CHAPITRE IV. — COLONIES FRANÇAISES
coaslj-uit un blockhaus et où les navigateurs trouvant un abri excellent contre les vents régnants du sud-ouest et la houle. La baie de Nazareth et les bouches de YOgotvaï sont donc entre nos mains ; ces possessions pourront devenir très-importantes un jour, quand la route que trace le grand fleuve de TOgowaï vers Tintéricur de l'Afrique sera reconnue et ouverte. Pour le moment, il ne se fait au Gabon qu'un commerce peu important, 4 millions par an environ; il s'exerce à l'exportation sur l'ivoire, le bois d'ébène, le sandal, la gomme copal, etc.
Ile Mayotte. — Nossi-Bé. — Sainte-Marie de Mada^ascsar. — La
grande île de Madasgascar, qui est séparée des colonies portugaises de la cote orientale de l'Afrique par le caiial de Mozambique, a une superficie plus grande que celle de la France; elle est très-bien située dans la mer des Indes au débouché du grand chemin de l'isthme de Suez et elle possède dans la partie nord-ouest de vastes baies qui offrent des abris très-sûrs aux vaisseaux. D'anciens traités nous donnent des droits sur cette lie et, depuis 1644 jusqu'au commencement de ce siècle, nous y avons eu des comptoirs, surtout sur la côte orientale : Port-Dauphin^ Tamatave^ Foulpointey Tintingue, etc. L'insalubrité de ses côtes basses et marécageuses a décimé les colons, qui n'ont pas su éviter les fièvres en reportant leurs forts et leurs villages d'hivernage sur les plateaux élevés; ces derniers sont parfaitement sains et seuls habitables pour les individus de race blanche. Plus d'une fois aussi nos colons furent massacrés par les naturels de l'Ile. A la suite de nouvelles vexations exercées contre nos traitants par les Hovas, tribu conquérante qui s'est aujourd'hui rendue maîtresse de toute l'Ile, une expédition fut résolue eu 1829; les troupes hovas furent battues sur plusieurs points; un traité fut signé, mais ses conditions furent éludées. Tintingue fut évacué en 1831 ; on ne conserva que la petite île de Sainte-Marie, sur la côte orientale de la grande île malgache, qui avait été occupée en 1821. Elle a une certaine importance à cause de sa situation et de la beauté de la rade de Port-Louis ou Port'Sainte-Marie sa capitale ; c'est l'un des meilleurs mouillages de ces contrées et les navires assaillis par les cyclones dans les eaux de la Réunion allèrent plus d'une fois y chercher un refuge.
En 1840 et 1841, des traités conclus avec les chefs saklaves chassés de Madagascar par les Hovas nous donnèrent tous les droits de souveraineté qu'ils avaient sur une partie de la grande lie et la possession plus réelle de Nossi-Bé, de Nossi-Cumba, de Nossy-Faly, de Nossi-Mitsiou, petites lies de la côte nord-ouest ainsi que celle de l'île Mayotte, l'une des Comores^ archipel d'îles entourées d'écueils de corail et situées au débouché septentrional du canal de Mozambique.
Mayotte est une île volcanique, boisée et accidentée, elle abrite de bonnes rades.
Nossi-Bé et les lies plus petites qui en dépendent sont montueuses et très^fertiles^ le riz et la canne à sucre y prospèrent.
La Réunion. — Bourbon, appelée La Réunion depuis 1848, est une des lies
Mascareignes^ découvertes vers 1505 par le portugais Mascarenhas. Elle est à 560 kilomètres à Test de Madagascar. La France l'occupe depuis 1642. Vile Sœur^ Maurice, appartint d'abord aux Hollandais ; la France ne Toccupa qu'en 1721 et lui donna le nom d'ile de France. Ces deux lies, au siècle dernier, grâce à Thabile administration de Mahé de la Bourdonnaye, se peuplèrent rapidement et devinrent les plus prospères de nos colonies. L*lle de France possède de bons ports, d où nos corsaires, pendant les guerres de TEmpire, firent un tort considérable au commerce anglais. En 1810, l'Angleterre s* empara des deux lies et ne nous rendit en 1815 que Bourbon, nos plénipotentiaires n'ayant pas consenti à céder les quelques comptoirs que nous avons encore dans Tlnde pour la rançon de TUe de France. Elle garda aussi les Seychelles, groupe d'îlots avec de bons ports à 1,900 kilomètres au nord de Bourbon, qui nous appartenaient au siècle passé.
La Réunion est une lie volcanique, elle est dominée par un sommet de 3,069 mètres, le Piton des Neiges, et par plusieurs autres de 2,200 à 2,900. Le Piton de la Fournaise (2,625 mètres) est un volcan encore en activité, une éruption eut lieu le 19 mars 1860 ; plus récemment, en 1876, un effondrement bouleversa une partie d'un des plateaux de l'intérieur de l'île. Le plateau de Salazie et le cirque de Cilaos sont d'immenses cratères d'anciens volcans; \dL plaine des Caffres atteint une altitude de 1,500 mètres, elle est très-saine et bien cultivée. La canne à sucre et la vanille sont les principales productions de l'île qui, pour une étendue de 2,515 kilomètres carrés, compte 183,000 habitants. Le climat n'est pas contraire aux Européens ^ mais des cyclones terribles ont plus d'une fois dévasté cette colonie.
Saint-Denis la capitale de l'île compte 36,000 habitants, elle est située sur la côte nord; Saint-Benoit sur la côte orientale en a 10,000; Saint-Paul sur la côte ouest en compte 25,000; Saint-Pierre au sud en a 28,000 et est le seul poiut de l'île où les navires puissent trouver un abri, dans ces dernières années on y a construit un port. On vient de décréter l'établissement d'un chemin de fer entre Saint-Pierre et Saint-Denis.
Le commerce de l'Ile est de 60 millions par an, importations et exportations; il s'est élevé, il y a 10 à 15 ans, à 80 millions.