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2'' La haute vallée de TAdige ou Vintschgau ;
S"" La ligue du Rienz, du Pusterthal et de la Drave ;
4® La ligne de la H&r et de la Hûrz ;
b"" La ligne du haut Tagliamento, de la Fella et de la Save.
Au milieu des immenses massifs de la grande chatne des Alpes, une des plus grandes dépressions est celle du col de Reschen, dont l'altitude est de 1,423 mètres ; il fait communiquer la source de TAdige avec Tlnn à sa sortie de TEngadine, il sépare les Alpes de la Suisse de celles du Tyrol.
CHAriTRE 11
LA SUISSE
Sommaira : Importance militaire de la Suisse. — Étendue, population, religions, instruction publique, budgets. — Formation territoriale. — Constitution politique. — Organisation militaire. — Orographie, — Grandes Alpes, leurs principaux massifs. — Alpes subordonnées. — Alpes subordonnées du nord. — Alpes subordonnées du sud. — Le Jura suisse. — La plaine suisse. — Hydrographie, — Le Rhin. — Affluents du Rhin. — L'Inn, le Tessin et le Rhône. — Voies de communication. — Tableaux des principales communications à travers les Alpes suisses. — Routes et chemins de fer.
Importance militaire de la Suisse. — La Suisse sépare quatre sîiuaiion. des plus puissantes nations de l'Europe; aussi a-t-elle une grande importance au point de vue militaire. Celui çui est maître de la Suisse peut déboucher sur les théâtres d'opérations de la Saône, du Rhône, du Pô ou du Danube, et tourner ainsi les lignes de défense de la France, de ritalie ou de TAUemagne. De Genève, on peut marcher sur Lyon; de Bâle, on peut gagner la vallée de la Saône par la trouée de Belfort et, de là, la vallée de la Seine par le plateau de Langres ; de Constance et de Scbaffhouse, on pénètre dans la vallée du Danube en évitant la ligne du Rhin; par les cols des Alpes, on peut se porter en Italie et faire tomber les différentes lignes de défense de ce pays contre la France ou FAutriche, en les tournant. C'est ainsi que la possession du plateau et des montagnes de la Suisse, dont nous restâmes les mattres en 1799, nous assura dans les campagnes suivantes une supériorité décisive en Allemagne et en Italie.
Les négociateurs de 1814 et de 1815 voulant nous enlever ces avantages et éviter le retour de semblables éventualités, mirent la neutralité de la Suisse sous la garantie des grandes puissances de l'Europe et cherchèrent à organiser fortement ce pays, en le constituant en un État capable de faire respecter son territoire. Cette mesure est du reste tout à notre avantage, car la Suisse couvre notre frontière du Jura. De plus.
le coagrès de Vienne déclara neutres le Chablais et le Faucigny, et donna à la Suisse le droit, mais non l'obligation, d'occuper ces deux pays de la Savoie en cas de guerre européenne. Aujourd'hui, la Savoie appartient à la France et cette occupation n'aurait plus aucun but. L'éventualité d'une alliaiice entre l'Allemagne et l'Italie donne toutefois une nouvelle importance à la Suisse, et ce petit pays aura encore à jouer un rôle aussi considérable qu'autrefois, en présence des besoins d'extension des puissances qui l'entourent.
Étendue, population, religions de la Suisse; instruction
superflcie. publique, budgots. — La Suisse occupe une superficie de 41,418 kilomètres carrés ; ses lacs, ses fleuves et ses glaciers forment au moins le dixième de sa surface. Ses frontières ont un développement de 349 lieues ; elles sont divisées, d'après le général Dufour, en frontières de montagnes, 202 lieues; d'eaux, 68 lieues*; de plaines, 79 lieues. ♦
Population. La population de la Suisse est de 2,900,000 habitants. Elle est inégalement répartie: très rare dans la région des grandes Alpes, elle atteint une forte densité sur le plateau suisse, 164 habitants par kilomètre carré dans le canton de Zurich, en sorte que, eu égard à l'étendue habitable de son territoire, la Suisse est un des pays les plus peuplés de l'Europe.
Langues. Sous le rapport de la langue, les habitants se répartissent de la manière suivante :
'69 p. 100 parlent Tallemand, 24 — — le français, 5,4 — — Titalien, 1,6 — — le roman.
On voit, d'après cette proportion, que l'influence allemande est bien plus forte que l'influence française. Sur les 22 cantons, il y en a trois, ceux de Genève, de Neuchâtel et de Vaud, où on ne parle que le français ; cinq, ceux de Berne, de Fribourg, des Grisons, du Valais et du Tessin, où on parle plusieurs langues; quatorze, enfin, où on ne parle que l'allemand. Cultes. Au point de vue des cultes, les calvinistes comptent les 3/5 de la
population et forment la grande majorité dans les cantons de Zurich, de Berne, de Glaris, de Bâle, de Schaffhouse^ d!Appenzell (Rhodes extérieures), (VArgovie, de Thurgovie, de Vaud et de Neuchâtel. Les catholiques comptent les 2/5 de la population; les cantons de Luzerne, i'Uri, de Schwyz, à^Unterwalden, de Ztig, de Fribourg, de Soleure, d^Appenzell (Rhodes intérieures), de Saint-Gall, du Tessin et du Valais sont presque exclusivement catholiques ; dans ceux de Genève et des Grisons, la population est partagée à peu près également entre les deux cultes. Cette répartition, comme on le voit, est assez bizarre et ne correspond pas à la