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CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU ^ALLEMAGNE

qui n'est pas fortifiée, et que les Prussiens considèrent comme un point faible de leur boite ligne de défense du Rhin. La grande place de Mayence est la clef de cet échiquier.

C'est à cause de l'importance capitale du théâtre d'opérations du nord-ouest que l'Europe a toujours cherché à nous empêcher de prendre possession des plaines de la Belgique et môme à nous en interdire l'entrée. Au xvii* siècle, la Belgique appartenait à l'Espagne. Le traité d'Utrecht la donna à la maison d'Autriche et le traité des Barrières confia à la Hollande la garde de ses places fortes. En 1814, la mesure fat plus radicale encore; les places, démantelées par Joseph U, furent reconstruites à nos frais et données à la Hollande avec toute la Belgique. Enfin, en 1832, après la révolution qui sépara violemment la Belgique catholique de la Hollande protestante, la neutralité du nouvel État fut garantie par toute l'Europe. Le Luxembourg est également neutre depuis 1867.

Nous ne pouvons donc nous mesurer avec l'Allemagne que dans l'espace compris entre Longwy et Bàle, en appuyant nos ailes aux pays neutres de la Suisse et de la Belgique; c'est pour cela que toutes les opérations de la dernière guerre se sont passées dans cette seule région de Test. L'étude qui a été faite de cette partie de nos frontières a montré quelles sont les difficultés de l'offensive et les obstacles qu'on crée pour favoriser la défensive.

Ce n'est qu'en cas d'alliance avec la Belgique et la Hollande que nous pourrions avoir intérêt à prendre la vallée de la Meuse comme ligne d'opérations, puis comme base avec l'importante place de Liège ^ de manière à déboucher sur le Rhin vers Bonn, Cologne et Dusseldorf ; il nous faudrait d'abord nous assurer des positions de Bullingen et de Francorchamps pour appuyer notre droite aux massifs de TEifel et du Hohe- Venu, puis franchir les lignes delaRoër etde l'Erft, et enfin entreprendre le siège de Cologne. De plus, les opérations tentées sur cet échiquier oblique par rapport à la ligne directe Paris-Berlin seraient bien dangereuses, car les Allemands, débouchant du camp retranché de Coblentz, pourraient se porter par la vallée de TAhr sur notre flanc droit ou même sur nos lignes de retraite.

Les routes des vallées de la Meuse et de l'Oise permettraient à la Prusse de tourner toutes les défenses artificielles que nous accumulons dans Test, mais cette ligne d'opérations, éloignée de la base principale allemande, aurait des inconvénients que nous avons déjà signalés.

ëéographie, ^^

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