CHAPITRE II. — LA SUISSE
Intervenant dans les discordes de Tltalie, ils firent et défirent à pinsieurs reprises les ducs de Milan ; dégoûtés de la grande guerre par les défaites qu'ils subirent à Marignan, à la Bicoque et à Pavie^ ils ne prirent plus part à la lutte comme corps de nation, mais ils conservèrent les bailliages du Tessin qui devinrent des pays sujets. Les Ligues grises qui Bailliages s'étaient formées par la réunion de la Ligtie de la Maison de Dieu (Coire), uguesgrises. des Ligues grises (Ilanz) et des Ligues des Dix Droimre^ (Davos), conquirent vers le môme temps la Valteline, Chiavenna et la vallée de la Maïra qu'elles Vaiieiin©. conservèrent jusqu'en 1797, époque où Bonaparte, n'ayant pu les faire admettre dans les Grisons avec l'égalité des droits, les réunit à la république cisalpine.
Pendant les guerres bourguignonnes et italiennes, le nombre des cantons s'était augmenté : en 1481 par l'admission de Soleure et de Fri- soieure bourg, malgré l'opposition des petits cantons de paysans qui craignaient ^ " *^"^^* d'augmenter .encore l'influence des cantons de villes dans l'association ; en 1501 par Uadmission de Bâle et de Schaifhouse en reconnaissance Bàie et des services rendus par ces deux villes libres dans la guerre de Souabe, guerre que les confédérés avaient encore eu à soutenir contre l'Autriche, où l'empereur Maximilien fut partout battu et qui se termina, en 1499, par la paix de Bâle; enfin en 1513 par l'admission d'Appenzell, petit Appenzoïi. pays de montagnes qui avait conquis son indépendance sur les puissants abbés de Sainl^Gall. La république des 13 cantons se trouva ainsi constituée et subsista sans grandes modifications jusqu'au commencement de ce siècle. Les seuls changements qui s'opérèrent pendant le seizième siècle furent quelques augmentations du territoire des cantons aux dépens des seigneurs voisins, la conquête du pat/5 de Vaud que Berne enleva PaysdeVaud. aux ducs de Savoie en 1536 et qui devint sujet des messieurs de Berne, enfin les sécularisations opérées par les cantons devenus protestants à l'époque de la Réforme. Le changement de religion se fit sans effusion de sang, sauf dans les Grisons (massacres de 1620); les cantons de plaine embrassèrent pour la plupart la foi nouvelle, les autres restèrent catholiques; Appenzell fut divisé en deux sous-cantons, les Rhodes intérieures, catholiques, et les Rhodes extérieures, protestantes (1597). La guerre éclata bientôt entre les deux grands cantons protestants de Berne et de Zurich, d'un côté, etles cinq vieux cantons catholiques de Luceme, i'Uri, de Schwyz, d'Untenvald et de Zug, de l'autre, à propos de la religion à imposer aux pays vassaux ou sujets; la lutte se renouvela à trois reprises différentes, 1531, 1656 et 1712; d'abord favorable aux cantons catholiques, elle se termina en dernier lieu par le triomphe des grands cantons protestants, ce qui assura leur supériorité.
Pendant cette période de trois siècles, du seizième au dix-neuvième,
Saint-Gall.
Grisons.
Valais,
Neuchâlel ,
Genève.
OÙ les Snieses n'eurent pas à soutenir de guerre extérieure, ils fournirent des soldats mercenaires à plusieurs souverains de FEurope. Les premières capitulations en règle signées avec les rois de France datent du règne de Henri II ; mais déjà Louis XII et François P"" avaient des piquiers suisses à leur solde.
A la suite de la guerre de Trente ans, le traité de Westphalie reconnut formellement Tindépendance de la Suisse (1648) et maintint les Grisons dans la possession de la Valteline.
La république des 13 cantons avait pour alliés : 1* les villes libres de Bienne, Saint-Gall, Mulhouse et Genève; 2* trois principautés seigneuriales ou ecclésiastiques, Y abbaye de Saint-Gall^ Vévéché de Baie pour la partie helvétique, le comté de Neuchâtel ; 3® les républiques du Valais et des Grisons.
Durant le dix-huitième siècle, la Suisse fut sans cesse agitée; plusieurs révoltes éclatèrent dans les pays sujets qui réclamaient leur indépendance, elles furent étouffées dans le sang. Après 1789, les idées nouvelles se propagèrent rapidement sur le sol de THelvéti*; les opprimés s'insurgèrent de nouveau contre les oppresseurs, et nos armées qui pénétrèrent en Suisse en 1790 sous le prétexte de faire respecter les droits des habitants du pays de Vaud, firent tomber sans difllculté l'édifice ruiné de l'ancienne république. La Confédération des treize cantons, qui n'était qu'une ligue d'États isolés, fut alors dissoute et remplacée par une république une et indivisible, sous un gouvernement central résidant d'abord à Aarau, puis à Berne ; après divers essais de constitution et de longues luttes intestines, la Suisse reçut de Bonaparte Vacte de médiation du 19 février 1803, qui lui servit de constitution pendant toute la durée de l'Epipire; le nombre des cantons était porté à 19 par l'adjonction des cantons d'Argovie, de Thurgovie, de Vaud, du Tessin, de Sainl^Gall et des Grisons.
En 1815, on réunit encore le Valais, Neuchâtel et Genève, ce qui porta le nombre des cantons à 22; de plus, le pays de Porrentruy qui, avant la Révolution française, était la partie d'empire des possessions de l'évoque de Bâle, fut donné au canton de Berne. Enfin une diète réunie à Zurich donna au pays une nouvelle constitution connue sous le nom de pacte fédéral (7 août 1815).
Cette constitution qui ne créait encore qu'une fédération d'États indépendants, fut modifiée au profit du gouvernement central en 1848, à la suite de la guerre du Sonderbund et du mouvement révolutionnaire qui se produisit en Europe à cette époque ; la guen^e civile du Sonderbund, à la fin de 1847, fut un essai de résistance aux décisions de la diète tenté par les 7 cantons catholiques, qui voulaient former une ligue à part et qui furent battus.