‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 274 sur 288 · CHAPITRE IV. ^ COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ^ COLONIES FRANÇAISES

les lies Fidschi se sont dernièrement données à elles et lui fournissent au milieu de la vaste étendue de ces mers une station importante; elle a plusieurs points de relâche dans la Polynésie et ses missionnaires se sont installés dans presque toutes les lies de TOcéanie.

Les îles de la Sonde, Célébes, les Holuques, Bornéo et quelques points de la Houvelle-Gainée relèvent de la Hollande et sont pour elle une grande source de jichesses.

L'Amérique a pris pied sur quelques-unes des îles Sandwich, des Sporades et des lies Manihiki.

Enfin la France possède au milieu de ce monde d*iles : l^'la Nouvelle-Calédonie et les îles voisines ; 2® à Textrémité méridionale des archipels Polynésiens, les lies Marquises et les États du Protectorat comprenant une partie des îles de la Société (Taïli), les îles Toubouai^ les îles Touamotou ou îles Basses et les îles Gambier, Toutes ces colonies sont de dates récentes, nous ne les occupons que depuis une trentaine d'années au plus.

IVoiiirelle-Calédonle. — La Nouvelle-Calédonie est située à Test du continent australien par 21° de latitude australe et par 163° de longitude à Test du méridien de Paris. Découverte par Cook en 1774, visitée par La Pérouse eu 1788, elle ne devint terre française qu'en 1853 à la suite de persécutions infligées à nos missionnaires et de l'assassinat de plusieurs de nos marins. Les colons furent plusieurs fois attaqués et assassinés par les indigènes, ce qui nécessita plusieurs expéditions pour venger ces massacres et pour faire rentrer dans Tordre les tribus récalcitrantes.

Les indigènes sont des noirs qui jadis étaient anthropophages et qui sont restés paresseux et cruels. On les dit au nombre de 40,000 ; peut-être disparaitront-ils devant les colons européens, comme cela se produit dans toutes les îles de l'Océanie. Quelques-uns pourtant s'occupent de la plantation du coton et de celle des cocotiers.

Le climat de la Nouvelle-Calédonie bien qu'intertropical est très-supportable pour les Européens, parce que Tile, longue et étroite, est balayée en tous sens par les vents marins. Le niouli qui y croit en forêts, jouit, dit-on, de propriétés sanitaires analogues à celles de Teucalyptus.

La salubrité de la Nouvelle-Calédonie a engagé le gouvernement français à y transporter les condamnés aux travaux forcés dont bien peu résistaient aux fièvres de la Guyane ; les arabes et les nègres seuls sont encore transportés à Cayenne. De même que les convicts de l'Angleterre ont commencé à peupler les côtes de l'Australie et de la Tasmanie qui sont aujourd'hui des colonies prospères; de même nos galériens et nos déportés politiques forment aujourd'hui la majorité des colons Néo- Galédoniens, mais déjà des colons libres arrivent assez nombreux de France, de Maurice et de Bourbon, Il y a aujourd'hui dans Tile 10,000 ou 12,000 blancs, dont 7,000 transportés.

La Nouvelle-Calédonie a une longueur de 375 kilomètres sur une largeur de 50

à 60; elle est entourée d*une ceinture presque continue de récifs de coraux qui forment brise-lames. La côte possède par suite de bonnes rades où on pénètre par des ouvertures qui existent à travers ces récifs ; les meilleures de ces rades sont : celle de Balade au nord, celle de Kanala à Test et celle de Nouméa abritée par l'î^ Nou au sud-ouest. Nouméa est la résidence du gouverneur et la capitale de l'île.

A Tintërieur, Tile est assez accidentée surtout au centre et au midi, il y existe des pics de 1 .200 à 1 ,600 mètres, le plus élevé le mont Humbolt atteint 1,650 mètres. Le terrain est volcanique au sud et ferrugineux au centre. Vers le nord coule le Diaot, la plus longue rivière de Tile dans le bassin de laquelle on a trouvé des mines d*or. La houille affleure le sol sur plusieurs points, mais on n*a pas jusqu*à présent trouvé de gisement exploitable.

Les principales productions végétales sont celles des pays chauds : igname, patate, canne à sucre, banane, etc.; elles servent à la nourriture des habitants.

De la Nouvelle-Calédonie, dépendent un grand nombre d*iles et d^ilots dont les principaux sont : 1® Tile des Pins au sud, ainsi nommée de ses magnifiques forêts de pins; elle a reçu de nombreux déportés politiques; 2° Les trois îles Ouvea, Lifon et Mare de rarchipel des Loyalty à une centaine de kilomètres à l'est; elles ne .furent occupées qu'en 1864; elles renferment une population indigène de 13,000 âmes.

Le commerce de la Nouvelle-Calédonie est insignifiant : 6 à 7 millions, presque tout à l'importation.

ÊtabliBsemento français de FOcéanie. — La Nouvelle-Calédonie formant une^colouie à part, on désigne aujourd'hui sous le nom d'établissements français de rOcéanie ou plutôt de la Polynésie deux sortes de possessions : l'ies îles Marquises que nous possédons en propre ; 2^ les États du Protectorat.

Notre établissement dans la Polynésie a débuté par loccupation des lies Marquises qui date de 1842; elles sont situées sous jle 10* degré de latitude australe et sous le 140' méridien à l'ouest de Paris. Les deux principales sont Nouka-Hiwaei Hiwaoû. Elles renferment 10,000 indigènes. On n'y fait qu'un commerce tout à fait insignifiant.

A la fin de cette môme année 1842, la reine Pomaré qui régnait sur les îles de la Société, demanda le protectorat de la France pour faire cesser les tiraillements continuels entre ses sujets, les étrangers et les français résidant à Taïti^ la principale des lies de TArchipel. Dans l'intervalle entre la signature du traité par l'amiral Dupetit- Thouars et sa ratification à Paris, le consul anglais Pritchard fit naître des difiicultés qui nous créèrent de grands embarras ; il parvint même à circonvenir la reine, qui au retour de l'amiral se retira sur un bâtiment anglais. L'amiral Dupetit-Thouars prit alors possession de l'île au nom de la France et y installa un gouverneur, mais il fut désavoué et l'amiral Hamelin qui lui succéda dut se renfermer dans les limites du traité de 1842.

Ce n'est qu'à la suite de luttes assez longues et de plusieurs combats que notre

Page 1