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CHAPITRE II. - SYSTÈME DÉFBNSIP DE LA FRANCE. — FRONTIÈRE DU NORD. Vy

louLcs les armées de TËuropc. Ce tbéâti*e d* opérations compris eatre la Meuse et Tescaut est sillonné en tous sens de belles routes et de nombreuses voies ferrées, il offre donc toutes les ressources désirables pour faire vivre et marcher les armées, aussi s'y est-on souvent battu et a-t-il vu couler beaucoup de sang. Il n'est un peu accidenté qu'au sud vers Tournay, lions et Namur ; dans cette partie les cultures font souvent place à des bouquets de bois ; entre la Senne et la Dyle se trouve la forêt de Soignes^ qui a joué un rôle dans la bataille de Waterloo. Presque tout le bassin de l'Escaut est formé par le terrain tertiaire, et le sol argiltîux, sec en été, devient boueux et impraticable dès que la pluie Ta détrempé.

L'Escaut et ses divei's affluents de gauche, la Scarpe, la Lys, percent notre frontière et divisent la défense, mais ils n'ont pas grande valeur comme obstacle. Inversement ils ouvrent des routes naturelles et faciles de France en Belgique, mais cela n'a pas d'importance au milieu d'une plaine aussi unie que la Flandre.

L'Escaut prend sa source en France un peu au nord de Saint-Quentin, traverse de vastes plaines sans aucun accident de terrain ; vers Tournay seulement la rivière coule entre des collines calcaires, mais elle retrouve bientôt son lit de limon à berges à peine marquées ; depuis Termonde elle est contenue par des digues qui préservent le pays des inondations. Elle se jette dans la mer du Nord par deux bouches de 4 à 7 kilomètres de large, qui entourent les îles de Sud et Nord Beveland et nie de Walclieren. L'Escaut, suivi dès sa source par le canal de Saint-Quentin« est canalisé depuis Cambrai jusqu'à sa sortie de France où il devient navigable, sa largeur à son entrée en Belgique est de 20 mètres, elle atteint 60 mètres à Gand, 100 à Termonde, 600 à Anvers, 1200 à sa sortie de Belgique. Sa profondeur est de 10 mètres dans les passes d'Anvers à marée basse ; les marées élèvent les eaux à ce point de 3 à 4 mètres et même de 5 à6 aux syzygies ; les vents du nord-ouest, soufflant dans ce pays découvert, peuvent augmenter celte hauteur de 1 mètre, quand ils concourent avec la marée.

Il y a en France et en Belgique un très-grand nombre de ponts sur l'Escaut, le dernier se trouve à Termonde.

Les principaux affluents de l'Escaut sont les suivants :

ÏJi Sensée, rive gauche, s'y jette à Bouchain;

La Haine, rive drQile, aboutit à Condé et est canalisée depuis Mons ;

La Scarpe, rive gauche, est canalisée depuis Douai et môme un peu au-dessus de cette place ;

La Lys, rive gauche, canalisée, ainsi que son affluent la Deule, sur tout son parcours en France, puis navigable plus bas, a une largeur variant de 1&& 25 mètres et une pi*ofondeur de 1 i\ 2 mètres, réduite à 0,80 aux nombreux plats qu'on y rencontre;

La Dender, rive droite, navigable depuis Ath, est large de 10 à 20 mètres et profonde 1 ,60 à 2 mètres ;

Le Rttpel, rive droite, formé par la réunion de la DyUeide la NHhe, est navigable

sur tout son cours, qui n'est que de 10 kilomètres. La Grandc-NHhe se réunit à la Petite-Nèthe 14 kilomètres avant d'atteindre le BupeL La Dyle, ainsi que ses afOnents la Senne et la Deiner, est sujette à des débordements fréquents.

L'Escaut et ses affluents communiquent avec les bassins de la Meuse, do la Somme, de la Seine par plusieurs canaux que nous avons déjà énumérés. De plus, un gi'and nombre d'autres canaux sillonnent toute cette plaine, mettent les principales villes en relation directe et font communiquer entre eux ou avec la mer les divers affluents de TEscaut.

De Gand, à rembouchure de la Lys, partent plusieurs canaux dont les uns rejoignent TEscaut et dont les autres aboutissent à la mer à Terneuse, à Touest de l'Ecluse, ou à Ostende par Bruges. Un canal réunit Louyain à Halines; un autre Antoing sur TEscaut, au-dessus de Tournay, à Pommerœul, sur le canal de Hons à Condé ; le canal de lUspierre rattache la basse Deule à TEscaut en passant par Roubaix. En France, toutes les grandes villes du département du Nord sont réunies par une ligne de canaux parallèle à la frontière et partant de Bouchain pour aboutir à la mer. Ce sont: le canal de la Sensée, de Bouchain à Douai, le canal de la Haute-Deule, de Douai à Lille, le canal de la Bassée, de la Deule à Béthune et à Aire sur la Lys, le canal de Neuf-Fossé, d^Aire it Saint-Omer, TAa, qui est canalisé jusqu'à Gravelines ; sur ce dernier canal s'embranchent à gauche le canal de Calais et le canal de Mark qui aboutissent à Calais, et à droite le canal de Bourbourg qui passe h Dunkerque et qui se prolonge tout le long de la côte par Fumes, Nieuport, Ostende. Il rejoint à Furnes le canal de la Colme qui s'embranche sur l'Aa à Watten. Le canal de la Colme communique directement avec Dunkeixjue par le canal de Bergues.

Ces canaux, formant une ligne continue parallèle à la frontière, ne sont pas un obstacle par eux-mêmes, mais ils permettent de tendre des inondations qui pourraient augmenter la valeur des nombreuses places fortes et môme rendre tout^à fait inabordable la partie au nord de Watten et certains autres points où le sol est marécageux. Pourtant il faut constater que ces inondations, organisées au XVII* siècle, n'ont pas été tendues depuis longtemps et que, le terrain ayant été beaucoup modiQé par la culture, on ne sait comment elles fonctionneraient, au cas où on voudrait les utiliser. Une expérience serait trop coûteuse et ruinerait le pays pendant plusieurs années. De plus, dans la partie sud, il y a beaucoup de fosses u charbon qui n'existaient pas jadis et où les eaux pourraient bien se perdre.

Bassina oôtier» de la Canche» de rAathic, de la Somme, ^ De l'autre côté des collines de l'Artois, deux fleuves côliers, la Canche et VAutfiie, derrière lesquels se réfugièrent nos armées pendant la guerre de la Succession d'Espagne, alors que nos places du Nord étaient tombées entre les mains de l'ennemi, n'ont aucune importance, pas plus que les anciennes places de Montreuil, dllosdin, de Poullens, situées sur leurs cours et déclassées aujourd'hui.

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