Arlange furent enfermées dans leur camp à Temboucbure de la Tafna et, complètement démoralisées, n'osèrent plus en sortir (avril 1836). C'est alors que le gouvernement envoya le général Bnjeaud avec mission de débloquer le camp de la Tafna et de ravitailler Tlemcen. Le général s'acquitta de cette tâche avec succès : débarqué à la Tafna avec de» troupes fraîches, il rendit les colonnes plus légères, les aguerrit par des marches de la Tafna à Oran et d'Oran à Tlemcen; à deux reprises il fit entrer des convois dans cette dernière ville. La seconde fois il rencontra Abd-el-Kader qui lui barrait le passage et le battit complètement sur la Sikkak.
Dans l'est, le maréchal Clauzel, gouverneur de la colonie pour la seconde fois, avait obtenu, à la fin de 1836, Tautorisation de diriger une expédition contre Con* dtantine, qui était au pouvoir des Turcs. Parti de Bône avec des ressources insufflsantes, il trouva une ville décidée à se défendre au lieu de gens disposés à lui ouvrir leui's portes comme il l'avait cru trop facilement. Constantine fit bonne contenance