CHAPITRE IV. — ALLEMAGNE DU >ORD
entre Tembouchure de TElbe et le port de Kiel, mais il n'est pas encore exécuté. Lauenbourg communique avec Lubech par le canal de la Delvenau et de la Stecknitz qui réunit TElbe à la Trave.
Les affluents de gauche de TElbe qui arrosent la plaine saxonne des- Affluents cendent du plateau de Lùnebourg et n'ont pas grande importance. La ® 8»" » • Jeetze passe à Salzwedel, la première capitale de la Marche du Nord. L'Ilmenau arrose Lùnebourg, ville de fabriques et d'usines qui compte 18,000 habitants. L'Oste, qu'uncanalréunitàlaHamme, sous-affluent du Weser, aboutit dans l'estuaire de l'Elbe ; sur son cours supérieur, se trouve le bourg de Zeven ou Klosterseven, où fut signée en 1757, entre le duc de Richelieu et le duc de Cumberland, une capitulation qui livrait le Hanovre aux Français.
Guerre de Sept ans; campagnes en Hanovre \ — La plaine saxonne que nous venons de décrire, a été le théâtre des longues luttes de Charlemagne contre les Saxons ; de nombreuses batailles se livrèrent à cette époque sur le Weser. Pendant la guerre de Sept ans , le pays entre le Rhin et le Weser fut le principal théâtre de guerre des armées françaises contre les Anglo-Hanovriens et les Prussiens.
En 1757, le maréchal d'Estrées envahit la Westphalie et remporta sur 1757. le duc de Cumberland la bataille à!Hastenbeck, auprès d'Hameln sur la rive droite du Weser. Peu après, Richelieu accula les Anglo-Hanovriens à l'Elbe et leur imposa la capitulation de Klosterseven.
La défaite de Soubise à Rossbach (novembre 1757) rendit courage à l'ennemi et engagea Pitt à rompre la convention de Klosterseven. L'ineptie du comte de Clermont qui laissa successivement le duc de i75tî. Brunswick rompre ses cantonnements sur le Weser et sur le Rhin, livra à l'ennemi tout le pays à l'est du Rhin et nous valut la honteuse défaite de CreveU (juin 1758).
Sur ces entrefaites, Soubise conquit la Hesse, mais il fut mal secondé par Contades qui avait remplacé Clermont, et dut hiverner au sud du Main. Cette offensive de Soubise eût pu être très dangereuse pour le duc de Brunswick aventuré sur la rive gauche du Rhin ; mais Contades échoua dans une tentative qu'il fit pour enlever les ponts de son adversaire, puis il laissa l'ennemi se glisser entre les deux armées françaises, et malgré une victoire de Soubise à Lutzelberg, retourna sans raison sur la rive gauche du Rhin.
En 1759, le duc de Brunswick, instruit par l'expérience de l'année "^»précédente, voulut se débarrasser de toute inquiétude sur son flanc gauche avant de marcher sur le Rhin ; il attaqua le camp de Bergen que 1. Consulter la carte 16.
Broglie, successeur de Soubise, avait établi vers Tembouchure de la Nidda, et fut repoussé. Gontades déboucha du Rhin et se réunit à Broglie sur le Weser, mais les deux généraux français se firent battre à Minden et évacuèrent toutes leurs conquêtes.
Les années suivantes, les deux armées françaises du Main et du Bas- Rhin, malgré leur grande supériorité numérique, ne purent accabler le duc de Brunswick ; elles occupèrent encore la Hesse et la Thuringe, mais elles subirent de honteuses défaites à WiUighauseneik WUhelmstadt; la paix de 1763 mit fin à cette triste campagne.
PLAINE WENDE
Lignes
de hauteurs
au sud.
Lignes
de hauteurs
au nord.
Description de la plaine 'wende\ — La plaine wende s'étend au nord de la Lusace et de la Saxe jusqu'à la mer Baltique ; elle se prolonge à rest le long de cette mer dans la Vieille- Prusse; elle est séparée de la plaine polonaise par les terres élevées, les forêts et les lacs du plateau des Masures. Les colons allemands qui Tout conquise au moyen âge sur les Slaves forment un peuple rude et laborieux. Endurcis par la nécessité de tirer parti d'un sol aride et peu productif, ils étaient tout préparés à former des armées bien disciplinées. C'est chez eux qu'est née l'unité de l'Allemagne et que s'est développée cette puissance militaire qui domine aujourd'hui l'Europe.
Cette plaine est un peu moins plate et moins uniforme que celle de l'ouest ; elle est parcourue par une double série de hauteurs, les unes prolongeant à peu près la direction des Carpathes, les autres parallèles à la côte de la Baltique.
La première de ces lignes de hauteurs part des collines de Sandomir au sud de la Pologne, elle comprend : les hauteurs de Tamowitz (400") dans la haute Silésie ; les hauteurs de Trebnitz (310°") au nord de Breslau ; le Katzen-Gebirge entre l'Oder et la Bober ; le Rempart de Lusace, bourrelet de collines escarpées vers le nord, qui dominent la plaine de 60 mètres avec une hauteur moyenne de 140 mètres et dont le point culminant est au Rûckenberg (228") à l'ouest de la Bober ; le Flàming au nord de Wittenberg, collines de sable et d'argile assez arides, privées d'eau, plus escarpées au nord qu'au sud, avec une altitude moyenne de 170 mètres, dominant par suite l'Elbe de plus de 100 mètres et atteignant 201 mètres à leur extrémité orientale. Ces hauteurs se prolongent au delà de l'Elbe et s'épanouissent dans les landes de Lûnebourg.
La seconde ligne de hauteurs fait suite aux croupes de faible altitude