‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 50 sur 288 · CHAPITRE U. - STSTÈBdE VtrtMtt ftrtA fRA19GE. — FRONTIÊRX BU NORD. JBl · texte numérisé non relu

CHAPITRE U. - STSTÈBdE VtrtMtt ftrtA fRA19GE. — FRONTIÊRX BU NORD. JBl

Les ouvrages de ce camp ont été abandonnés. Au point de vue de TofFensita, «eellt place qui forme une tute de pont sur la Sambre, peut servir d'appui à une annte débouchant vers la Meuse et sur les hauteurs au nord de la Sambre, dont la possession assure celle de la Belgique. C*est ce rôle de pivot d'opérations offensives qu'elle joua en 1794.

Landrecles.— Landrecies, située au sud de la forêt de Mormal et entièrement dominée par les hauteurs de la rive gauche, est une toute petite place sans grande valeur aujourd'hui. Jadis elle appuyait la ligne de la Sambre, elle était renforcée par le voisinage du Quesnoy et d'Âvesnes, et elle barrait la route la plus directe donnant entrée dans la vallée de TOise. Elle est située sur la rive droite de la Sambre et possède une tête de pont sur la rive gauche.

Ce secteur entre la Sambre et TEscaut était autrefois considéré comme un point faible, aussi fut-il attaqué dans la guerre de la Succession d'Espagne, dans les guerres de la Révolution et en 1814. Les deux premières fois, la place de Landrecies, par sa résistance, donna le temps à nos armées de se réorganiser et ût échouer les tentatives d'invasion de l'ennemi.

Rôle des placea de la fW>iitIère du aard dama la 0|itiv# d^ la.Si»^ cession d'Espagne. — Pour donner une idée de la façon méthodique dont on faisait la guerre à cette époque, où le siège d'une place remplissait souvent une campagne, il nou^ suffira de rappeler en peu de mots les principaux faits de la guerre de la Succession.

Après diverses alternatives de succès et de revers, la défaite d'Hochstaedt en 1704 nous forçait à repasser le Rhin et, deux années après, celle de Turin nous contraignait d'évacuer l'Italie ; la guerre se trouvait donc reportée à nos frontières. Déjà en 1705, l'ennemi avait essayé d'aborder la frontière entre la Moselle et le Rhin, mais le maréchal de Villars, appuyé au camp de Sierck, avait déjoué toutes les tentatives de Marlborough. Les coalisés reportèrent alors le gros de leurs forces en Flandre et cherchèrent à entamer la frontière qui venait d'être organisée par Vauban.

En 1706, après la bataille de Ramillies, Marlborough vint assiéger Menin et s'empara de cette ville qui lui livra le cours de la Lys.

Pendant deux années, nos armées tinrent la campagne en restant sur ladéfensive; puis en 1708, après Oudenarde, les alliés s'emparèrent de Lille, malgré l'héroïque résistance du maréchal de Boufflers; il faut remarquer qu'alors ils ne possédaient ni Ypres, ni Tournay, mais ils avaient Ostende; par suite, la navigation de la Lys leur permettait de faire venir le matériel de siège et les approvisionnements jusque sous les murs de la ville assiégée.

En 1709, ils prirent Tournay, cherchant toujours à pénétrer entre la Lys et l'Escaut; mais, rebutés par les nombreux obstacle» qu'ils devaient encore rencontrer; iotgéaértux^e la coalition se décidèrent à làltf- us» autre point etTioren^

sa LIVRE II. — LA FRANGE.

siège devant Mons, qui tomba à la suite de la bataille de Malplaquet où nous ëcbouâmes dans la tentative de faire lever le siège.

Dans Tannée 1710, les coalisés revinrent au plan primitif et s'emparèrent successivement de nos places de la Scarpe et de la Lys. Douai succomba après TafTairo de Pont-à-Vendin, puis Béthune, Aire, Saint-Venant furent également enlevés.

L'année suivante, Bouchain fut prise à son tour ; puis le prince Eugène, hésitant toujours à s'engager dans Tintérieur du royaume en laissant encore tant de places en notre pouvoir derrière lui, craignant de plus de rencontrer une forte résistance sur la Somme, reprit le projet d'invasion par la vallée de TOise. En 1712, il s'empara du Quesnoy et vint assiéger Landrecies. Comme il n'était maître ni de Condé, ni de Valencicunes, ses appi*ovisionnements ne pouvaient lui arriver que par la Scarpe et il avait réuni de grands magasins à Marchiennes. L'armée de siège ne communiquait avec cette base que par une ligne fortifiée traversant TEscaut à Denain. Villars reconnut un point faible dans cette ligne de fortifications à Denain, et trompant l'ennemi par quelques démonstrations du côté de la Sambre, il passa avec le gros de ses troupes sur la rive gaucho de l'Escaut, enleva les retranchements en deux heures et coupa ainsi Tennemi de sa base. Marchiennes tomba en notre pouvoir avec les immenses ressources qui y étaient accumulées. Les Impériaux afTaiblis de moitié durent lever le siège de Landrecies ; le Quesnoy, Douai et Bouchain furent repris immédiatement et bientôt la paix d'Utrecht fut signée.

Ainsi donc, après six ans de luttes acharnées, après trois grandes victoires, les Impériaux n'avaient pu qu'ébrécher la frontière de Vauban; les places dans ce cas arrêtèrent donc l'ennemi, le firent hésiter sur le point d'attaque et lui firent commettre des fautes qui sauvèrent la France.

Rôle des places dans les s^nerres de la Révolution. — Campa^^es

de 1793 et 1794. — Près d'un siècle plus tard, en 1793 et en 1794, ces places jouèrent encore le même rôle.

Au début des guerres de la Révolution, elles nous permirent d'improviser sous leurs canons des abris passagers contre les mortels efl'ets de l'indiscipline et d'attendre ainsi le jour où nous eûmes des armées capables de tenir la campagne; mais Téparpillement de ces trop nombreux camps nous fit commettre bien des fautes, et ces fautes auraient pu nous coûter cher, si elles n'eussent été contagieuses et répétées sous toutes les formes par l'ennemi encore imbu d'un respect excessif pour nos places fortes.

Au commencement de 1793, Dumouriez venait de perdre la Belgique à Neerwinden et la coahtion, devenue europôeune après l'exécution de Louis XVI, portait ses forces contre notre frontière du nord. Des deux côtés, on forma une chaîne de camps entre la Moselle et la mer, puis les Impériaux vinrent assiéger Condé et Valeacienaes qui résistèrent cinq semaines, mais qui ne purent être sauvées, ni par les

Page 1