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CHAPITRE U. — SYSTÈME DÉFENSIF DE LA FRANGE. — FRONTIÈRE DU NORD

rapprochées qu'il arrose et malgré les inondations que les écluses de ces places ou des barrages établis au moment du besoin permettraient de tendre, car il faudrait un temps très-considérable pour organiser cette défense à cause de la faible quantité d'eau fournie par le fleuve.

Condé« — La petite place de Condé, au confluent de la Haine et de l'Escaut couvre des écluses permettant de tendre des inondations qui remonteraient au loin vers Valenciennes et vers Mons, et qui gêneraient beaucoup l'attaque; c'est une tôto de pont sur ces deux rivières, et elle assure un débouché en cas d'offensive,

Valenolennea* — Valenciennes est une grande place avec une enceinte en assez bon état, qui protège les positions importantes formées par les affluents de droite de l'Escaut : la Rhonelk^ en arrière de laquelle était établi, en 1793, le camp de Famars, VÈcailloHj et la Selle, dont les vallées sont tracées dans un sol gras et ai^ileux. Cette place garde un nœud de chemins de fer très-important.

Cambrai. — Au sud de Bouchain se trouve encore, sur TEscaut, la grande place de Cambrai, avec une faible enceinte, qui n a pas plus de valeur au point de vue de la défensive que de roffensive; elle ne ser\irait qu'à protéger des dépôts d*appi*ovisiounements pour une armée opérant dans le Hainaut.

La route que suivrait l'ennemi, se bifurque au sud de Cambrai sur Péronne ou sur Saint-Qucrïtin, qui jadis était fortifié.

Péronne* — Le rôle de Péronne est de maîtriser la Somme, que ses nombreux marécages «"endent dangereuse à traverser, et qui forme une dernière ligne de défense en arrière de la partie de frontière que nous venons d'étudier; malheureusement cette place, dominée par les hauteurs des deux rives, n'est pas assez forte pour remplir cet objet.

Vallée de la Somme. — Amiens. — A la défense de cette même vallée de la Somme contribuaient autrefois les fortifications d\ibbcville, d'Amiens, le château de Ham et la place de Saint-Quentin, cette dernière servant surtout à relier la Somme à l'Oise. Ces places ont été déclassées et abandonnées, on n'a conservé que la citadelle d'Amiens, sur une hauteur de la rive droite; elle n'a pas grande valeur, comme l'ont montré les événements de la dernière guerre. Sur la basse Somme, les points de passage les plus importants sont : le gué de Blanqiietaquej où passèrent les Anglais pour aller gagner la bataille de Crécy, puis les ponts d'Abbéville, de Pont-Remy, de l'Étoile, de Plcquigny, d\imiens, de Corhie, de Bray et de Péronne; au-delà, sur la haute Somme, les gués deviennent très-nombreux et l'obstacle n'a plus la môme valeur.

Réiiiiiité du seoteup entre la Lya et rEseaut. — Dans ce secteur, dont nous venons de nous occuper, on voit que le triangle formé par les places de Lille, Valenciennes et Douai maîtrise les principaux nœuds des voies ferrées et pourrait avoir une grande importance pour la défense, s'il était convenablement réorganisé et complété.

3^ SECTEUR ; de l'Escaut à. la Sambre. — Le troisième secteur, découpé sur cette frontière par les cours d'eau, est compris entre l'Escaut et la Sambre; sur l'Escaut, se ti*ouvent les quatre places dont nous avons parlé précédemment; sur la Sambre, Haubeuge et Landrecies; entre ces deux rivières, Le Quesnoy^déclsLSsé depuis 1867.

Le sol entre l'Escaut et la Sambre est impraticable après les pluies, et là encore on est, dans ce cas, réduit à suivre les routes. Les obstacles que traversent ces routes et que l'ennemi aurait à vaincre, sont les divers affluents de droite de TEscaut appuyés sur les places de Condé et de Valenciennes. La principale position défensive est formée par le cours marécageux de la Rlwncllc; cll(5 s'appuie à gauche au camp de Famars, et à droite h la fot'ct de Mormal qui s'étend jusqu'à la Sambre; elle était jadis soutenue au centre par la place du Quesnoy qui n'avait pas grande valeur et qui était assez mal située. Les places de l'Escaut et celles de la Sambre, ainsi que les armées en position derrière ces deux rivières, prennent en flanc les routes d'invasion qui se trouvent entre elles et forcent Tennemi à abandonner la route directe et à aborder de front au moins Tune de ces deux lignes,

Lig^no de la Sambre. — La Sambre coule dans une vallée étroite, ses eaux sont peu abondantes et les inondations seraient longues à organiser, surtout si on voulait les lier ensemble par dos barrages successifs ; elle est du reste franchie par un grand nombre de ponts et l'ennemi serait toujours libre de tourner l'obstacle par la basse Sambre qui lui appartient. Les points à occuper eu avant de la Sambre sont : 1® Bavay, ancienne capitale de la Gaule-Belgique, sous Auguste, et nœud de nombreuses routes qui sont presque toutes d'anciennes voies romaines, 2** la forêt de Mormal entre Landrecies et Berlaumont oii le chemin de Valenciennes à Anor traverse la rivière.

Maubeug^e. — Haubeuge, Tune dos deux places qui nous restent sur la Sambre, appuie cette ligne et était jadis opposée à Mons, c'est une mauvaise place dominée de toutes parts. En 1709, puis en 1792, on organisa sous son canon un camp retranché fermé par des lunettes reliées par des courtines, mais il était d'autant plus mal situé que l'ennemi pouvait facilement le bloquer et isoler les troupes qu'il contenait du reste de la France, soit en passant la Sambre au-dessus de la place, soit en arrivant par la route de Beaumont sur la rive droite. C'est ce qui faillit arriver aux 20,0000 hommes qu'on y avait laissés en 1793, et qui étaient sur le point de se rendre faute de vivres, quand ils furent délivrés par la victoire de Wattignies,

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