CHÂPITRK II. - ALLEMAGNE CENTRALE
TElster, qui passe à Leipzig, où convergent la Pleisse et la Parthe, A gauche, elle reçoit rilm etrUnstrut, grossie des nombreux cours d*eaa de la Thuringe. On a projeté un canal de Leipzig à TElbe.
La Saxe a pour TAUemagne une importance militaire consiradéble; elle est pour ainsi dire le centre de l'Europe et est ti'aversée par les routes qui mettent en communication les diverses régions de la Germanie. En cas de coalition européenne contre TAllemagne, elle deviendrait le lieu de rendez-vous des diverses armées ennemies. L'occupation de ce pays par des armées russes ou françaises isolerait Berlin, couperait l'Allemagne du nord de l'Allemagne du sud et désorganiserait la défense. Les deux principaux objectifs de l'ennemi dans cette région même seraient les deux grandes villes de Dresde et de Leipzig, qui toutes deux, avec leurs faubourgs, ont plus de 200,000 habitants et qui sont des points de convergence de nombreuses routes et de chemins de fer. Dresde commande un point important de passage sur l'Elbe à sa sortie même des montagnes. Leipzig est à portée de toutes les entrées de la Thuringe et de la Saxe, c'est le centre intellectuel et l'une des grandes villes de commerce de l'Allemagne ; elle serait sans doute devenue la capitale de l'Empire si les électeurs de Saxe avaient joué dans l'histoire le rôle que surent si bien remplir les souverains du Brandebourg. Dans le voisinage de cette ville sont venues se dénouer bien des guerres : deux grandes batailles y ont été livrées pendant la guerre de Trente ans, celle de 1631, qui livra l'Allemagne à Gustave- Adolphe , et celle de 1642, qui porte le nom du village de Breitenfeld, où le Suédois Torstenson vainquit encore les Impériaux; c'est dans ces mêmes plaines qu'en 1813 l'Allemagne reconquit son indépendance; enfin Lùtzen, deux fois célèbre dans les fastes militaires, et Rossbach sont dans le rayon d'action de Leipzig; Muhlberg, Dresde, Bautzen sont dans la même région.
D'autre part, la Saxe a toujours été le premier objectif des armées prussiennes luttant contre l'Autriche; aussi la Prusse convoitait-elle depuis longtemps ce pays, qui fait maintenant partie intégrante de l'Empire d'Allemagne.
Importance
miiilaire de la Saxe.
Débuts de la guerre de Sept ans. — En 1756, au début de la guerre de Sept ans, Frédéric s'empara de Dresde, enferma l'armée saxonne dans le camp de Pirna, et, après la bataille de LobositZy la força à capituler.
L'année suivante, la Saxe fut le centre de ses opérations contre les Autrichiens, les Français, l'armée des cercles et les Russes; basé sur l'Elbe moyenne, il fit face à la Thuringe, à la Bohême et à la Silésie.
Campagne de 17.'>6.
ici LIVUE II. — ALLEMAGNE.
1" campagne Dans la première campagne de 1757, il marcha concentriquement sur de 1767. prag^^ en traversant TErz-Gebirge, les monts de la Lusace et Tlser- Gebirge sur quatre colonnes, battit complètement les Impériaux sous les murs de cette ville (4 mai) et en commença le siège. Battu lui -môme à Kolin (18 juin) par Daun, il dut abandonner la Bohême et se retirer en Lusace dans le camp de Bautzen.
s* campagne Dans la seconde moitié de cette même année, il fut attaqué de tous . ^® '"'• cotés : V sur la Saale par une armée de 25,000 Français et de 25,000 honmies des contingents de l'Empire, commandée par le prince de Soubise et le duc de Saxe-Hildburghausen; 2** sur le Pregel par 60,000 Russes; 3* en Silésie par l'armée du prince de Lorraine, forte de 80,000 hommes. Laissant le commandement du gros de ses forces au prince de Bevern, chargé de défendre la Silésie, il se porta avec un fort détachement le 15 août sur Erfurt et rejeta Soubise sur Eisenach (15 septembre); puis, à quelque temps de là, Soubise, informé qu'un parti autrichien était entré à Berlin, s'étant porté en avant, il le battit complètement à Rossbach (5 novembre). Pendant ces opérations, de graves événements s'étaient passés en Silésie ; après avoir tenu la campagne tout l'automne, Bevern s'était laissé battre à Breslau le 22 novembre ; le roi n'eut que le temps de traverser la Saxe avec ses troupes victorieuses et de rallier les débris de son armée de Silésie; malgré l'infériorité de ses forces, il battit complètement les Autrichiens à Leutheii le 5 décembre, ce qui répara tout. La bataille de Jœgersdorf, gagnée à la fin d'août par les Russes sur le maréchal de Lehwald, n'avait eu aucune influence fâcheuse; quoique victorieux, les Russes s'étaient empressés de repasser le Prégel et le Niémen.
Campagne d'automne de 1813. — En 1813, Napoléon occupa aussi la position centrale de la Saxe et de l'Elbe moyenne au début de la campagne d'automne, lorsqu'il eut à lutter contre les Prussiens, les Russes, les Autrichiens, les Suédois et les Anglais, qui l'attaquaient de tous côtés. Ces derniers formaient trois grandes masses, l'une en Bohême sous Schwarzenberg, la seconde en Silésie sous Blûcher, la troisième couvrant Berlin sous Bernadolte. Elles s'ébranlèrent simultanément. Pendant que Napoléon se portait contre Blûcher et qu'Oudinot était arrêté à Grossbeeren (24 août) sur la route de Berlin, Schwarzenberg, voulant nous couper du Rhin, franchit l'Erz-Gebirge sur trois colonnes : 1** le long de l'Elbe en masquant le fort de Kœnigstein; 2^ par les chaussées de Tœplitz ; 3° par la route de Freiberg. Dresde allait être investie et Bataille enlevée. Napoléon y courut. La bataille de Dresde (27 août) faillit tout ré-
ile Dresde. t, . » . » • ■»▼ »
parer; 1 ennemi à son tour se voyait très compromis, car Vandamme oc-