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CHAPITRE IV. — THÉÂTRE D'OPÉRATIONS DU BASSIN DU RHONE

nord, et, dans la partie où le Jura pénètre le plus en Suisse, au nord du lac de Bienne, elles n'ont plus que de 1,200 à 1,400 mètres d'élévation maximum.

Une première crête trèS'marquée domine le lac de Genève, elle est formée par le Grand-Credo, le Reculet (1,720 mètres), le Cret de la Neige (1,723 mètres), la Dôle (1,678 mètres), elle se prolonge à Test du lac de Joux par le Noirmont (1,550 mètres) et le Mont-Tendre (1,680 mètres).

A Touest de cette crête, de l'autre côté du ravin de la Valserine et de la combe de Mijoux, se trouve une autre crête moins élevée (1,200 à 1 ,500 mètres) qui s'étale en plateau jusqu'au dessus de Saint-Claude; elle se continue sur le versant gauche de la vallée de Joux par le Mont Risoux (1,379 mètres) , le Noirmont (1,230 mètres), le Vont d'Or (1,463 mètres), le Mont Suchet (1,595 mètres). Entre le lac de Neuchâtel et le val Travers, les montagnes ont encore 1,300 à 1,400 mètres et elles se prolongent au nord-est par la crête continue qui longe la rive gauche de l'Aar et qui comprend le 3/o/U Chasserai (1,600 mètres), le Weissenstein (1,398 mètres), le Hauenstein (1,100 mètres). Cette crête percée, comme toutes celles du Jura, parles cours d'eau en des points qu'on nomme cluses dans le pays, limite à Test le val Travers, le val Saint-Imier, le val de Moutier,

Une troisième crête à l'ouest de la source du Doubs est formée par le Moni Croz (1,200 mètres), la Montagne du Laveron (1,120 mètres) et \ti Montagne de Larmont (1,326 mètres), au sud et au nord de la cluse du Doubs auprès de Pontarlier, puis elle ferme à l'ouest les vais Travers et Saint-Imier, se courbe vers l'est et se dédouble en plusieurs crêtes parallèles qui coupent le bassin de la Birs et se prolongent jusqu'au Rhin.

Une quatrième crête (1,000 à 1,300 mètres) suit à Test le cours du Doûbs au nord de Pontarlier et vient se perdre dans le dédale des crêtes qui ferment le Porentruy à l'est. Enûn la crête du Lomont (833 mètres) se détache de ce même massif vers l'ouest et limite au nord le plateau séquanais.

Ces montagnes n ont plus des formes douces et arrondies comme les ballons des Vosges, ce sont des arêtes continues entre lesquelles se trouvent d'étroites vallées encaissées, désignées souvent sous le nom de combes; les cours d'eau dont les cours sont sinueux et changent brusquement de direction, après avoir longé ces crêtes, s'y sont frayé des chemins à travers les brèches étroites, ce sont les cluses du Jura. Ils s'y perdent souvent pour reparaître ensuite , comme cela arrive pour Y Orbe, la Loue, et forment des chutes nombreuses, comme les cascades de YAin^ le saut du Doubs. Les pentes de ces montagnes sont généralement boisées et garnies d'arbres à essence résineuse, les sommets au contraire sont souvent dénudés, pierreux et incultes.

Les crêtes du Jura sont continues et les cols où les routes les franchissent, atteignent des cotes de 1000 mètres et plus, élévation' considérable eu égard à la faible hauteur de la chaîne. Elles ne sont traversées dans leur partie centrale que par deux voies ferrées qui aboutissent à Pontarlier en France. La première met en

communication NeucMtel etPontarlier, en s'élevant par des pentes très-raides dans le val Travers et en atteignant la cote 933 au col près des Verrières; malgré Taltitude considérable et Ténorme épaisseur du massif des Alpes, le chemin de fer projeté qui devait passer sous le Simplon, ne se serait pas élevé au-dessus de la cote 793 ; il est vrai que le tunnel devait avoir une longueur de 16,150 mètres. La seconde mène directement de Lausanne à Pontarlier\ à partir de Vallorhe^ elle s* élève par des pentes extrêmement raides au-dessus d'effrayants précipices et elle traverse un tunnel avant de rejoindre la première à la Cluse en avant de Pontarlier.

A Touest de la partie sud du Jura, entre le Rhône, la Saône et TAin, s'étend le plateau des Dombes, qui est couvert d'une multitude d'étangs occupant ensemble une superficie de près de 15,000 hectares. Beaucoup de ces étangs* ont été faits de main d'homme et sont une richesse pour la contrée ; ils sont tantôt remplis d'eau et empoissonnés, tantôt vidés et cultivés en céréales. Mais ces lagunes si nombreuses sont malsaines et entretiennent dans le pays des fièvres et des maladies; aussi commence-t-on à les dessécher sur un grand nombre de points. — Au nord des Dombes, entre la Saône et le Jura, se trouve la Bresse, plaine marécageuse que Tirrigation a rendue à la culture.

Les Alpes. — La chaîne des Alpes forme un vaste demi-cercle dont la convexité est tournée du côté de la France. Ces montagnes se terminent brusquement sur la plaine du Pô, tandis que du côté de la France elles détachent de longs contreforts. De Turin sur le Pô, Tœil sétend sur une vaste plaine tout unie jusqu'au pied môme des montagnes qui s'élèvent en de gigantesques murailles ; aussi Napoléon les compare-t-il à des géants de glace défendant l'entrée de ces belles contrées. De la vallée du Rhône au contraire les sommets s'étagent à mesure qu'ils sont plus éloignés du spectateur et l'œil arrive par degrés insensibles des plus petites collines aux pics couverts de neiges éternelles. Aussi les affluents du Pô à leur naissance ne sont-ils que d'impétueux torrents, tandis que vers le Rhône s'écoulent de véritables rivières qui traversent une longue contrée montagneuse où elles arrosent de fraîches vallées et d'abondants pâturages. Du côté de l'Italie, les vallées sont convergentes et ne sont encaissées entre les contreforts abrupts des Alpes que sur une longueur de 8 lieues; du côté de la France au contraire les vallées sont divergentes et ne débouchent en plaine qu'après un parcours de 25 lieues. Bien que le versant italien soit généralement plus raide et plus-court que le versant français, les montagnes se relèvent brusquement à l'extrémité des vallées occidentales, et c'est du côté de la France que les routes forment le plus de lacets et que leur tracé a été le plus difflcUe.

Les routes qui traversent la chaîne des Alpes, passent à des cols dont l'altitude varie de 1,800 à 2,500 mètres et qui sont libres de neige pendant cinq mois de Tannée. Les routes les plus élevée^ sont déjà au-dessus de la limite des mélèzes. Les pâturages se maintiennent jusqu'à 2,800 mètres et sont souvent traversés à cette

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