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CHAPITRE II. — ALLEMAGNE CENTRALE

tardèrent pas à être défoncées sous le poids des lourds charrois et durent être réparées au moyen de fascines. Gotha, Erfurt, Weimar, villes célèbres à divers titi'es, jalonnent la principale route de la Tkuringe, celle qui pénètre par la trouée d'Eisenach et traverse le pays de l'ouest à Test pour conduire sur la Saale et sur TElbe.

La Thuringe a une grande importance militaire, et les Allemands considèrent les défilés des montagnes qui la bordent à Touest comme des Thermopyles couvrant le centre de leur empire. En effet, après de grands revers sur leur frontière occidentale et une campagne malheureuse sur le Rhin, ce plateau pourrait servir de réduit à lem^s armées battues.

Dans la campagne de 1806, l'armée prussienne du duc de Brunswick surveillait le débouché d'Eisenach et les routes du Thùringer- Wald ; elle s'apprêtait même à prendre l'offensive par ces dernières, quand elle fut prévenue par l'empereur qui franchit le Franken-Wald, culbuta un corps ennemi à Saalfeld et, descendant la Saale, se porta au défilé de Kôsen sur la ligne de retraite des Prussiens. Les victoires d'/éna et ô^AuerstœcU complétèrent la désorganisation et la ruine des armées ennemies. Ce grand mouvement tournant entrepris par Napoléon n'était pas sans danger, car le Main ne constitue pas ui;ie bonne ligne de défense, et notre ligne de retraite n'était couverte que par Mortier à Mayence et Jérôme à Bamberg, ce qui eût été insuffisant en présence d'une offensive décidée de l'ennemi, mais nous possédions une supériorité morale incontestable et le prestige de nos victoires antérieures.

Après une défaite en Thuringe ou sur la Saale, une armée prussienne peut choisir entre trois lignes de retraite : 1° vers le nord par Ma^debourg, c'est la direction qui fut imposée en 1806, elle découvre Berlin et toute la Saxe; 2° vers Wittenberg et Berlin, c'est la retraite directe vers l'objectif de l'ennemi et la direction préférable, du moins tant que Berlin ne sera pas fortifié ; 3° vers Dresde, c'est une retraite latérale analogue à ce que serait pour les armées françaises battues siu* la haute Marne une retraite sur Orléans.

Importance militaire.

Catnpagne de 1806.

Lignes do retraite.

Saxe. — La Saxe est traversée par l'Elbe depuis sa sortie de Bohême jusqu'au confluent de la Saale en amont de Magdebourg. La largeur du fleuve est de 200 mètres à Dresde. En aval de Schandau, il n'est guéable nulle part; pourtant, sur quelques points, dans le défilé qu'il traverse au milieu des grès de la Suisse saxonne, il existe des seuils où la profondeur n'est que de 0",75 à l'étiage. En aval de Dresde, il a 3 mètres de profondeur aux eaux moyennes.

Jusqu'à la création des chemins de fer, il n'existait que quatre ponts fixes sur l'Elbe en aval du défilé de Schandau : à Dresde, à Meissen, à

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L'Bibe en Saxe.

Wittenberg et à Magdebourg, Aujourd'hui, ils sont beaucoup plus nombreux; en voici du reste le tableau :

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