CHAPITRE IV. — COLONIES FRANÇAISES
se trouvent des localités où vienuent commercer les caravanes de Tintérieur, nous avons des comptoirs à leurs embouchures.
Le Sénégal, le plus important et le plus septentrional de ces fleuves, est la ligne de démarcation entre la race maure et la race noire.
Au nord, c'est-à-dire sur la rive droite du fleuve^ habitent plusieurs tribus maures, mélange d*arabes et de berbères, toutes composées de nomades qui ont chassé du pays les populations noires et les ont repoussées au sud du fleuve. Sur le haut Sénégal, régnent les Foulahs ou Peuls, de race cuivrée et se iappix>chant des Européens; ils dominent dans le Soudan occidental; ce sont d* ardents propagateurs de la religion de Mahomet; ils sont comme tous les musulmans hostiles à la France et il est urgent de veiller sur leurs menées.
Au sud du Sénégal, c'est-à-dire sur la rive gauche^ existent plusieurs Etals noirs hostiles les uns aux autres ; les habitants en sont sédentaires et recherchent la pix>tection de la France; ils appartiennent à deux races principales : 1^ les TolofTs de couleur noir de suie qui habitent les vastes plaines d'alluvions entre le Sénégal et la Gambie ; 2° les Malinkés moins noirs que les précédents et adonnés au commerce, ils occupent la contrée montagneuse et les hauts plateaux entre le Sénégal et la Gambie; plusieurs de leurs tribus ont été converties à l'islamisme.
Saint-Louis, la capitale de la colonie, est une ville de 17,000 habitants construite dans une île du Sénégal à 12 kilomètres de son embouchure; elle n*est séparée de la mer que par une étroite bande de sable en face de laquelle viennent mouiller les navires qui ne peuvent passer la barre.
Sur le Sénégal, on a établi une suite de postes fortiflés qui sont aussi des comptoirs de commerce et qui sont autant d'étapes sur la route du Niger, ce sont en remontant le fleuve : Richard-ToU, Dagana, Podor^ Saldé fondé en 1859, Maiam fondé en 1857, Bakei^ Mcdine qui fut fondée en 1855 à 1,000 kilomètres de Saint-Louis et qui subit un siège de trois mois en 1857; ces quatre dernières localités sont livrées à elles-mêmes pendant les basses eaux de décembre à la mi-juillet. Un peu au sud du fleuve se trouvent encore les postes de Senoudebou et de Kènieha,
Les principales productions du pays sont Yarachide, sorte de pistache de terre dont on tire de Thuile, la gomme, les peaux de ba^ufs^ ïivoire^ etc.
Au nord du Sénégal, se trouve le petit port de Porlendick le plus voisin de Tombouctou. Au sud de la pointe du cap Vert, la petite ville do Corée (2,700 habitants); construite sur un îlot qui n*est séparé de Dakar sur la côte que par un canal de 2 kilomètres, possède la meilleure rade de la côte et un point de relâche fort important. Les petits comptoirs de Rufisque, Portudal et Joal s'échelonnent au sud le long de la côte de Boal et de Sin,
Nous possédons encore le comptoir de Carabane dans une lie à Tembouchure de la Casamance avec deux territoires sur les deux rives et celui de Sedhiou sur le même fleuve à 120 kilomètres de la mer. Dans ces dernières années la culture de Tarachide a pris un très-grand développement dans le bassin de la Casamance.
Il existe encore des factoreries françaises plus au sud aux embouchures de Rio- Nugncz^ du Rio-Pongo et de la Mallecory; les principaux objets d'exportation sont toujours les mêmes : riz, cire, arachides, cuirs, ivoire, etc. ; on importe delà poudre, de la verroterie, des cotonnades.
Plus au sud, se trouvent les colonies anglaises de Sierra-Leone et la République de Libéria^ toutes deux peuplées d anciens esclaves ramenés d'Amérique et libérés.
Le commerce du Sénégal a été dans ces dernières années de 30 millions, importations et exportations comprises.
Êtablissemente de la Côte d*Or. — La Côte d'Or s*étend au sud du pays des Achantls et du Dahomey. La côte est basse, bordée de lagunes, très-malsaine; en avant s'étendent des brisants. Les Dieppois y élevèrent le fort de la Mine en 1382 et nous y eûmes des comptoirs au dix- huitième siècle, mais ils furent successivement abandonnés. En 1842, à la suite d'une exploration de la côte, on résolut d'y créer de nouveau des établissements et des traités conclus avec les rois indigènes nous assurèrent la souveraineté de ces contrés; nous y fondâmes les établissements fortifiés de Grand-Bassan et d'Assinie auprès des villages et à Tembouchure des rivières de même nom; les embouchures do ces rivières sont gênées par une barre incommode. Un peu plus tard, en 1853, à la suite d'une révolte, on créa le poste de Dabon sur la rive septentrionale de la lagune à 80 kilomètres à l'ouest de Grand-Bassan, de manière à commander la lagune et les villages voisins.
La poudre d'or, l'ivoire et l'huile de palme sont les principaux articles commerciaux des comptoirs de la Cote d*Or. La végétation y est très-belle, mais la culture peu avancée par suite de la paresse des habitants.
Dans ces dernières années, on a retiré de ces établissements les garnisons qui les protégeaient, mais la France a conservé la souveraineté sur le pays. Nous avons déjà dit qu'on négocie en ce moment leur échange avec les possessions anglaises de Tembouchure de la Gambie. A l'est d'Assinie, la côte est déjà bordée de comptoirs anglais; c*est à la suite de la cession à l'Angleterre du comptoir hollandais de Sainte Georges d'Elmina^ échangé contre Atchin, qu'éclata la guerre des Achantis ; cette guerre donna lieu à une expédition pénible et coûteuse et se termina par la prise de Cauniassie^ la capitale des Achantis.
Gabon. — Le Gabon est un large estuaire de 48 kilomètres de longueur et de 15 à 18 de largeur. Des traités conclus avec les chefs indigènes en 1842 et 1844 nous assurent la souveraineté de toutes les terres, îles ou presqu'îles baignées par le Gabon et ses affluents. Nous y avons créé sur la rive septentrionale une station fortifiée à côté de laquelle on a fondé en 1849 le village de Libreville. En face du Gabon, à 260 kilomètres au large, sont les lies portugaises de Saint-Thomas et du Prince et, un peu au nord, l'Île espagnole de Fernando-Po.
Au sud du Gabon, notre domination s'étend jusqu'au cap Lopez où la France a