‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 46 sur 288 · CHAPITRE n. — SYSTÈME DÉPENSIF DE LA FRANCE. — FRONTIÈRE DU NORD. "«a · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — SYSTÈME DÉPENSIF DE LA FRANCE. — FRONTIÈRE DU NORD. "«a

La. Seine» deacrlptioii de son bassin» ses affluents» caaanx qui la Jolipient anx bassins voisins. — La Seine et ses principaux aCQuents, la Marne et YOîsp^ convergent vers Paris ; ce sont autant de routes tracées de tous temps aux invasions, et c'est par ces trois vallées qu'en 1814 les alliés pénétrèrent jusqu'au centre de la Fmnce. Ce riche et vaste bassin, formé par la superposition des diverses cuvettes de terrains secondaires et tertiaii*es dont'les terminaisons forment les collines que nous avons décrites, est admirablement disposé pour l'expansion et la prépondérance au dehors ; c'est en rayonnant de ce centre unique que le domaine de nos rois s'est successivement agrandi de manière à englober presque toute l'ancienne Gaule. Au point de vue de la défense intérieure, cette disposition permet l'emploi de lignes intérieures dont l'Empereur sut si bien se servir en 1814 ; les collines concentriques forment autant de positions défei\sives et les rivières divisent les forces ennemies qui sont exposées à être battues séparément et qui courent le risque de se voir acculées aux cours d'eau; à deux repi'ises différentes dans la campagne de 1814, les Prussiens et les Russes furent ainsi acculés aux rivièi*es : à la Marne à Château- Thierry, et ù l'Aisne à Soissons; leur perte eût été certaine, si les ponts de ces deux villes eussent été détniits. Actuellement le pays est sillonné de voies de communication, les ponts sur les cours d'eau sont très-nombreux et ces diverses rivières ne sont pas des obstacles capables d'arrêter ou de séparer les armées modernes toujours munies d'équipages de ponts ou d'autres moyens de passage.

La Seine prend sa source dans les Monts de la Côte-d'Or, et, de même que ses affluents qui naissent dans le plateau de Langres ou dans TArgonne, elle traverse succesivement les terrains oolitiques, crétacés, tertiaires, que nous avons énumérés précédenunent. A chacun des points où ces rivières changent de terrain, leur vallée généralement ouverte et large est encaissée par des rives plus hautes ; c'est aussi là que se trouvent des gués, les infiltrations du sol laissant souvent perdre beaucoup d'eau : dans les basses eaux on passe facilement à gué la Seine au-dessus de Troyes, la Marne au-dessous de Châlons.

La Seine qui n'a pas plus de 65 mètres avant d'avoir reçu la Marne, atteint 200 et 300 mètres au-dessous de Paris, 400 à 800 dans le département de l'Eure et huit kilomètres à son embouchure. Elle est navigable à partir de Méry, les navires la remontent jusqu'à Bouen,

Les principaux affluents de la rive droite de la Seine sont YAuhe^ la Marne et VOise^

L'Aube a un cours assez rapide et devient navigable à Arcis.

La Marne prend sa source auprès de Langres ; cette rivière est navigable à partir de Saint-Dizier ; elle a un débit très- variable aux divers points de son cours par suite des infiltrations. Dans la partie inférieure, le canal de TOurcq, alimenté par la rivière de ce nom, la suit un instant, aboutit au bassin de la Villette, puis se bifurque pour aller finir à la Seine par le canal Saint-Martin près de la Bastille ou par le canal Saint-Denis au-dessous de Paris.

Le dernier affluent 4« droite de la Seine, l'Oise prend sa source en Belgique

li LIVRE II. - LA FRANCK.

«t n a d'imporlaace qu*à partir de La Fère où elle devient navigable. La rive droite domine la rive gauche, excepté entre Verberie et TIsle-Adam, où c^est au contraire la rive gauche qui domine la droite. La vallée de TOise est le chemin naturel que les Espagnols ou les Impériaux ont cherché à suivi'e sous François I*', sous Henri IV, sous Louis XIV, pour pénétrer jusqu à Paris. L'Aisne qui vient se jeter dans TOise au-dessus de Compiègue, suit une direction de lest à Touesl; cette rivière ouvre un chemin aux invasions venant de Test, mais elle barre au contraire le passage à celles qui viennent du nord. Bien qu'elle soit doublée d'un canal depuis Vouziers, elle n'a de valeur comme obstacle qu'à partir de Bernj-au- Bac^ où elle pénètre dans le massif de collines qui terminent le terrain tertiaire entre Reims et La Fère; en 1814 elle eût certainement arrêté la retraite deBlùcher sans la capitulation de Soissons. Son importance lui vient de la direction de son coui*s parallèleà la frontière depuis TArgonne jusqu à rOise, aussi rhistoire nous montre-t-elleque beaucoup d'opérations militaires se sont dénouées sur TAisne. César y appuya son camp, lorsque les Belges vinrent l'attaquer à Craonne, dans la position oCi s est encore livrée la bataille de 1814. En 1650, la bataille de Rethel, gagnée par le maréchal Duplessis, obligea les Espagnols à sortir de France. En 1792, Dumouriez, placé derrière l'Aisne et les forêts de l'Argonne, arrêta l'invasion des Prussiens. La rive gauche domine presque partout la rive droite, ce qui favorise la défense.

Le principal affluent de gauche de la Seine est TTonne qui descend des monts du Morvan; cette rivière est accompagnée de hauteurs souvent escarpées sur la rive gauche jusqu'à son confluent à Montereau, elle est navigable à partir d'Auxerre.

Viennent ensuite : le Loing, dont la vallée est basse et unie, l'Essonne, l'Eure navigable à partir de Maintenon et dont la rive gauche est généralement dominante.

Le bassin de la Seine est mis en relation avec les bassins voisins par de nombi*eux canaux : avec la Somme et l'Escaut par TOise, le canal Crozat el le canal de Saint-Quentin ; avec la Sambre par TOise et le canal do la Sambre ; avec la Meuse par l'Aisne et le canal des Ardennes ; avec la Meuse, la Moselle, le Uhin par le canal de la Marne au Rhin qui suit la Marne à partir d*Ëperuay, puis remonte ensuite la vallée de TOrnain ; avec la Saône par TYonne et le canal de Bourgogne qui suit l'Armançon ; avec la Loire d'abord par l'Yonne et le canal du Nivernais, puis par le canal de Montargis qui suit le Loing, se bifurque à Montargis et se prolonge jusqu'à la Loire par les canaux de Briare ou d'Orléans. Le canal de l'Aisne à la Marne met ces deux rivières en relation directe en passant par Reims.

La Seine et ses principaux affluents sont maintenant longés sur presque tout leur cours par des voies ferrées, réunies elles-mêmes par des voies transversales que nous décrirons plus tai*d.

Li'Escaaty nem afflaenti, csananx. — Le bassin de YEscaut forme une vaste X plaine très-fertile, bien cultivée, mais très-monotone, qui appartient presque entièrement au royaume de Belgique et qui a été longtemps le théâtre de nos luttes avec

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